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Paris La Défense : la mieux placée des places financières continentales post-Brexit ?

Glass canyon

Ce mardi matin, le Conseil d’analyse économique (CAE) a présenté sa nouvelle Note intitulée Brexit : saisir les opportunités et limiter les risques dans la finance. Ses deux auteurs, Anne-Laure Delatte et Farid Toubal, abordent successivement deux sujets : d’une part, les conséquences du Brexit sur la stabilité et la fragmentation financière en zone euro et, d’autre part, la concurrence entre places financières continentales pour attirer des entreprises du secteur.

Sur ce deuxième point , les auteurs notent que les choix de localisation des filiales d’entreprises étrangères dans la finance sont cumulatifs et s’avèrent sensibles à la taille de la région, la qualité des infrastructures, la réglementation du travail ou encore l’instabilité fiscale. Au‐delà des mesures déjà annoncées en juillet 2017, ils recommandent de mettre la priorité sur le chantier du CDG express et, dans le cadre de la réforme des retraites à venir, de reconsidérer les plafonds de l’assurance‐retraite. Cette note ayant été présentée au Premier ministre à la mi-novembre, reste à savoir si elle sera suivie d’effets…

Une 4ème place mondiale

En attendant, toujours à ce sujet, le cabinet de conseil et d’audit EY et ULI (Urban Land Institute) ont récemment publié les résultats du 1er baromètre d’attractivité des quartiers d’affaires mondiaux qui compare 17 grands quartiers d’affaires à travers le monde, dont Paris La Défense. Il s’appuie sur une quarantaine d’indicateurs quantitatifs, objectifs et comparables, une enquête mondiale auprès de 226 membres du réseau ULI et 35 entretiens approfondis avec des experts de l’immobilier et des stratégies urbaines à travers le monde.

« Les bouleversements du monde exacerbent la concurrence entre grands quartiers d’affaires pour l’accueil de sièges sociaux, en témoigne la compétition que se livrent les grandes métropoles européennes à la veille du Brexit », explique Marc Lhermitte, associé EY. « Dans la course à l’attractivité, notre enquête démontre l’importance cardinale de l’accès aux talents, la mixité des fonctions, l’ouverture aux start-up, l’adaptabilité aux nouvelles formes du travail ».

EY Districts

Attirer les talents

Les décideurs mondiaux interrogés révèlent que la capacité à attirer des talents prend largement le pas sur tous les autres critères (qualité architecturale et urbaine, écosystème économique, prix de l’immobilier,…) dans l’attractivité des grands quartiers d’affaires. Dans un contexte où les ruptures technologiques et générationnelles bouleversent les codes et les modes de travail, le capital humain apparaît comme la préoccupation dominante de 70% des décideurs interrogés.

Viennent ensuite des attentes autour de la qualité de vie urbaine, la proximité des marchés et l’influence économique (43% à 47% de répondants), alors que la « compétitivité-coût » (35%) et enfin la qualité de l’offre immobilière (14%) sont désormais considérés comme des prérequis. Le top 5 mondial se compose de la City (Londres), Midtown (New York), Marunouchi (Tokyo), La Défense et de Canary Wharf (Londres).

Paris La Défense bien positionnée…

Le quartier d’affaires emblématique de la France présente une performance régulière sur tous les facteurs, avec quelques grands atouts compétitifs et des axes de progression. Le match est intense avec Londres et New York sur le « facteur talent », illustré par le niveau de qualification des emplois, le maillage de transports en communs, l’accès aux pôles académiques et scientifiques.

De même, La Défense bénéficie à plein de la forte concentration de groupes mondiaux en Ile-de-France, mais aussi de l’attractivité touristique de la capitale pour rivaliser avec ses concurrents Londres, New York et Tokyo. Enfin, sur la qualité de l’offre immobilière, juste après Singapour, Paris La Défense tire parti d’une politique volontariste de renouvellement du parc immobilier et foncier et du niveau d’équipement énergétique et technologique de ses tours.

… même si elle doit encore progresser

Incontestablement, Paris La Défense doit encore progresser pour se placer aux avant-postes mondiaux. Ainsi, les auteurs de la note du Conseil d’analyse économique notent que si Paris fait jeu égal avec Francfort aujourd’hui dans la finance, la situation est moins flatteuse pour les filiales d’entreprises étrangères qui sont nettement moins nombreuses à Paris. Et ils pointent au passage l’insuffisante qualité de certains transports publics et le niveau élevé des cotisations sociales sur les hauts salaires.

Le baromètre EY indique que pour progresser sur la qualité de vie urbaine, Paris La Défense doit travailler la mixité et l’attractivité urbaine de son site. Fidéliser les salariés, décideurs et entrepreneurs (de plus en plus de start-ups s’intéressent aux grands quartiers d’affaires) impose que les quartiers d’affaires introduisent davantage de services, de loisirs, d’offre culturelle au coeur-même de quartiers d’affaires de nouvelle génération, dont la devise pourrait être : « work, live and play ».

« Ce classement nous conforte dans nos choix et nous pousse à accélérer », réagit Marie-Cécile Guillaume, directrice générale de Defacto, établissement public de gestion de La Défense qui, pour rappel, prévoit de construire 7 nouvelles tours d’ici 2021 qui abriteront quelques 375.000 mètres carrés de bureaux, soit l’équivalent de la taille de…. 50 terrains de football ! Qui dit mieux ?

Immobilier de bureaux : LE point fort

La CCI Paris Ile-de-France vient quant à elle de publier sur son site une étude intitulée Immobilier de bureaux : de quelle capacité dispose l’Ile-de-France pour accueillir les emplois transférés de Londres dans le cadre du Brexit ? et qu’elle avait présenté en Assemblée Générale en avril 2017. On y apprend que  l’offre immobilière de bureaux actuelle est en mesure de répondre aux besoins des entreprises du secteur financier.

Aujourd’hui, la Place de Paris représente 650 000 m² de surfaces de bureaux disponibles (soit au minimum de quoi accueillir immédiatement 30-40 000 salariés) au cœur des quartiers d’affaires et près de 700 000 m² en chantier livrées jusqu’en 2019 à Paris et dans le quartier de La Défense.

Quant au coeur de l’agglomération parisienne, il représente un marché immobilier tertiaire de plus de 35 millions de m² et est équivalent à la totalité de la surface de bureaux des cinq autres agglomérations étudiées (Francfort, Amsterdam, Milan, Dublin, Luxembourg). Il se caractérise par une demande placée (ensemble des transactions, à la location ou à la vente, réalisées par des utilisateurs) annuelle d’environ 2 000 000 m² par an ces deux dernières années, soit quatre fois plus qu’à Francfort.

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Crédit photo : fotoVoyager / gettyimages

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