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PORTRAIT d’une étoile montante de la banque privée à Londres

Dans un bureau lumineux du dernier étage de J.P. Morgan surplombant La City, Olivier de Givenchy, managing director, en charge du secteur Private Bank UK, s’installe serein, et souriant. Son métier, le private banking, est relativement épargné par la crise. Il figure parmi les rares secteurs en finance encore dynamiques , relève le banquier. Un autre facteur de satisfaction, cette fois plus personnel, explique sa bonne humeur : sa nomination au concours des Français of the Year , organisé par le Club Grandes Écoles City Circle. Et puis, être sélectionné dans la catégorie étoile montante à 45 ans n’enlève rien au plaisir.

Pour ce professionnel averti, une telle récompense serait aussi l’occasion de communiquer sur son métier, longtemps jugé comme une voie de garage pour les banquiers en fin de carrière . Aujourd’hui, le private banking est de plus en plus global et complexe. Il inclut tous les métiers de la gestion d’actifs et de la banque d’investissement, y compris les plus techniques , explique ce French Banker divorcé et père de famille. Pourtant, l’écrasante majorité des Français de La City continue de lui préférer des métiers de marchés comme les produits dérivés.

Le conseil de David Lynch !

Lui aussi aurait pu passer à côté. Avec un père et un oncle, fondateurs de la célèbre maison de couture éponyme, et sa sceur et ses cinq frères, tous portés vers des métiers de la création (architecte, bijoutier…), Olivier de Givenchy aurait pu facilement se fondre dans le moule familial. Sa double nationalité franco-américaine, acquise grâce à sa mère, lui fera prendre une autre trajectoire, aux États-Unis. Pays vers lequel il s’envole à 17 ans, bac en poche.

Après un diplôme en sciences politiques décroché au Manhattanville College de New York, le seul homme d’affaires de la famille se cherche encore. La pub et la télé le branchent. Son colocataire le met sur la piste bancaire. Il finit par accepter l’offre la plus intéressante. Porter le nom de Givenchy ne m’a pas épargné le fait de devoir travailler pour payer mon loyer , tient-il à préciser. Il se trouve que c’est une banque, Citibank, qui le fait démarrer dans un graduate programme à New York en 1985. Quelques années plus tard, il cédera presque à une autre ambition, celle de se lancer dans la production cinématographique. Et de raconter cette anecdote selon laquelle, à l’occasion d’un dîner à New York, il confie à David Lynch ses velléités. Le cinéaste lui aurait alors répondu quelque chose comme : Carry on as a banker. Raising money is an important aspect of the film industry!

En 1989, il passe chez Banker’s Trust, toujours à New York, où il dirige pendant quatre ans l’activité private banking européenne, avant de rejoindre J.P. Morgan, la plus francophile des banques américaines . C’est précisément là où il voulait atterrir. Son goût pour le métier s’affirme. Il y apprend la culture de l’institution et continue de se construire un réseau.

S’enrichir humainement au contact des clients

À 35 ans, fort de son succès commercial auprès de la clientèle européenne, Olivier de Givenchy est appelé à Londres par Didier Cherpitel, directeur du secteur Private Bank EMEA, pour développer la division internationale. Cette fois, il accepte. Trois ans plus tard, il prend les rênes du groupe UK. Londres, qu’il juge encore plus cosmopolite que New York, lui sied parfaitement. Crise financière ou pas. Et quand les côtés négatifs (dans le désordre : la congestion charge, la réforme des Non-Doms, des jours trop courts) lui pèsent trop, direction les Bahamas ou les États-Unis, où il aime voyager avec ses deux enfants.

Le reste du temps, c’est avec les clients qu’il le passe, au téléphone et en déplacement en Europe et aux États-Unis. Si les journées au bureau sont longues (8h-8h) et ponctuées de diverses réunions, elles ne sont pas ennuyeuses pour autant : aucun deal n’est similaire, et le contact constant avec les clients, qui vous apportent beaucoup humainement, rend le boulot passionnant , assure Olivier de Givenchy, qui trouve également le temps de présider l’ONG Children in Crisis. L’opération séduction pourrait bien porter ses fruits !

commentaires (13)

Comments
  1. une bonne carrière est conditionnée par un bon départ, or on voit encore ici l’exemple d’un bon départ qui doit beaucoup au fait d’être “bien né”

  2. Je serais curieux de savoir si des gens sans particule peuvent etre nommes a ce concours.

  3. Chapeau à la carrière d’Olivier , mais il faut dire que ce dernier n’a pas trop connu les tracas de la vie quotidienne et de la recherche d’emplois avec son “nom”.
    Des carrières comme la sienne pour des noms à consonnance maghrebines ou africaines sont hélas encore assez difficiles à réaliser

  4. Belle carrière, qui a très bien débutée .on peut voir qu’il n’a pas connu les misères du chômage, avec avec un nom comme le sien, pourrait-il en être autrement? reconnaissons tout de même ses mérites!
    Aux âmes bien nées la valeur n’attend point le nombre d’année

  5. “Après un dipôme en sciences politiques, il intégre le graduate programme de Citibank” : aujourd’hui pour intégrer un poste en banque il faut avoir intégrer les meilleures écoles de commerce, effectué les bons stages, avoir les bons contacts…
    En banque, plus qu’ailleurs, les connaissances valent plus que les diplômes.

  6. Entièrement d’accord avec Thibault. On sent la frustration chez beaucoup. Si Olivier a fait carrière à New-York et Londres, on comprend mieux pourquoi : éviter ce type de jugement et a priori bien franco-français(parce qu’il porte ce nom, il a forcément aucun mérite : c tordu comme réflexion!)

  7. super facile de devenir gerant de fortune quand on est issu d’une famille fortunee, le gars devrait avoir l’honneur de se cacher….
    Je vois vraiment pas se qui justifie sa nomination…c’est un salarie privilegie! On parle beaucoup de la banque privee en ce moment c’est tout.

  8. Les frères Zaoui ne sont pas issus des couches moyennes de la population, ce sont des fils de hauts fonctionnaires d’organisation internationale. Or, on sait bien que rentrer dans ces organisations est le parcours du combattant pour y rentrer. Et faut arrêter de dire qu’on est jaloux dès qu’on critique. C’est pas de la critique,c’est de l’observation.

    Un “nom”, une particule, est souvent apprécié, et à dossier strictement égal, force est de constater que dans de nombreuses sphères même autres que financières (avocats, juristes…). et bien il y a une forte concentration de “noms”. Il faut enlever ses oeilleres et admettre que quand on s’appelle de Givenchy, ca ouvre les portes plus facilement que pour un Dupont. Bien sur que Olivier n’est pas un mauvais, sinon il arriverait pas là, mais s’il en est là, c’est aussi parce qu’il s’appelle de Givenchy.

    Les Zaoui sont des stars incontestables, Olivier une étoile, MAIS ils n’ont pas des origines “moyennes”, et bénéficient dès lors d’avantages non négligeables. Pas de critique, juste une constatation.

  9. Ce n’est certainement pas de la jalousie de ma part car moi meme je travaille en banque d’investissement, mais je ne fais que constater des réalités de la société française aujourdhui!!!
    Il ne faut pas se voiler la face à ce sujet, car certaines personnes issus de milieux sociaux moins favorisés auront plus de mal à acceder à de si belles carrières dans la banque privée ou ailleurs (cabinets d’avocats, cabinets de conseil…)
    De plus comme l’a remarqué Hermès, les freres Zaoui qui sont de brillants avocats ne sont pas issus des classes défavorisées , leurs pères etait un haut fonctionnaire de la FAO, et ils ont grandi à Rome.
    De plus etant tous les 2 diplomés pour l’un de HEC et l’autre par London school of economics/Harvard, on a vu pire!!!
    Mais je le repete il n ya aucune jalousie , c’est uniquement une constatation qui est d’ailleurs moins observable dans les pays anglo saxons.

  10. je voudrai tout juste amener contribution à ce forum,en précisant que chaque individu a une identité et des capacités qui lui sont propres. Néanmoins, la compétence d’un individu ne se constate pas, elle se prouve.

  11. je suis du méme avis que salif , je soutient la thése selon laquelle la critique doit etre positive non orienté vers la jalousie.

  12. Bravo Olivier , je te connais et je sait que tu a travailler tres dur pour en arriver la , laisse Parler Les jaloux , si tu est compétent tu te le fait toi même ton nom ! Ton neuveu

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