Goldman Sachs multiplierait les entretiens pour son bureau parisien du fait de l'incertitude des négociations sur le Brexit

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Goldman Sachs Paris

Si jadis le Brexit semblait imminent, c'est encore plus vrai aujourd'hui. Après une semaine de rumeurs inquiétantes sur la possibilité (ou non) d'un accord de transition, le négociateur en chef du Brexit de l'UE, Michel Barnier, a déclaré ce vendredi qu'un accord de transition n'était « pas un acquis ». Sans ce dernier, le Royaume-Uni sortira de l'UE dans... 413 jours. Les banques qui sont restées en retrait en supposant qu'un accord leur éviterait de devoir déplacer un grand nombre d'employés de Londres pourraient désormais être contraintes de passer la vitesse supérieure.

En conséquence, des chasseurs de têtes et des observateurs du marché rapportent que Goldman Sachs a fait passer des entretiens complets avec des francophones dans les ventes dérivés actions en prévision de recrutements à venir sur Paris. Les entretiens se seraient déroulés au cours du dernier mois, mais pourraient à présent être de nouveau d'actualité. Si les emplois devaient être transférés à cause du Brexit, les postes de vente sont les plus susceptibles d'être concernés.

Goldman Sachs n'a pas souhaiter répondre à une demande de commentaires sur les présumés entretiens, mais la banque a d'ores et déjà déclaré qu'elle envisageait de faire de Paris et de Francfort ses hubs lorsque la Grande-Bretagne quitterait l'UE. Un vendeur de dérivés actions dans un hedge fund à Londres dit que Goldman a fait passer des entretiens à la fois pour des fonctions de vente et de trading sur Paris : « Ils se préparent simplement pour le Brexit et veulent clairement identifier qui est disponible à Londres dans le cas où leurs traders en poste ne voudraient pas déménager ».

Goldman Sachs a la réputation de mener des « entretiens informatifs » généralisés afin de découvrir ce que font les banques rivales. Cependant, un chasseur de têtes a déclaré que cette fois-ci il voyait les choses différemment. « Ils ont littéralement interviewé tout le monde à Londres et à Paris, et les entretiens semblent avoir été hissés à un niveau élevé ».

Denis Marcadet, président du cabinet de chasse de têtes spécialisé en finance Vendôme Associés, a indiqué ne pas avoir entendu parler des entretiens de Goldman, mais que les choses allaient définitivement s'améliorer. « L'atmosphère qui règne ici est désormais complètement différente depuis que nous avons Macron comme président. Nous voyons beaucoup plus de jeunes banquiers qui veulent rester à Paris plutôt que partir à l'étranger », nous explique-t-il.

Goldman Sachs n'est pas la seule banque qui cherche à embaucher des vendeurs dans la capitale française. La Bank of Tokyo Mitsubishi est également supposée développer ses activités de marchés à Paris, tandis que Sumitomo Mitsui serait en train de monter un desk de leveraged finance.

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