Autrefois hyper-élitistes, les banques françaises évoluent vers plus de pragmatisme

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Autrefois hyper-élitistes, les banques françaises évoluent vers plus de pragmatisme

Les postes les plus élevés dans les banques françaises ont longtemps été dévolus aux diplômés des cursus d’élite, autrement dit des ‘Grandes Ecoles’. Une récente étude suggère que ce n’est désormais plus le cas, et bien au-delà de la banque, jusque dans l’industrie.

Des chercheurs de la Sorbonne et de Toulouse Business School ont interrogé 39 personnes en poste dans 26 multinationales françaises, dont plusieurs spécialistes des ressources humaines dans le secteur bancaire. Il y a peu encore, ils concluaient que les grands groupes français avaient une définition très spécifique du concept d’employés à fort potentiel, bien différente de celle de leurs homologues américains.

Selon cette étude, un employé à fort potentiel dans la culture d’entreprise française se définissait traditionnellement par deux choses : d’abord la nécessité de réussir des tests d’expertise ‘en contexte’, forcément au bénéfice de ceux qui avaient fait l’essentiel de leur carrière dans une seule et même entreprise ; mais aussi celle d’être issu de l’une de ces Grandes Ecoles instituées après la révolution.

En ce sens, il existait ce que les chercheurs décrivent comme une ‘double exclusion’ appliquée aux positions d’élite dans les entreprises françaises. La condition sine qua non pour accéder au sommet de l’échelle était d’avoir effectué la quasi-totalité de son parcours professionnel chez un seul employeur et d’avoir fréquenté un établissement d’élite du système éducatif français.

La plupart des employés des banques d’investissements françaises pourront le confirmer : les récriminations durent depuis des années face aux cohortes de managing directors en poste depuis toujours dans la même banque, et qui s’arrogent a priori la plus grosse part des bonus. « C’est un environnement de travail très hostile », commente un trader d’une banque française à Londres, pestant dans le style si caractéristique de la profession. « Ici, les gens qui restent sont extrêmement politiques ; ils ont leur propre ordre du jour, et ceux qui, comme moi, viennent de l’extérieur, avec juste envie de s’atteler à la tâche et de travailler, ont tendance à se lasser et à partir. »

L’étude suggère cependant une évolution de la culture, alors que les multinationales françaises commencent à s’aligner sur la pratique américaine du talent management. Les concepts d’élitisme de l’ère napoléonienne sont apparemment en passe d’être remplacés par ceux, plus pragmatiques, de l’excellence démontrée dans le poste, peu importe l’établissement fréquenté durant les études ou le nombre d’années passées chez un seul employeur. Les entreprises françaises adoptent même maintenant les techniques américaines, telles que l’évaluation objective des personnels à fort potentiel, indique l’étude.

Ce que confirme une spécialiste RH en banque, interrogée dans le cadre de cette étude : aujourd’hui, dit-elle, les banques françaises se cherchent « une nouvelle élite » pour les aider à maîtriser un environnement plus complexe. « Les attentes s’éloignent du statut atteint grâce à la fréquentation d’une école prestigieuse ».

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