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Salaires des patrons de banque : tabou jusqu’à quand ?

La transparence en matière de publication des revenus des dirigeants et administrateurs des banques reste un sujet hautement sensible. Mais les choses bougent…

Au Luxembourg, l’individualisation n’est pas de mise, mais les mentalités commencent néanmoins à évoluer, portées par la mise en place du code de bonne gouvernance.

En vigueur depuis un an, ce texte s’adresse pour l’heure aux sociétés cotées en Bourse, mais est prévu d’être à terme élargi à d’autres sociétés. L’un des points clés concerne l’établissement des nivaux de rémunération des administrateurs et dirigeants, et leurs publications.

Ces rémunérations doivent être décidées en toute objectivité et transparence, estime Patrick Zurstrassen, administrateur indépendant, membre du groupe d’experts nommés par la Commission européenne pour établir ces règles de bonne gouvernance.

Une certaine pudeur

Par ailleurs, les rémunérations ne sont en général indiquées qu’à titre collectif et non pas individuelles. Il y a encore ici une certaine pudeur, concède Patrick Zurstrassen. Mais devant la pression des analystes des fonds d’investissement, qui exigent un maximum de transparence, toutes les entreprises, y compris les banques, vont à court terme être amenées à publier les rémunérations individuelles.

Les autres grands pays le font déjà, comme l’Allemagne. Ainsi le rapport annuel 2006 de la Deutsche Bank indique que son CEO, Josef Ackermann, a perçu l’an passé 13,2 millions d’euros, dont 8,1 million liés à la performance. Un des salaires réputés les plus élevés parmi les directeurs de banque. A titre d’exemple, Pierre Richard chez Dexia, aurait touché 1,35 millions d’euros en 2006. Quant à Michel Pébereau de BNP Paribas, son salaire de 2006 aurait atteint au total 1,785 million d’euros.

Etablis par un comité de rémunération indépendant, ces revenus se basent sur des dispositions qui, à aucun moment, ne définissent un niveau raisonnable. Parfois, un salaire d’un million d’euros pourra apparaître normal, là où 250.000 euros pourront être exagérés, précise Bernard Dubois, associé au sein du département Human Resource Services de PricewaterhouseCoopers Luxembourg. Tout dépend des résultats obtenus par ces dirigeants.

Au Luxembourg, néanmoins, la loi interdit de lier la rémunération à la performance de l’entreprise. Ce qui barre l’accès, par exemple, à certains régimes particuliers tels que les stock-options.

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