Natixis en mode réorganisation en ce printemps 2018

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It takes more than a swallow to make  summer.

Une hirondelle ne fait pas le printemps...

Natixis a plutôt bien commencé l'année 2018. La filiale de banque et d'investissement du groupe BPCE a en effet mieux performé que ses concurrentes sur les trois premiers mois de l'année, enregistrant certes elle aussi une baisse de ses activités BFI mais de 3% seulement contre 20% à 30% chez ses concurrentes. Forte d'un exercice 2017 affichant de solides performances, Natixis s'est montrée généreuse concernant les montants des bonus accordés à ses salariés alors que les autres banques ont plutôt joué la carte de la modération.

Enfin, depuis début juin, Natixis est dirigée par un nouveau patron, François Riahi, chargé de mettre en oeuvre le plan stratégique New Dimension où gestion d'actifs, gestion de fortune, M&A, dérivés actions et finance verte, services financiers spécialisés et digital seront à l'honneur d'ici à 2020. En attendant, cela n'empêche pas Natixis de procéder à des ajustements et réorganisations de certaines de ses activités. Voici les principales d'entre elles, ainsi que leurs impacts sur l'emploi.

Financement matières premières

Natixis a annoncé vendredi dernier avoir décidé de fermer son bureau de financement du commerce de matières premières à Genève (qu'elle avait ouvert en décembre 2016) et d'arrêter également cette activité à Dubaï. Dans un courriel adressé à Reuters, la banque affirme vouloir ainsi centraliser cette activité pour la zone Europe, Moyen Orient et Afrique (EMEA) à Paris en se concentrant sur les clients les plus importants.

« Ces ajustements auront un impact marginal sur l'activité », souligne Natixis, sans toutefois préciser combien de postes seraient affectés par cette decision, sachant qu'elle emploie une cinquantaine de personnes en Suisse et 56 personnes aux Emirats arabes unis. Pour rappel, dans le cadre de son plan stratégique à horizon 2020 présenté en novembre dernier, le groupe a décidé de concentrer ses activités de BFI sur quatre secteurs, à savoir l’énergie et les ressources naturelles, l’aviation, les infrastructures et l’immobilier. Vous savez donc où postuler...

Gestion d'actifs

Début avril, Natixis AM est devenue... Ostrum Asset Management. La principale société de gestion de la galaxie Natixis se recentre ainsi sur son expertise historique en gestion obligataire, ses compétences ciblées en gestion actions et son savoir-faire reconnu en gestion assurantielle. Elle poursuivra également le déploiement de solutions alternatives de type CLO8 et dette privée actifs réels. Ostrum AM renforcera, par ailleurs, ses compétences en gestion actions, notamment thématiques, small & midcap et émergentes.

D'ores et déjà, Ostrum AM et la Banque de Grande Clientèle de Natixis ont annoncé courant mai avoir uni leurs savoir-faire pour proposer une offre en co-investissement dans la dette privée sur actifs réels, dans trois secteurs stratégiques pour le groupe, à savoir l'immobilier, les infrastructures et l'aviation. Pour accompagner ce développement, l'ex-responsable de la Recherche Global Markets de Natixis, Denis Prouteau, a rejoint Ostrum AM en tant que directeur gestion de dettes privées sur les actifs réels.

Cet expert qui a exercé différentes responsabilités dans le trading, la vente et l'origination des marchés de dettes dans plusieurs banques à Paris et Londres dirige désormais deux équipes : l’une nouvellement créée, basée à Paris et à New-York, propose cette stratégie en co-investissement avec Natixis (mono-source), la seconde équipe, déjà en place, basée à Paris, offre des solutions de gestion s’appuyant sur une origination multi-sources.

« D’ici à 2020, nous visons 6 milliards d’euros (en € et US$) d’encours sur cette classe d’actifs pour les investisseurs basés en Europe, en Asie, au Moyen Orient et en Amérique du Nord avec une offre sectorielle enrichie et une équipe renforcée de 15 experts », précise Ibrahima Kobar, directeur des gestions et directeur général délégué d’Ostrum AM. De bon augure pour les professionnels de la dette privée sur actifs réels.

Gestion de fortune

Natixis Wealth Management s'est recentrée sur la gestion de fortune avec la cession de Sélection 1818 à Nortia annoncée en avril. « Cette opération s'inscrit dans la stratégie de repositionnement de notre activité sur la clientèle High Net Worth », a déclaré George Eric de la Brunière, directeur général de Natixis Wealth Management, la banque de gestion de fortune de Natixis. « Je suis convaincu que les deux équipes, fortement complémentaires et d’excellente qualité, sauront déployer une offre d'autant plus performante qu'elle s'appuiera sur des partenariats commerciaux forts avec Natixis ».

Fort de ce recentrage, Natixis Wealth Management, qui gérait près de 31,5 milliards d'euros fin 2017, compte mieux s'intégrer dans sa maison mère, ce qui se reflète par sa nouvelle marque, mais aussi par un élargissent de l'offre, avec un accès aux offres des affiliés comme H2O Asset Management, et un sourcing Natixis plus important. C'est aussi dans ce contexte que Natixis WM a récemment nommé un CIO (directeur des investissements), en la personne de Jean-Jacques Friedman, un ex-SocGen qui a rejoint Natixis il y a dix ans.

Crédit photo : Rike_ /gettyimages

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