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MERGER MAN : Savoir partir… Et revenir au moment opportun (1)

Ce n’est une nouvelle pour personne, en vérité ce n’est même pas une nouvelle du tout:la crise financière a fait un tas de victimes. On a ainsi pu lire (sur eFC ou ailleurs) nombre de témoignages de professionnels de la finance dont la carrière a été brutalement interrompue, ou de jeunes diplômés super motivés, prêts à tout croquer, ravaler leur ambition réalisant que le timing ne pouvait être plus mauvais…

Au-delà des drames personnels et de l’anxiété qui nous a tous gangréné (tous sauf moi, j’y reviens dans un instant), plusieurs banques ont fait faillite, d’autres ont échappé de peu à la catastrophe, et certaines ont dû se résoudre à être absorbées par des concurrentes. Précisément dans ces établissements, l’heure est aujourd’hui aux Grands projets de Réorganisation, du Business et des Systèmes. Histoire de se remettre en ordre de marche (et de préparer la prochaine crise ?).

Quoi qu’il en soit, ceci est mon nouveau pain quotidien : j’aide, à mon petit niveau bien sûr, à mettre en place les nouvelles pièces du puzzle. Un casse-tête pour les dirigeants de banque, une spécialisation prometteuse en ce qui me concerne. Officiellement, je travaille depuis quelques mois sur l’un de ces projets de fusion transfrontalière entre deux grandes banques européennes.

Drôle de redémarrage, après un long congé sabbatique qui m’a tenu à l’écart des aléas de la crise. Je crois en ma bonne étoile. Après avoir travaillé près de 10 années dans diverses fonctions au sein de grandes institutions financières (banques de financement, asset managers) j’ai décidé de faire un break – mérité ! C’était en… septembre 2008. Concrètement, le jour où Lehman Brothers déposait son bilan et où la planète finance s’arrêtait de tourner, j’achevais de préparer mon projet, le tour de la planète, la vraie !

J’ai oublié, pendant quelques mois, indices boursiers, produits structurés, risk management et normes comptables (surtout elles !). Certes, on ne décroche jamais tout à fait, et partout où j’étais je me tenais relativement informé de l’étendue des dégâts, mais je ne me suis jamais senti menacé . Tous ces événements n’ayant finalement aucune prise sur ma nouvelle vie.

Puis la fin de la récré a sonné. Toutes les bonnes choses ont une fin (les mauvaises aussi, restons optimistes), et fin 2009 vient le temps pour moi de reprendre le chemin de l’école . C’est à ce moment-là que j’ai pris conscience de ce que j’avais évité ! Mais ma ré-introduction sur le marché n’a pas été aisée. Dans le passé, je n’avais jamais eu de réelle difficulté pour me trouver un job dans l’industrie financière. Cette fois-ci, j’ai vraiment dû travailler à ma recherche d’emploi, activer mon réseau, et revoir mes exigences à la baisse.

En particulier, j’ai rapidement abandonné l’idée de retrouver – à court terme – un poste en asset management, qui était pourtant devenu mon domaine de prédilection. C’est une chose de ne pas être retenu après plusieurs entretiens ou d’attendre un moment avant de décrocher un premier entretien, mais pendant les 6 mois qu’a duré ma recherche d’emploi, c’était la traversée du désert : je n’ai pas trouvé plus de 3 offres correspondant à mes critères !

C’est finalement en mettant en avant l’aspect polyvalent de mon profil que j’ai pu rebondir. Dans ce nouveau système financier post-crise du siècle, le job pour lequel j’ai été retenu m’a projeté au plus près des conséquences de la crise. De spectateur me voilà acteur. Un nouveau départ, une nouvelle carrière, qui sait !

A suivre !



Avez-vous des expériences atypiques de recherche d’emploi, une vie professionnelle mouvementée, des histoires à raconter sur votre job et vos collègues ? Envie de prendre la plume pour nous raconter ? Si la réponse à toutes ces questions est oui, écrivez-nous à <a href="mailto: Editorial.fr@eFinancialCareers.fr"Editorial.fr@eFinancialCareers.fr.

commentaires (5)

Comments
  1. EH BIEN

    je suis ravi de voir qu’il y a une issue après la traversée du désert moi je vis cette traversée au quotidien, et le chemin est long. Meme si j’ai excellé dans mes professions, et peux encore apporter mes expériences au services de celle-ci rien n’y fait.
    Votre message est un brun d’espoir et je vous en remercie
    amicalement

  2. l’optimisme de celui qui a trouvé….pour qui la galère est derrière lui….et qui, parce que le cerveau humain est bien fait, a partiellement oublié le mal être généré par cette traversée du désert où on se demande bien comment se vendre à la fin…..

  3. Oui, voici un commentaire qui met du baume au coeur, et surtout qui déculpabilise et fait prendre conscience qu’il faut savoir attendre (et relativiser) pour repartir…Pour comparer : moi ce sont les subprimes qui m’ont “coulé”, il faut repartir mais en sachant s’adapter à la nouvelle donne, plus modeste mais plus salutaire peut-être ?…

  4. prendre une annee sabbatique en pleine crise (et pas n’importe quelle crise), pour un tour du monde, c’est un peu leger aussi non ?

  5. Léger dans le sens d’inconscient ou irresponsable ?
    Question de point de vue. J’ai considéré au contraire qu’il était plus judicieux de partir cette année là, au moins je ne regrette pas d’avoir laissé passer une grosse augmentation ou un bonus exceptionnel, de toute façon personne n’en a eu cette année !

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