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Dans un mois, La City devient la ville au monde qui taxe le plus les banquiers seniors

Après la réforme des Non-Doms en 2008 et plus récemment la taxe exceptionnelle sur les bonus, La City se tire une nouvelle balle dans le pied avec la mise en place à partir du 6 avril d’un dispositif fiscal sur les hauts revenus, qui relève de 40% à 50% le taux marginal de l’impôt sur les revenus supérieurs à 150.000 livres.

De quoi transformer Londres en un grand centre back-office à l’image du Luxembourg ou de Mumbaï ? Toujours est-il que les banquiers le prennent mal, très mal et beaucoup commencent à envisager un départ vers des places financières plus clémentes.

Et pour cause : une étude de KPMG, publiée dans le Wall Street Journal et reprise dans Les Echos, montre que Londres, qui jusque-là était la ville la plus intéressante fiscalement pour les banquiers, va devenir une des villes les plus chères sur un panel de 8 places (Londres, Paris, New York, Francfort, Genève, Zurich, Dubaï et Hong Kong).

Le message est le suivant : tant que vous gagnez moins de 250K, exercer à Londres ne devrait être un véritable handicap. En revanche, au-delà de 500K, autant prendre vos cliques et vos claques et chercher une place où l’herbe est plus verte. Même à Paris, moins chère que Genève et Francfort, vous serez mieux lotis !

La preuve par les chiffres :

Revenu net après impôts et charges pour un banquier célibataire percevant 250K (100K de fixe et 150K de bonus).

Francfort : 134K

Paris : 137K

Londres, après la réforme fiscale d’avril : 142K

Genève : 146K

New York : 148K

Londres aujourd’hui : 153K

Zurich : 158K

Hong Kong : 212K

Dubaï : 250K


Revenu net après impôts et charges pour un banquier marié et deux enfants percevant 500K (150K de fixe et 350K de bonus).

London, après la réforme fiscale d’avril : 264K

Francfort : 277K

Genève : 280K

Paris : 286K

New York : 294K

Londres aujourd’hui : 301K

Zurich: 308K

Hong Kong : 424K

Dubaï : 500K

Revenu net après impôts et charges pour un banquier marié et deux enfants percevant 1m (250K de fixe et 750K de bonus).

London, après la réforme fiscale d’avril : 509K

Francfort : 530K

Genève : 539K

Paris : 554K

New York : 575K

Zurich : 592K

Londres aujourd’hui : 596K

Hong Kong : 849K

Dubaï : 1,000K

commentaires (5)

Comments
  1. Article un peu rapide (tout comme semble l’être l’étude de KMPG).
    Il y a un effet très positif : ce coup de semonce fiscal va permettre à Paris et Berlin de décider des hausses similaires (pour “conserver la hiérarchie”…) en vue de faire rentrer quelques dizaines centaines de millions supplémentaires dans les caisses exsangues des états, plombées par le chomage induit par la crise financière.

    Ne nous leurrons pas : il n’y aura pas d’exode massif vers HK ou autres. Et si l’évolution des textes de lois vers un plus fort contrôle des professions financières se poursuit, (ce que je souhaite) un exil vers l’asie serait probablement soit sans retour, soit assorti de très fortes double taxations.

    Il est possible que ce régime fiscal anglais soit le début de la fin de cette récré absurde et géante initiée au début des années 80… ou pas.

  2. Etude comparative intéressante mais sincèrement les bonus attribués me paraîssent démesurés….

  3. “au-delà de 500K, autant prendre vos cliques et vos claques et chercher une place où l’herbe est plus verte.”
    Eh beh, parce qu’elle n’est pas assez verte l’herbe quand on gagne ce salaire ?
    Les idées véhiculées par le ton de l’article sont embarrassantes de désuétude…

  4. Oui peut etre, mais…

    Rien que des salaires a ~250k il y en a beaucoup plus a Londres qu’a Paris!

  5. Moi je me demande comment il se fait que les banques françaises gagnent encore un centime avec la montagne de documents à remplir à chaque opérations sur les marchés, sans compter toutes les usines à gaz (systèmes d’information) entretenues par les établissements financiers pour satisfaire aux couches innombrables de réglementation. Enfin en tant que consultant en gestion des risques, j’ai assisté à des magouilles bizarres entre les banquiers d’affaires et la CB dans l’estimation des pertes dues aux programmes de titrisation naufragés de la crise financière. Même opacité des informations concernant la réalité des opérations entre le front le back constatés dans des grandes banques parisiennes. J’ai clairement l’impression que l’on se paie la tête du public avec ces soi-disantes contraintes réglementaires. L’Etat a trop besoin du financement des banques pour les étouffer, alors il y a fatalement anguille sous roche.

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