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Les GAGNANTS et PERDANTS de 2010

LES UPS…

Après une année 2009 particulièrement douloureuse, on ne pouvait espérer que mieux pour 2010. Et des progrès, il y en a eu. Voici les principaux secteurs / métiers qui ont tiré partie de cette reprise molle.

Les acteurs de niche en banque privée

La fusion de BNP Paribas et Fortis, la vente de KBL par KBC, ou encore la dématérialisation des agences bancaires dans le cas d’ING sont autant d’éléments qui ont contribué à provoquer un climat d’inquiétude et des sorties de capitaux des grands groupes. Les grandes banques ont perdu de leur aura auprès des clients fortunés et des private bankers eux-mêmes. Les Degroof, Petercam ou encore Delen ont clairement bénéficié de la crise au détriment des grands groupes. Parallèlement, les acteurs étrangers, tels Rothschild, Pictet et Lombard Odier, ont également profité du rapatriement des capitaux sur la Belgique pour se renforcer sur le marché belge en 2010, sur lequel ils étaient peu présents. Tous ces acteurs plus confidentiels et très prestigieux ont d’abord attiré des banquiers seniors, qui se sont eux-mêmes progressivement entourés de collaborateurs , relève Serge Goffin, consultant senior du cabinet de chasse Boyden, basé à Bruxelles.

Les fonctions de trésorerie

La réforme en faveur d’une déduction des intérêts notionnels continue de porter ses fruits. Adoptée en 2005, cette réforme fiscale a stimulé les investissements et renforcé le développement des activités financières en Belgique. De nombreuses sociétés étrangères ont choisi d’installer leur centre de trésorerie en Belgique, et la crise n’a pas freiné ce mouvement. La fonction de trésorier a pris de l’ampleur en 2009 et 2010. On traite 2,5 fois plus d’offres dans cette discipline qu’en 2007-2008, témoigne Gabriel d’Ansembourg, Associate Director de Robert Half à Bruxelles. Parallèlement, la séniorité des positions a augmenté cette année du fait de budgets moins étriqués que l’an passé. On a vu également plus de flexibilité dans la négociation salariale, en particulier pour les professionnels avec une compétence pointue dans la gestion de la dette .

Les consultants IT

Les nombreuses réorganisations et autres restructurations dans le secteur ainsi que l’industrialisation des back-offices ont créé de nouvelles opportunités pour les consultants en informatique, après deux années de vaches maigres. L’intégration de BNP Paribas et Fortis, toujours en cours, représente au total 1 200 grands projets, soit 700 000 journées de travail IT, selon son ex-CIO, Lieve Mostrey. Une opération qu’elle a récemment comparée au remplacement du moteur d’un avion en plein vol .

Les banques chinoises

Les deux plus grands établissements bancaires chinois ont débarqué cette année en Belgique. L’Industrial and Commercial Bank of China (ICBC) et Bank of China ont ouvert chacune une succursale à Bruxelles. Objectif : développer l’activité Corporate Banking et ainsi servir de point de contact pour quelque 230 entreprises chinoises actives en Belgique ainsi que pour les entreprises belges désireuses de faire du business en Chine.

… AND DOWNS

La reprise que l’on espérait tous secrètement pour cette année n’a pas été au rendez-vous pour tout le monde. Pour certains, la page 2010 doit être tournée, et vite.

Activités de marchés à Bruxelles

Le nombre de professionnels sur les marchés se réduit comme peau de chagrin en Belgique. Les activités de Fortis sont parties à Paris, celles d’ING en Hollande, KBC a fait complète marche arrière sur la banque d’investissement et tous les patrons sont partis, et Dexia est en train aussi de faire l’impasse sur ces activités , se désole un chasseur de têtes sous couvert d’anonymat. Dexia annonçait à l’automne la suppression de 11 postes en front-office et 25 sur les activités supports dans sa salle de marché bruxelloise qui ne compte plus que 140 personnes.

Dexia

Le groupe Dexia a annoncé en septembre la suppression de 665 postes, dont 385 en Belgique. Depuis le début de la crise, plus de 2 000 emplois au total ont disparu. La banque franco-belge enregistrait au troisième trimestre un bénéfice net en baisse de près de 26 % à 203 millions d’euros. Et comme si tout cela ne suffisait pas, après la révolte des collectivités territoriales françaises face aux emprunts toxiques , Dexia, retrouvée empêtrée dans l’affaire Bell – du nom de la ville américaine -, n’était plus en mesure de s’acquitter de ses obligations financières vis-à-vis de la banque, soit 35 millions d’euros.

BONUS

Il y a eu en fin d’année l’annonce du durcissement des règles concernant les règles d’attribution des bonus. Mais ce n’est pas tout. Les rémunérations variables dans leur ensemble connaissent un sérieux coup de frein, notamment sur les fonctions de private equity , nous a confié un chasseur belge. Et un autre d’ajouter : dans le cadre d’une embauche, les professionnels reconnus ont généralement obtenu un bonus garanti qui se situait dans la moyenne haute de leurs trois derniers bonus quand, par le passé, il dépassait quasi systématiquement le meilleur des trois derniers bonus . La situation financière des banques belges reste fragile dans l’ensemble, à l’exception de BNP Paribas Fortis. Du coup, on voit mal les professionnels récompensés par un variable généreux en fin d’année.

La France

Deux millions et demi de Français ont déjà quitté le pays et ils sont de plus en plus nombreux à partir. C’est du moins ce qu’affirme Corinne Maier, auteur française de Tchao la France, venue s’exiler en Belgique, dont elle vante les mérites. Son pamphlet, publié en octobre dernier, donne 40 bonnes raisons de quitter l’Hexagone. Après la publication de Bonjour Paresse en 2004, un ouvrage acerbe sur le monde du travail qui a remporté un grand succès, cette nouvelle satire dresse un portrait général de la France et des Français pas très sexy… La recherche d’emploi est particulièrement complexe si l’on n’a pas le nom, le statut social, et la couleur de peau qui vont bien, assure-t-elle. Bref, le monde de l’entreprise français serait impitoyable et sclérosé. C’est sûr, dit comme ça, cela ne donne pas très envie… (Bloomberg).

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