Voici les secteurs et métiers de la finance au top en France cet automne 2018...

eFC logo
Falling Leaves In Paris

Le cabinet de chasse de têtes parisien Vendôme Associés spécialisé dans les métiers de la finance vient de publier son Baromètre Métiers & Tendances – Automne 2018. Comme nous l’avions fait pour le baromètre précédent, nous avons demandé à Denis Marcadet et Corinne Orémus, respectivement président et directrice générale déléguée de Vendôme Associés, de commenter en exclusivité les métiers ayant le vent en poupe en cette période de l'année, commentaires que nous avons complétés par d'autres témoignages ainsi que des exemples concrets…

« Les clignotants sont au vert dans les services financiers. Toutes les classes d’actifs recrutent. BFI, AM et Private Equity tirent le marché, soutenus par la perspective aujourd’hui privilégiée d’un Brexit dur., même si les allocations/relocalisations se font encore avec parcimonie », récapitule Denis Marcadet. « Une certitude, Paris est prêt, la place financière est riche en ressources, énergie et talents. Nous sommes impatients d’être en 2019 ».

BANQUE D’INVESTISSEMENT, FINANCEMENTS & MARCHÉS

Coté marchés financiers, les tendances observées depuis la rentrée se confirment. L’approche cross-product et classes d’actifs «solutions» sont toujours à l’ordre du jour. Cela dit, on enregistre peu de mobilité. « Le Brexit est dans tous les esprits, mais on manque encore de visibilité, les allocations de postes restent un sujet de réflexions internes tant pour les acteurs français qu’étrangers. Le premier semestre 2019 est censé apporter des éléments de réponses », souligne Denis Marcadet.

En attendant, les banques françaises devraient finalement relocaliser moins de salariés que prévu selon certaines sources bancaires. C'est là le signe que les banques françaises souhaitent conserver une présence importante en Grande-Bretagne qui restera une place financière de poids malgré sa sortie de l’UE. Ce sont les métiers du trading les plus susceptibles d'être transférés, suivis par d'autres. Denis Marcadet évoque une « déclinaison de chaîne de métiers qui va se déployer », comme par exemple les risques et la compliance.

Ce que nous confirme Antony Labylle, consultant risques, compliance et régulation chez Huxley qui « observe le déplacement depuis Londres de familles de métiers connexes qui gravitent autour de l'activité de trading, l'idée étant de pouvoir réunir en un même lieu tous les professionnels de la banque ayant l'habitude de travailler ensemble ».

Coté financements, hormis quelques renforcements ponctuels dûs au développement de certaines banques sur le créneau dette privée ou LBO, il y a peu de mobilité de banque à banque. « Les besoins sont plutôt exprimés à la suite d’une évolution au sein de structures type fonds d’investissement ou corporate », relève Denis Marcadet. A souligner la bonne tenue du financement Infra où la place financière parisienne confirme son rang de leader en Europe.

M&A

La fin de l'année 2018 est marquée par la santé spectaculaire des banques américaines. Sur le marché français, JP Morgan, Lazard, Morgan Stanley & Rothschild semblent donner le tempo. Sans oublier Bank of America qui ne cesse ne grignoter des places dans les league tables.

« Pour faire face à la concurrence accrue des banques anglo-saxonnes, qui ont effectué quelques recrutements emblématiques au premier semestre, les grandes banques françaises vont devoir également se renforcer », prévient Denis Marcadet. Le fait n 'est pas nouveau : l'an dernier déjà, alors qu'elles étaient mal classées dans les league tables, les banques françaises n'avaient eu d'autre choix que de renforcer leur practice M&A en procédant à de nouveaux recrutements.

PRIVATE EQUITY

Le baromètre fait part d'un marché soutenu, toujours liquide tant en Equity que sur les métiers de dettes (notamment en infra) avec des demandes de profils spécifiques alliant connaissance du marché de référence assortie d’une double expertise secteur / zone géographique. « Pour les jeunes talents approchés (associate, VP) les double formations (ingénierie/gestion) sont valorisées », constate Denis Marcadet.

En plus de compétences dans l'investissement, les sociétés de private equity se montrent par ailleurs férues de candidats ayant un background d'entrepreneurs. Enfin, avoir de solides compétences juridiques (impact de la réglementation) devient un pré requis sur les fonctions supports concernant la gestion des portefeuilles et le suivi des participations.

ASSET MANAGEMENT

Dans la gestion d'actifs, Vendôme Associés constate pour le deuxième semestre 2018 un marché fluide avec de nombreux mandats au bénéfice de tous les départements : gestion, stratégie, commercial, opérations, risk management, etc. C'est d'ailleurs dans la gestion d'actifs que les embauches ont été les plus nombreuses ces dernières semaines...

« Dans un contexte réglementaire amplifié par l’arrivée de MIFID 2, les organisations ont évolué visant pour certaines un renforcement des équipes de recherche interne », fait remarquer Corinne Orémus. « Nous avons observé à cette occasion une demande accrue de compétence analytique fondamentale et des profils expérimentés d’analystes gérants ». Cela a par exemple été le cas pour BNP Paribas qui a décidé de renforcer les équipes de recherche d'Exane.

« Des actions de mutualisation de moyens ou d’expertise au sein de certaines entités qui se rapprochent peuvent cependant créer des réductions d’effectifs ponctuelles », nuance cependant Corinne Orémus. Qui plus est, certaines grandes sociétés de gestion ont décidé d’internaliser la recherche tout en faisant appel à de l’expertise extérieure (notamment des fintechs) pour des sujets très pointus.

Plusieurs fintetchs se positionnent sur le segment de la recherche et l’analyse financière. Parmi ces Online Research Marketplaces (ORM), on peut notamment citer Alphametry, ResearchPool ou SeedAlpha, des plateformes virtuelles de mise en relation producteurs et consommateurs de recherche. Ou plus récemment Neuroprofiler, qui couvre l’ensemble du processus d’évaluation du profil de risque du client.

PRIVATE BANKING

Dans la banque privée, le baromètre mentionne une activité du recrutement plus calme qui reflète les inquiétudes des dirigeants qui anticipent une année 2019 complexe du fait de la transparence sur les frais de gestion et les impacts MIFID. « La volatilité et les baisses des marchés financiers ne vont pas aider la tâche des banquiers et gérants privés », prévient Corinne Orémus.

En attendant, quelques recrutements ont bien lieu çà et là, comme chez Banque Richelieu France qui fin octobre a annoncé le recrutement de sept nouveaux collaborateurs dont un directeur de Clientèle Privée, deux Banquiers Privés, un Quality Client Services Officer, un Middle Office Securites Senior Officer, un Chef de Projet Communication Marketing et une Assistante Banquier Privé. Qui dit mieux ?

Credit photo : borchee / gettyimages

A lire aussi…

Close
Loading...