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Quel bonus allez-vous percevoir au titre de l’année 2017 ? Perspectives par banque et par activité…

Les annonces de bonus 2017 approchent vitesse grand V. Qui sera chanceux ? Et qui ne le sera pas ? Voici un petit tour d’horizon des anticipations en matière de versement de primes pour 2017…

Bank of America Merrill Lynch : bonnes nouvelles pour les banquiers d’investissement, moins pour les traders

Qu’est-ce qui a été dit ? Rien du tout. Les dirigeants de BofA n’ont fait aucune référence publique aux niveaux de bonus probables pour 2017.

Peuvent-ils se permettre de payer ? Oui, mais seulement dans le global banking (ECM, DCM et M&A). Comme nous l’avions noté au moment des résultats du troisième trimestre de BofA, ses banquiers d’investissement ont exceptionnellement bien performé, avec des bénéfices en hausse de près de 30% d’une année sur l’autre au cours des neuf premiers mois. Ses traders ont moins bien performé : les bénéfices des global markets ont baissé de 9%. La banque a déclaré qu’elle investissait massivement dans la technologie de sa plate-forme de trading, et que ces investissements technologiques prendraient probablement le pas sur la rémunération du personnel.

Qui mérite d’être payé chez BofA ? Une étude de la société d’intelligence économique Tricumen montre que Bank of America a excellé dans trois domaines en 2017: debt capital markets, M&A et trading sur devises. Si les bonus sont ciblés sur une base divisionnaire, les bénéficiaires devraient probablement se trouver là.

Barclays : mauvaise nouvelle pour au moins la moitié des banquiers d’investissement

Qu’est-ce qui a été dit ? Le senior management de Barclays a explicitement indiqué que les bonus seraient mauvais cette année. Au cours du troisième trimestre 2017, le CFO Tushar Morzaria a déclaré que la banque avait procédé à des “réductions significatives” de sa “rémunération au rendement”. Le CEA Jes Staley a précisé que ces bonus avaient été réduits de 25% au troisième trimestre, ajoutant qu’il était peu probable que cela se répète au quatrième trimestre. Cependant, le patron de la banque d’investissement,Tim Throsby, a déclaré cette semaine que la moitié des banquiers et des traders de Barclays – ceux ayant affiché les moins bonnes performances – seront payés à la baisse cette année.

Peuvent-ils se permettre de payer ? Pas vraiment. Les bénéfices ont baissé de près de 8% dans la banque de financement et d’investissement de Barclays au cours des neuf premiers mois de l’année par rapport à la même période de l’an dernier. De même, le ratio de coûts dans la banque d’investissement était de 74% au troisième trimestre, contre 68% un an plus tôt. Jes Staley a déclaré que Barclays a sous-investi dans la technologie et doit faire amende honorable, donc cela aura (encore une fois) certainement la priorité sur la rémunération du personnel.

Qui mérite d’être payé chez Barclays ? Tricumen suggère que presque personne ne mérite d’être payé chez Barclays. Au cours des neuf premiers mois de l’année, presque toutes les activités de Barclays ont sous-performé leurs concurrents en termes de revenus. Exception faite des cash equities qui ont surperformé selon Tricumen, grâce notamment aux investissements dans les systèmes de trading, si bien que la surperformance doit être attribuée à la banque plutôt qu’aux individus. Et le fait que Barclays ait procédé à de nombreux recrutements externes en 2017 n’aide pas vraiment : les bonus qui auraient pu être versés à ceux en place seront probablement détournés pour embaucher de nouveaux talents de l’extérieur.

BNP Paribas : la compression des coûts est un mauvais présage

Qu’est-ce qui a été dit ? Rien du tout, mais les coûts sont comprimés. BNP Paribas envisage de réaliser environ 108 millions d’euros d’économies dans sa banque d’investissement au quatrième trimestre. Cela ne laisse pas présager de bons bonus pour 2017.

Peuvent-ils se permettre de payer ? Oui. Les revenus de la banque de financement et d’investissement ont augmenté de près de 16% au cours des neuf premiers mois de 2017 par rapport à la même période de l’année précédente. Cependant, ils ont chuté de 35% en glissement annuel au troisième trimestre, un choc qui risque de décourager la générosité lorsque le pool de bonus sera décidé.

Qui mérite d’être payé chez BNP Paribas ? Tricumen suggère qu’il y a quelques secteurs d’activité chez BNP qui ont fait mieux performé que le marché (en termes de revenus) cette année. Ceux-ci comprennent : la titrisation, les taux, les dérivés actions et les prime services.

Credit Suisse : dans le meilleur des cas, le bonus sera faible

Qu’est-ce qui a été dit ? Dans une interview avec Bloomberg, le patron de Credit Suisse Tidjane Thiam a déclaré que ses banquiers devaient s’attendre cette année à un certain “équilibre”: « Vous ne devriez pas vous attendre à quelque chose de spectaculaire, mais d’équilibré. Ce ne sera pas une grosse augmentation par rapport à l’an dernier  ». Cet «’équilibre’ intervient alors que CS émerge de deux années de restructuration et continue de réduire les coûts de la banque d’investissement. L’optimisme semble néanmoins prévaloir : sur les neuf premiers mois de l’année, la rémunération moyenne globale chez Credit Suisse a chuté de 10% (à 160k CHF) contre 7% (à 290k CHF) pour la rémunération moyenne des divisions banque d’investissement et marchés de capitaux.

Peuvent-ils se permettre de payer ? Oui, ils peuvent. Les revenus dans la banque d’investissement et les marchés de capitaux ont augmenté de 140% au cours des neuf premiers mois de l’année par rapport à la même période de l’an dernier. Les revenus globaux de ces divisions ont quant à eux augmenté de 1 400% après une forte baisse l’an dernier.

Qui mérite d’être payé au Credit Suisse ? Tricumen suggère que seulement une poignée d’activités de Credit Suisse ont surperformé en termes de revenus au cours des neuf premiers mois de cette année. Ce sont les debt capital markets (prêts), la titrisation et le crédit.

Citi : peut se permettre de payer, mais ne le fera probablement pas

Qu’est-ce qui a été dit ? Rien. Citi n’a rien dit sur les bonus de cette année. Rien n’a filtré non plus sur les bonus en banque d’investissement.

Peuvent-ils se permettre de payer ? Oui, ils peuvent. Les revenus de la division clients institutionnels de Citi ont augmenté de 24% en glissement annuel au cours des neuf premiers mois et de 15% au troisième trimestre. Cependant, la banque d’investissement de Citi a l’un des ratios de coûts les plus bas de l’industrie et le CEO Mike Corbat a une réputation de parcimonie.

Qui mérite d’être payé chez Citi ? Dans la mesure où les bonus sont accordés pour la surperformance des revenus, Tricumen suggère que quelques activités seulement de la division banque d’investissement de Citi méritent d’être récompensées, à savoir les banquiers des activités DCM, ECM et M&A qui ont surperformé les autres.

Deutsche Bank : il se dit qu’elle va payer, mais les doutes sont permis

Qu’est-ce qui a été dit ? Après l’an dernier, lorsque les bonus liés à la performance ont quasiment disparu chez Deutsche Bank, LA question est de savoir ce qu’il adviendra des bonus pour 2017. En février dernier, le patron de la division CIB Marcus Schenck a promis un « retour à la normale » cette année. Cela devrait toujours être le cas. Au cours de la conférence investisseurs de la banque au troisième trimestre, le CFO James Von Moltke a déclaré que Deutsche était «très consciente de devoir rémunérer équitablement ses employés et les motiver». Et d’ajouter que «les décisions sont toujours en suspens pour cette année» et que les investisseurs devaient être conscients que le quatrième trimestre 2016 avait été marqué par la décision d’éliminer les bonus, sous-entendant ainsi que cela ne se répétera pas. Par la suite, le CEO de Deutsche, John Cryan, s’est plaint des règles de l’UE sur les bonus différés qui, selon lui, rendent la banque non compétitive. Étant donné que Deutsche a volontairement choisi de mettre en œuvre une version plus sévère que nécessaire de ces règles, avec des reports «cliff» de cinq ans pour les cadres seniors, il est possible qu’elle revoie son calendrier de versements.

Peuvent-ils se permettre de payer ? Pas vraiment. Les revenus de la division CIB de Deutsche ont baissé de 25% sur les neuf premiers mois de l’année. La banque allemande a beaucoup recruté (24 directors et managing directors de plus rien que pour sa division corporate finance aux U.S.), même si elle est restée discrète à ce sujet. Sa dernière recrue, Peter Selman, dirigera l’activité global equities, dont les revenus ont chuté de 18% au premier semestre 2017. Cette nomination si proche de la saison des bonus suggère que les traders actions pourraient être particulièrement déçus cette année. Plus généralement, il y a quelques signes inquiétants : le salaire moyen par tête dans la banque de financement et d’investissement de Deutsche a baissé de 7% (à 126 k€) au cours des neuf premiers mois de l’année par rapport à la même période de l’an dernier.

Qui mérite d’être payé chez Deutsche ? Personne à vrai dire. Selon Tricumen, quasiment toutes les activités de Deutsche Bank ont sous-performé le marché au cours des neuf premiers mois de l’année, exception faite des activités DCM et FX, qui ont fait jeu égal avec les concurrents.

Goldman Sachs : dépensera pour recruter en externe mais devrait récompenser le personnel existant

Qu’est-ce qui a été dit ? Au cours de la conférence téléphonique du troisième trimestre de Goldman, le CFO Marty Chavez a déclaré qu’il pourrait y avoir une « modeste pression à la hausse» sur la proportion des revenus que Goldman consacre à la rémunération du fait de recrutements externes. Par conséquent, le ratio de rémunération s’est établi à 41% au cours des neuf premiers mois, en hausse par rapport à 40% un an plus tôt, et le salaire par tête a augmenté de 3% pour atteindre 271.000 dollars.

Peuvent-ils se permettre de payer ? Oui, ils le peuvent : les revenus ont augmenté de 18% en glissement annuel au cours des neuf premiers mois de 2017 par rapport à 2016. Quant à savoir si Goldman voudra payer, c’est une autre question : avec des interrogations sur son business model, la firme est sous pression pour satisfaire ses actionnaires. Le nombre exceptionnel de promotions de managing directors cette année peut être considéré comme une tentative de récompenser le personnel à travers d’autres biais que la rémunération.

Qui mérite d’être payé chez Goldman Sachs ? Dubitatif au sujet de la performance de Goldman, Tricumen indique que plusieurs de ses activités ont surperformé en termes de revenus cette année, à savoir les activités DMC, trading taux, trading cash equity et principal investments.

J.P. Morgan : dépenses en technologie. La mauvaise performance de la banque d’investissement n’augure rien de bon…

Qu’est-ce qui a été dit ? Rien de particulier, mais au cours de l’appel téléphonique du troisième trimestre de J.P. Morgan, la CFO Marianne Lake a déclaré que la banque continuait d’investir à la fois dans les banquiers coverage et dans la technologie, suggérant que la rémunération pourrait donc être réduite. J.P. Morgan ne communique plus de rémunération par tête pour ses employés en banque d’investissement, mais au cours des neuf premiers mois de l’année, la rémunération combinée de la banque de financement et d’investissement a diminué de 1% (à 153k$).

Peuvent-ils se permettre de payer ? Oui, ils peuvent. Les bénéfices de la banque de financement et d’investissement de J.P. Morgan ont augmenté de 15% en glissement annuel au cours des neuf premiers mois, et les coûts ont chuté à 69% des revenus.

Qui mérite d’être payé chez J.P. Morgan ? Pratiquement personne. Selon Tricumen, seule l’activité prime brokerage de J.P. Morgan a surperformé le marché. Toutes les autres activités de banque d’investissement ont sous-performées ou fait jeu égal avec leurs concurrents.

Morgan Stanley : peut se permettre de payer, mais a une aversion historique à le faire

Qu’est-ce qui a été dit ? Rien, cependant, le CEO de Morgan Stanley, James Gorman, a une aversion historique pour les bonus, ayant déclaré que les banquiers étaient trop payés quand il est arrivé en 2012. Malgré tout, les dépenses de rémunération dans la division institutional securities de Morgan Stanley étaient en hausse de 9% sur les neuf premiers mois de l’année par rapport à la même période précédente, ce qui semble bien augurer de la suite.

Peuvent-ils se permettre de payer ? Absolument : les revenus ont augmenté de 25% sur un an au cours des trois premiers trimestres.

Qui mérite d’être payé chez Morgan Stanley ? Selon Tricumen, les banquiers ECM, DCM et les traders de taux, de crédit et de change ont tous surperformé le marché cette année.

UBS : des bonus en hausse dans la banque d’investissement

Qu’est-ce qui a été dit ? Dans les notes sur les résultats du troisième trimestre, UBS a déclaré que la rémunération à la performance en banque d’investissement avait été augmentée cette année. Néanmoins, la rémunération par tête est restée stable sur les neuf premiers mois (à 476 k CHF).

Peuvent-ils se permettre de payer ? En théorie, oui : les revenus ont augmenté de 72% au cours des trois premiers trimestres par rapport à 2016 grâce à des changements comptables, et tout de même de 15% sans la prise en compte de ce changement.

Qui mérite d’être payé chez UBS ? Selon Tricumen, les banquiers ECM, M&A et les traders dérivés d’actions ont tous surperformé.

Photo credit: Telescope by Rich Savage is licensed under CC BY 2.0.

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