Qu'est-ce qui cloche dans la stratégie des banques d'investissement françaises ?

eFC logo
Business challenge. A businessman navigating through a maze. Top view

Natixis a annoncé cette semaine le recrutement de Stéphane Honig comme directeur de la Stratégie et membre du Comité exécutif, à compter du 11 février 2019. Il sera responsable de la mise en œuvre et du développement de la stratégie de Natixis, de la coordination stratégique de ses métiers et du pilotage de ses opérations de croissance externe.

Ce diplômé d’un Executive MBA de HEC a plus de 20 ans d’expérience dans le secteur bancaire, en particulier en gestion de fortune et sur les marchés de capitaux, mais aussi dans le développement stratégique - conseil stratégique et opérations de M&A. Il a effectué quasiment toute sa carrière chez BNP Paribas, d’abord à Luxembourg puis à Hong Kong, où il est depuis 2015 responsable de la distribution aux banques privées & Family Office et du Strategic Equity Solutions Group de BNP Paribas Global Markets en Asie.

Le recrutement d’un fin connaisseur de l’Asie à cette fonction de directeur de la stratégie n’est pas si surprenant quand on sait qu’en décembre dernier, Natixis avait lancé un profit warning sur ses revenus du quatrième trimestre en raison de pertes dans son portefeuille de dérivés actions sur les marchés asiatiques.

Peut-être une façon comme une autre de rectifier le tir pour la filiale de BPCE. Celle-ci n’est cependant pas la seule à pâtir des mauvaises nouvelles. On vient d’apprendre ce jeudi que le deal annoncé en juin dernier entre BNP Paribas et DWS dans les métiers de titres ne verra finalement pas le jour. Là aussi, gageons que le recrutement de Thorsten Gommel (ex-associé chez PwC) à partir d’avril 2019 et qui sera chargé de développer la franchise de BNP Paribas Securities Services en Allemagne, portera ses fruits.

Des métiers dans le flou complet

Mais ce sont surtout les activités de marché – les plus volatiles - qui donnent actuellement le plus de fil à retordre aux BFI françaises. Ainsi, SocGen a annoncé s’attendre à une baisse de 20% de ses revenus dans ses activités de marchés au cours du quatrième trimestre en raison d'un « environnement difficile sur les marchés de capitaux mondiaux ». Quant à BNP Paribas, elle aurait perdu quelque 80 M$ dans ses activités de trading sur l’indice S&P 500, selon l'agence Bloomberg.

Et là, pas question de procéder à des recrutements mais plutôt à se séparer de certaines activités comme le trading pour compte propre comme s’apprêtent à le faire SocGen et BNP dans les prochains mois, ou bien le trading sur commodities comme devrait s’y employer BNP outre-Atlantique. « Certes, ces entités ne comptent généralement pas plus d’une dizaine de personnes chacune mais d’autres coupes pourraient bientôt être annoncées si le marché boursier ne s'améliore pas », relève un analyste bancaire.

Dans ces conditions, difficile pour les professionnels des salles de marché d’y voir clair. Non seulement ces profits warnings sont annonciateurs d’une réduction des montants de leurs bonus, mais à plus long-terme ils posent la question de leur avenir au sein des banques d’investissements françaises qui pourraient être amenées à tailler plus significativement dans les effectifs, quitte à proposer de généreux plans de départs volontaires s’il le faut.

Qu’en pensent les analystes ?

Les banques se montrant plutôt avares de commentaires pour tout ce qui concerne leurs décisions stratégiques. Qu’en pensent de leur côté les analystes actions qui couvrent ces banques ? « Le secteur bancaire a reculé significativement du fait d'un environnement moins favorable avec des taux d'intérêt bas » a récemment indiqué à l’AFP Daniel Larrouturou, directeur général délégué de Diamant bleu Gestion.

« Les résultats des banques européennes au quatrième trimestre 2018 devraient avoir souffert du ralentissement de la croissance en Europe et des incertitudes autour du Brexit ainsi que du commerce en Asie », estiment lundi les analystes de Morgan Stanley. « A la différence des banques américaines, qui enregistrent de la croissance et peuvent investir massivement, notamment dans la technologie, les établissements européens sont encore en pleine restructuration et pourraient réduire encore leurs coûts ».

Et de citer notamment BNP Paribas, SocGen et Natixis, tandis que les banques davantage axées sur la gestion de fortune, à l’exemple d’UBS, pourraient être davantage épargnées. Sauf que la banque suisse a depuis publié ses résultats qui ont fortement déçu les investisseurs. Pas vraiment de bon augure alors que les banques tricolores publieront leurs premiers résultats à partir de début février…

Vous avez un scoop, une anecdote, un conseil ou un commentaire que vous aimeriez partager ? Contact : tiochem@efinancialcareers.com

A lire aussi…

Close
Loading...