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Un banquier senior exprime publiquement son irritation vis-à-vis des juniors

La semaine passée, le nouveau rédacteur en chef de l’hebdomadaire Financial News indiquait que deux responsables de banques d’investissement européennes lui avaient confié combien la plupart de ses employés étaient médiocres.

Pour enfoncer le clou, d’autres banquiers seniors ailleurs dans le monde ont depuis fait part de leur mécontentement plus particulièrement à l’égard des juniors imbus de leur personne.

Premièrement, Mike Hurst, directeur général de Bendigo et Adelaide Bank (pas exactement une banque d’investissement, mais présente sur les marchés financiers) s’est plaint dans la presse australienne de ces agaçants vingtenaires:


Vous êtes assis en face de ces jeunes de 26 / 27 ans qui gagnent un demi million de dollars et ils vous sortent : Voilà ce qui va se passer dans les trois prochains mois – qu’allez-vous faire et quels chiffres dois-je entrer dans mon doc Excel…

Il n’y a aucune attention portée à la stratégie ou au temps nécessaire pour évaluer certains effets [ou] ce que cela signifie pour l’organisation en termes de plus-value. C’est frustrant – Je reste assis là, à entendre ce qu’ils ont à dire, puis je sors en me secouant la tête.

Pendant ce temps, John Taft, le président de la Securities Industry and Financial Markets Association aux Etats-Unis ne se montrait pas très tendre à l’endroit des détenteurs d’un MBA, possiblement moins affectionnés que par le passé, qui pensent toujours que leur qualification leur ouvrira toutes les portes.

Il a déclaré à CNBC que la valeur du diplôme MBA est probablement surestimée. Pour que celui-ci soit utile, il doit être accompagné d’un ensemble plus large de compétences et de qualités, et plus comme un simple titre adossé à votre nom.

Aussi, selon John Taft, les réductions d’effectifs affecteront probablement tous les niveaux, y compris les professionnels expérimentés et dotés d’un coûteux MBA.

Quelles conclusions en tirer ? Si vous hésitez à vous lancer pour un MBA, mieux vaut songer à investissir dans une autre qualification moins onéreuse. Vous pouvez toujours persister pour faire un MBA, mais dans ce cas il serait peut-être plus raisonnable d’envisager de travailler au sein d’une autre industrie, dans la mesure où les banques ne seront plus en mesure de générer les profits qu’elles réalisaient par le passé, comme le suggère Mike Hurst.

commentaires (7)

Comments
  1. Il faudrait poser le problème différemment. Lorsque l’on se penche sur le marché de l’emploi en finance. 70% des profils demandés sont ceux des senior.
    Les junior ont du mal à se faire des places au seins des banques. Quel est donc ce senior qui se permet de critiquer les jeunes générations sous prétexte qu’il a eu affaire à une dizaine (ou même moins) d’arrogants ?
    Faut-il lui rappeler que ces mêmes juniors ont été recrutés par sa banque suite à une batterie d’entretiens. S’il n’est pas content qu’il se retourne contre son employeur plutôt que de procéder à des généralisations bancales qui à ce niveau sont effrayantes..Quiconque procèderait à ce type de généralisations démontrerait un faible esprit d’analyse et une incapacité à prendre du recul.

  2. Dans ce cas pourquoi ne pas privilégier des jeunes avec un diplôme moins prestigieux? Peut être sont ils plus humble et plus avide de connaissance puisqu’il savent que leurs réussite repose sur leur compétence et non pas sur leur diplôme uniquement….

  3. article nul.
    1. Les conflits générationnels ont toujours existé
    2. On a toujours reproché aux MBAs leur arrogance.
    3. Les deux témoignages n’ont strictement rien à voir l’un avec l’autre.

  4. vraiment naz ce article.

    Tout senior a d’abord été junior, donc a fait aussi des erreurs. au lieu de s’acharner sur eux apprenez les surtout les rudiments du métiers. seul l’apprentissage détermine la valeur d’un new graduate.

  5. Encore faut-il qu’ils écoutent pour pouvoir leur apprendre!!!
    Sinon je suis d’accord avec l’ouverture à des diplômes moins prestigieux car il s’est avéré que depuis que dans ma banque ils ont changé la RH et qu’elle ne recrute plus que des X et des HEC et bien la banque se plante et tout le monde se casse hahaha
    Quand j’ai été recruté la RH de l’époque faisait plus attention à la motivation et à la personnalité qu’au diplôme.
    Pas besoin d’avoir fait l’X pour faire du M&A par exemple.
    Mais en France c’est compliqué de penser autrement

  6. Etant VP dans une banque americaine, je confirme ces comportements de juniors en devenir s imaginant propulse MD dans les 4 ans.
    Le probleme est la remuneration et le volume horaire de ces juniors.
    Les juniors M & A travaillent de nos jours trop peu (moins de 100h par semaine) pour la plupart et sont grassement payes.

  7. cet article est tout à fait édifiant. Non seulement, l’arrogance est bien une réalité mais aussi hélas l’incompétence, ce qui est nettement plus grave et dangereux pour la pérennité des entreprises. Ne nous voilons pas la face et admettons que le système d’éducation ne permet pas à des jeunes d’arriver dans nos métiers complexes, très régulés du jour au lendemain.
    Nos activités nécessitent une grande maturité et du recul afin de connaître au fil du temps les vrais moteurs de nos métiers. On a sans doute abusé en terme de rémunération et de positionnement de ces têtes bien faites auxquelles l’expérience et l’humilité manquent cruellement ; une plus grande modestie en termes de rémunération et en termes d’évolution remettrait les choses à leur place.
    Surtout une grande méfiance vis à vis des diplômes obtenus, de leur contenus et de la façon dont ils ont été obtenus (attention aux écoles et universités totalement dépassées par la fraude informatique); bref la jeune génération prend l’habitude de vivre dans un monde virtuel et se croit tout permis ; la facture va être dure.

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