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Des acquis sociaux menacés dans le secteur bancaire au Luxembourg

Luxembourg

Le président de l’Association des banquiers luxembourgeois (ABBL) remet en cause le niveau des salaires et les jours de congé du secteur bancaire. « Les salaires sont trop élevés, nous ne pouvons plus payer ce que nous avons payé ces dernières années. Bien sûr, il y a toujours des spécialistes qu’il faut bien payer, mais hormis ceux-là, il faut réduire les coûts, Voilà pourquoi j’ai aussi parlé du congé. Dans le secteur bancaire, on a cette année-ci 34 jours de congé, auxquels s’ajoutent 10 jours fériés, ce qui signifie qu’on est absent de l’entreprise durant 44 jours, ce qui équivaut à deux mois et demi. Qui peut encore payer cela ? », s’interroge Wilhelm Contzen (RTL.lu).

Les réactions des syndicats ne se sont pas fait attendre. Le Syndicat des Banques et Assurances de l’OGBL a indiqué qu’il s’opposera à toute tentative de démantèlement des acquis sociaux et à toute dégradation des salaires dans le secteur financier. Il interpelle directement le président de l’ABBL, qui est par ailleurs patron de Deutsche Bank Luxembourg, à travers une lettre ouverte dont voici un extrait significatif : « Vous êtes d’avis que les coûts salariaux sont plus élevés au Luxembourg qu’en Allemagne et vous préconisez donc la réduction de ces coûts afin de rendre plus attractive la place financière et de la sécuriser. Or, il ne suffit pas de comparer les coûts salariaux, il faut également comparer la productivité qui est nettement plus élevée au Luxembourg qu’en Allemagne, ce qui justifierait des salaires supérieurs au Luxembourg ».

De son côté, l’Association luxembourgeoise des employés de banque et assurance (Aleba) s’étonne elle aussi de ce discours. « M. Contzen semble avoir beaucoup d’ambition. Mais la convention collective actuelle vaut jusqu’à la fin 2013. Il est donc prématuré de commencer à en discuter. Juridiquement, il est impossible de changer quoi que ce soit », indique son président Marc Glesener (Paperjam.lu).

Des licenciements mal indemnisés

Dans le cas où les mesures annoncées par Wilhelm Contzen deviendraient effectives, les salariés des banques mécontents de leur sort devront réfléchir à deux fois avant de démissionner. En effet, les indemnités de licenciements prononcées par les juridictions en droit du travail sont très faibles au Luxembourg. Telle est la conclusion d’une étude publiée par l’éditeur juridique Legitech et établie sur base de 4 000 décisions en droit du travail rendues au Luxembourg entre le 1er janvier 2004 et le 31 juillet 2011. Résultat : l’indemnité moyenne pour dommage moral versée aux hommes dans le cas d’un licenciement avec préavis se monte à 2 100 euros, celle versée à une femme de 1 768 euros. Pour les licenciements avec effet immédiat, c’est-à-dire sans préavis, les indemnités moyennes, se montent à 1 850 euros pour les hommes et à 2.025 euros pour les femmes.

Non seulement les indemnités sont faibles, mais elles ont tendance à diminuer depuis 2004. « Du fait de l’inflation et de l’indexation des salaires, on aurait pu s’attendre à une hausse légère et régulière des indemnités dans le temps. C’est néanmoins le contraire que l’on constate. Cela s’explique en partie par le fait que l’âge moyen des salariés concernés a suivi une tendance à la baisse sur cette période. En partie seulement, car sur la même période, l’économie luxembourgeoise a connu 6 tranches indiciaires de 2,5 % », souligne Nicolas Henckes, directeur de Legitech (Paperjam.lu), qui ajoute que le recours aux tribunaux peut être très décevant pour les salariés qui subissent un licenciement, surtout en tenant compte des frais d’avocats et des frais de justice qui doivent être engagés.

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