Que sont devenus les prop’traders de BNP et SocGen ?

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Que sont devenus les prop’traders de BNP et SocGen ?

Nombreux sont ceux qui se sont fait recruter dans les hedge funds à Londres

« Les dirigeants de BNP ont achevé la liquidation d’Opera Trading Capital », a indiqué ce mardi une porte-parole de la structure citée par l’agence Bloomberg. Fermée en janvier dernier, la filiale de prop’trading de BNP Paribas avait enregistré sur l’exercice 2018 une perte de 30 M$ (26M€) et une chute de 91% de son PNB à 3 M€, soit son pire résultat depuis le début de ses opérations en 2015.

Cette fermeture – couplée à la liquidation presque simultanée de Descartes Trading, une unité similaire chez SocGen qui a perdu environ 18 M€ l’an dernier - met ainsi fin aux ambitions des banques françaises en matière de trading pour compte propre. Dès lors, que sont devenus les prop’traders qui y travaillaient ?

« Certains ont monté leur propre structure pour faire du trading pour compte propre en misant leur propre argent ou bien ont rejoint l’industrie des hedge funds », confirme un recruteur en finance parisien ayant préféré conserver l'anonymat. La plupart des traders d’Opera ont ainsi quitté la banque pour des postes dans des hedge funds comme Citadel, Brevan Howard, Capstone, H2O, Eisler ou bien encore Capula.

A titre d’exemple, Stéphane Liot a rejoint juste avant l’été Brevan Howard Asset Management à Londres en tant que directeur des opérations de trading en juin dernier. D’après son profil sur Linkedin, ce diplômé d’HEC a effectué l’intégralité de sa carrière chez BNP Paribas - soit plus de 18 ans- où il était depuis 2014 responsable mondial des stratégies prop’ alpha à Paris.

Le même mois, Mathieu Gaveau rejoignait le hedge fund Citadel à Londres comme senior portfolio manager en charge des macro-stratégies. Titulaire d’un MsC Finance à HEC Paris, il a été trader chez CACIB puis Commerzbank avant de rejoindre BNP Paribas en 2003 où il sera notamment responsable du trading taux Europe, puis Opera Trading Capital en 2015 comme senior porfolio manager en charge du trading taux Europe.

En mai dernier, c’est Christian Chabanel qui rejoignait Capstone Investment Advisors à Londres comme portfolio manager. Cet ingénieur diplômé de Polytechnique et de l’Ecole nationale les Ponts et Chaussées a travaillé plus de 12 ans comme trader chez BNP Paribas CIB avant de rejoindre brièvement Opera Trading Capital en octobre 2018 comme gestionnaire de portefeuilles.

Des profils très courtisés

Chez SocGen, alors que le plan de départs volontaires rencontre un vif succès, les collaborateurs chargés de la gestion extinctive (run-off) de certaines activités, dont ceux de la filiale pour compte propre Descartes Trading qui employait encore une dizaine de personnes en début d’année, pourront rester si besoin jusqu’au 31 décembre 2020 tandis que la date limite des départs a été fixée au 6 février 2020, selon les termes de l’accord.

Ce qui n’a pas empêché certains traders de quitter le navire et rejoindre par exemple le hedge fund quantitatif Qube dans le giron de Credit Suisse, quand d’autres ont carrément décidé de monter leur propre hedge fund, à l'image de Maxime Kahn qui, entre autres fonctions, a été jadis responsable mondial du prop'trading pour SGCIB et qui a lancé avec d'autres ex-banquiers de la SocGen le hedge fund One Eleven Capital.

Si les prop’traders de SocGen n’ont pas attendu le généreux plan de départs volontaires de la banque française, c’est qu’ils n'ont dans les faits guère l'embarras du choix pour se recycler. La raison de leur popularité n’est pas si difficile à comprendre. La majorité d'entre eux - francophones et diplômés de grandes écoles d'ingénieurs françaises - ont tendance à avoir un assez bon réseau dans le secteur financier. Et le fait qu’ils aient été poussés vers la sortie n’est en aucun cas une remise en cause de leur talent.

Car les profils ayant un track-record de money makers ne sont pas légion, et ceux possédant une expérience à grande échelle sont encore plus rares. L’équipe de traders seniors qui gérait le prop’ book de BNP Paribas le faisait depuis des années. Elle était composée d’une douzaine de personnes qui géraient un portefeuille de 3 milliards de dollars. Il est donc peu probable qu’ils aient passé beaucoup de temps à attendre nerveusement les appels des chasseurs de têtes.

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