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Le Luxembourg trop dépendant du secteur financier ?

Selon une récente étude sur l’impact de l’industrie financière sur l’économie luxembourgeoise effectuée par la société Deloitte pour le Haut Comité de la place financière et téléchargeable ici, la valeur ajoutée directe et indirecte du secteur financier et ses activités connexes a augmenté de 19% en 2010. Conséquence : il représente désormais 25% des recettes fiscales annuelles, contre 23% en 2009. A elles seules, l’industrie des organismes de placement collectifs et la banque privée représentent respectivement 10% et 5% de ces recettes fiscales. Le private banking, notamment orienté vers les individus fortunés, est d’ailleurs un axe résolument encouragé par le haut comité de la place financière, rappelle Deloitte.

Mais cette manne financière pourrait bien avoir du plomb dans l’aile dans les années à venir. Déjà, l’impôt sur les bénéfices a été impacté par les banques dont le résultat reste sous pression. Qui plus est, l’emploi dans le secteur financier s’est globalement réduit de 3% en 2010 et en 2011, d’ores et déjà 114 emplois auraient été perdus dans les établissements de crédit du Luxembourg, sur la base de chiffres provisoires fournis par la Banque centrale du Luxembourg (BCL). Ce qui pourrait signifier, si la tendance venait à perdurer, moins de recettes dans les caisses de l’Etat luxembourgeois.

Cap vers la diversification

Les agences de notation ne s’y sont d’ailleurs pas trompées : si le Grand-Duché conserve pour l’instant son triple A, Standard & Poor’s attribue une perspective négative à la note de crédit du Luxembourg. « Étant donnée la dépendance de l’économie luxembourgeoise au secteur financier, nous estimons que les perspectives de croissances resteront moroses sur le long terme », explique S&P (Paperjam.lu). L’agence de notation indique qu’elle dégradera la note du Luxembourg « si le secteur financier était susceptible d’être exposé à des risques plus élevés, à une détérioration significative des volumes dans un environnement plus compliqué sur les marchés de capitaux ».

Un message qui n’est pas passé inaperçu du côté du gouvernement qui vient d’initier deux projets de fonds, l’un dans le domaine des sciences et technologies de la santé, l’autre dans le domaine de l’innovation au sens large, afin justement de soutenir la diversification de son économie. Et peut-être aussi pour éloigner le spectre de ce qui s’est passé pour des pays comme l’Irlande ou l’Islande qui, au cœur de la crise financière, ont payé au prix fort leur surexposition au secteur financier.

Les professionnels de la finance n’ont cependant pas trop de mouron à se faire sur leur avenir. « La place financière du Luxembourg reste l’un des moteurs de l’économie luxembourgeoise avec plus de 43 000 emplois directs dans les entreprises du secteur financier. A cela il faut ajouter les nombreux emplois indirects générés dans les sociétés fournissant des biens et services aux acteurs de la place financière », rappelle l’Association Luxembourgeoise des Fonds d’Investissement (ALFI) dans un communiqué.

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