Ces grandes écoles françaises qui veulent attirer les étudiants du Royaume-Uni dans le sillage du Brexit...

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Aerial photography of a ferry boat in Calais

Le port de Calais pour faire campagne auprès des étudiants britanniques, il fallait y penser...

Pour attirer des étudiants d'outre-Manche, les business schools et écoles d'ingénieurs françaises ne manquent pas d'imagination, à l'image de l’École Polytechnique qui a fait une campagne publicitaire... dans le port de Calais, rapporte le magazine Challenges. Une initiative qui ne devrait pas déplaire à Eric Labaye, le tout nouveau président du conseil d'administration de Polytechnique.

« Nos programmes doivent être mondialement reconnus, visibles et attractifs, pour attirer les meilleurs étudiants en France comme à l'international », a déclaré début octobre Eric Labaye lors de la réunion de son premier conseil d'administration, cet ex-consultant de 57 ans, X-Télécoms, Insead, ayant passé trente ans chez le géant du conseil McKinsey.

D'autres écoles préfèrent miser sur leurs campus au Royaume-Uni. C'est par exemple le cas de l'EM Normandie qui, pour continuer d’accueillir des étudiants après le Brexit, en mars 2019, a choisi de créer une société à statut juridique anglais pour assurer la gestion de son campus d’Oxford. « Il nous faudra un an et demi, voire deux ans, pour obtenir les accréditations nécessaires », précise le directeur général de la business school normande.

Ne pas enterrer Londres trop vite

Une telle stratégie peut s'avérer payante car rien ne dit que les étudiants basés au Royaume-Uni viennent poursuivre leurs études en France (à moins que les business schools anglaises ne finissent par venir s’installer sur le sol français). A cela une raison principale : « Londres restera un hub central pour la finance pendant encore de nombreuses années », rappelle Olivier Bossard, directeur exécutif du Master Finance d'HEC.

Les emplois délocalisés dans le sillage du Brexit ne représentent après tout qu'une petite partie des effectifs stationnés à la City et les candidats au départ sont plutôt des banquiers seniors que des étudiants ou jeunes diplômés pour qui les quartiers d'affaires de la City et Canary Wharf restent lieux de choix prisés par les étudiants des dernières promotions pour y faire carrière, Brexit ou pas.

En banque d'investissement, les niveaux des indemnités de stage mais surtout des salaires des débutants y demeurent nettement plus élevés qu'à Paris où il n'est pas rare que certains se plaignent de leur niveau de rémunération bien en dessous de leurs compétences, tel que cet analyste quantitatif junior qui témoigne dans nos colonnes.

Il va de soi qu’avoir effectué tout ou partie de sa scolarité dans la première place financière mondiale ne laissera pas insensible les recruteurs en finance, qui seront certains que vous maîtrisez parfaitement l’anglais, la langue des affaires, mais également et surtout avez une connaissance approfondie du système anglo-saxon. Dans ce contexte, les efforts des grandes écoles françaises à destination des étudiants au Royaume-Uni seront-ils récompensés ? Seul l'avenir le dira...

Vous avez un scoop, une anecdote, un conseil ou un commentaire que vous aimeriez partager ? Contact : tiochem@efinancialcareers.com

Credit photo : Altitude Drone / gettyimages

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