Brexit : les financiers français seniors plus enclins à quitter Londres que les juniors...

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Senior businessman standing on top floor of office building overlooking modern London urban skyline

Jusqu’à maintenant, le Brexit était fixé au 29 mars 2019. Mais la Première ministre britannique Theresa May envisageant de le reporter en 2023, le divorce entre le Royaume et l'UE pourrait ne pas être pour demain. Quoiqu''il en soit, un certain nombre de financiers français sont déjà revenus dans l'Hexagone et le mouvement pourrait prendre de l'ampleur au fil des mois qui viennent. Les "Brexit parties", ou pots de départ des gens qui s'en vont, n'ont donc pas fini de faire parler d'elles dans les tours de la City....

Surtout que les banques ne sont pas les seules à envisager de se délocaliser pour pouvoir continuer à bénéficier du système de passporting européen après le Brexit. Ainsi, les sociétés de gestion, les sociétés fintechs ou bien encore les multinationales sont toutes susceptibles de délocaliser tout ou partie de leurs effectifs londonniens.

La place financière de Paris fait de son mieux pour les inciter à revenir. « Paris Europlace poursuit sa campagne Brexit 2018 autour d'actions sectorielles ciblées, visant les domaines d'excellence de la Place de Paris : gestion d'actifs, assurance, capital-investissement, fintech, finance durable, immobilier et réglementation », indique son délégué général Arnaud de Bresson, précisant qu'une « documentation ciblée » était en cours de préparation.

Des expérimentés inquiets...

En attendant, les profils plus expérimentés ne cachent pas leur inquietude. « Mon supérieur hiérarchique martèle que l’on est dans la plus grande des incertitudes concernant le Brexit, raconte dans les colonnes de L'Agefi la responsable de projet dans une banque française à Londres. Le seul conseil que l’on nous donne pour le moment est de déposer notre dossier de candidature pour un permis de résidence au cas où la question de l’immigration ne serait pas réglée.».

A n'en point douter, le Brexit représentera un casse-tête administratif de taille pour les expatriés européens. Un imbroglio que le maire de Londres Sadiq Khan souhaite simplifier en proposant une application qui apporterait toutes les informations nécessaires sur la démarche à suivre pour rester au Royaume-Uni.

« Pas certain néanmoins que cela suffise à retenir dans la capitale britannique les banquiers français, surtout lorsque ces derniers sont à charge de famille et craignent de voir les coûts de scolarité de leurs enfants exploser », indique un recruteur en charge de la practice banque-finance d'un cabinet de chasse parisien. « C'est pourquoi quand mouvement il y a, celui-ci se fait le plus souvent au niveau associate », confirme un analyst en banque d'affaires travaillant désormais à Paris.

Si on ajoute à cela dépréciation de la Livre Sterling, le coût de la vie élevé à Londres, la précarité des postes et la difficulté de grimper parfois dans la hiérarchie du fait de différences culturelles, grande est la tentation pour les profils expérimentés de profiter de la menace que fait planer le Brexit pour prendre la décision de revenir, surtout que les banques parisiennes restent friandes de ce type de profils.

Des jeunes diplômés sereins...

« Londres restera un hub central pour la finance pendant encore de nombreuses années », déclarait en octobre dernier Olivier Bossard, directeur exécutif du Master Finance d'HEC. Un constat qu'il a encore confirmé ce mois-ci en marge de la cérémonie de remise du Prix de la meilleure opération financière de l’année par le Club des Trente dont l'école est partenaire.

Londres et ses quartiers d'affaires comme le City et Canary Wharf restent donc des lieux de choix prisés par les étudiants des dernières promotions du MSc in International Finance (MIF) et du Master in Management (MIM) avec spécialité finance. Un point de vue partagé par d'autres responsables de formations comme Philippe Thomas, professeur de finance à l’ESCP Europe.

Cependant, à plus long terme, « la géographie des stages va probablement évoluer en fonction des déménagements d’équipes », rappelle à ce sujet Michael Ohana, fondateur d’AlumnEye, structure de préparation aux entretiens en Banque d’Affaires, Finance de Marché et Conseil en Stratégie pour les “Summers“,”Off-cycle” et “Graduates“. Pas de quoi entamer pour l'instant l'optimisme des étudiants en finance qui se projettent toujours de l'autre côté de la Manche, Brexit ou pas.

Crédit photo : coldsnowstorm / gettyimages

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