☰ Menu eFinancialCareers

Seront EN BERNE au Luxembourg en 2012

This doesn't apply to pay

This doesn't apply to pay

Le triple AAA

Le Grand-Duché est placé sous surveillance négative par Standard & Poor’s et pourrait perdre son AAA, au même titre que cinq autres pays de la zone euro. « Cette mise sous surveillance négative tient à nos inquiétudes relatives à l’impact potentiel sur le Luxembourg de ce que nous considérons comme une aggravation des problèmes politiques, financiers et monétaires à l’intérieur de la zone euro. Dans la mesure où ces problèmes à l’échelle de la zone euro restreignent en permanence la disponibilité de crédit, les perspectives de croissance du Luxembourg pourraient être affectées », explique l’agence de notation.

Rien ne concerne spécifiquement le Luxembourg, puisque la même raison a été évoquée pour les autres pays. « C’est une folle exagération et c’est injuste », commente Jean-Claude Juncker, président de l’Eurogroupe, dans une interview à la radio allemande Deutschlandfunk. Un avis loin de faire l’unanimité. « On peut parler d’un appauvrissement du Luxembourg en termes relatifs et en termes absolus », a affirmé Yves Mersch, gouverneur de la Banque centrale du Luxembourg (BCL), lors d’une conférence de presse en mettant en cause « la posture de déni des réalités économiques » des responsables politiques (lessentiel.lu).

Et les chiffres semblent lui donner raison. Selon le Statec, la croissance économique devrait s’élever à 2% en 2011, au lieu de 4% initialement prévus et à 1,4% en 2012, au lieu de 3,8%. « D’une manière générale, les différentes branches de l’économie luxembourgeoise, que ce soit en termes de valeur ajoutée ou sur la base d’autres indicateurs (production, chiffre d’affaires) accusent une tendance au ralentissement depuis le début 2011… L’évolution la plus inquiétante concerne le secteur financier, qui contribue négativement à la valeur ajoutée en volume pour le cinquième trimestre consécutif », note l’office statistique.

Les travailleurs frontaliers

Le taux de chômage au Luxembourg atteint 6,1 % avec 15.164 chômeurs. Il augmente de 0,1% et traduit la perte absolue de 312 emplois pour les résidents entre fin octobre et fin novembre. C’est le troisième mois consécutif qu’il croît de la sorte. En comptabilisant les travailleurs non résidents disponibles sur le marché du travail luxembourgeois, 16.970 personnes, l’augmentation est de 3,3 %, par rapport au mois précédent – soit la plus forte augmentation enregistrée depuis décembre 2010 – et de 2,2 % en glissement sur un an.

C’est donc les travailleurs frontaliers qui sont les plus exposés. Même si le secteur bancaire limite la casse, la Banque centrale du Luxembourg ayant fait savoir que l’emploi dans les établissements de crédit, au 30 septembre 2011 était en hausse de 2,2% par rapport à l’année précédente, nul besoin d’être devin pour prédire que les premiers menacés sont les travailleurs frontaliers, qui représentent 39% de la population active au Luxembourg et en premier lieu les Français, deux fois plus nombreux au Grand-Duché que les Belges et les Allemands.

D’autant plus que les relations entre frontaliers et résidents sont plutôt tendues, comme le révèle un sondage de l’institut TNS/Ilres. Ainsi, 74 % des sondés pensent que les frontaliers sont des profiteurs. Les résidents reprochent notamment aux frontaliers leur manque d’intérêt pour leur pays de travail, estimant que 7 frontaliers sur 10 ne font pas d’effort pour parler luxembourgeois. Plus inquiétant encore : un tiers des résidents pense que les frontaliers prennent du travail aux autochtones !

Banco Itaú

Selon le site Wort.lu, Banco Itaú Europa Luxembourg, filiale du groupe brésilien spécialisé dans la banque privée, prévoit un plan social pour 60 salariés. Dans les deux ans à venir, les activités de gestion de fortune devraient rejoindre Zurich où le groupe brésilien a ouvert sa nouvelle implantation Banco Itaú (Suisse) SA il y a quelques mois à peine. Il ne restera rien au Luxembourg, les clients de la banque, pour la plupart latino-américains, étant invités à suivre la gestion de leur patrimoine depuis la Suisse.

« La décision est intervenue au plus haut niveau de direction du groupe, confirme Dimitri Oliveira Barbosa, managing director de la banque brésilienne installée avenue de la Porte-Neuve à Luxembourg (Paperjam.lu). L’environnement mondial a amené à une réflexion stratégique. Les places européennes ont été mises en balance. Le Luxembourg et la Suisse ont toutes deux des avantages certains et elles sont très compétitives. Mais elles étaient en concurrence pour nos affaires. La décision est tombée. La banque ne se détourne pas du Luxembourg. Mais elle choisit la Suisse pour recentrer ses activités ».

Un coup dur pour la place financière luxembourgeoise qui, pour des raisons stratégiques, se voit préférer par une enseigne internationale le climat helvète. Il ne reste à ce jour plus que deux institutions financières d’origine brésilienne: Banque Safra et Banco Bradesco Europa.

commentaires (0)

Comments

Votre commentaire est en attente de modération. Il apparaîtra sur le site une fois validé

Réagissez

Pseudo

Adresse e-mail

Consultez notre règlement concernant notre communauté ici