L’installation de 1.500 financiers londoniens à Paris va-t-elle booster les salaires ?

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L’installation de 1.500 financiers londoniens à Paris va-t-elle booster les salaires ?

A l’occasion du Forum financier international organisé par Paris Europlace les 9 et 10 juillet, Augustin de Romanet, le président de l’organisme de promotion de la place de Paris, a fait un point sur le Brexit, rappelant qu’environ 1.500 financiers ont déjà quitté Londres pour la capitale française.

« Nous avons connaissance de près de 200 projets d’installations à Paris, en lien avec le Brexit. Cela représente 7 500 emplois, dont un peu plus 5 000 dans la finance. Un tiers des effectifs est d’ores et déjà installé dans la capitale », explique-t-il dans une interview au Figaro. Tous les secteurs financiers sont bien sûr concernés, et notamment celui de la banque d’investissement

Dans ce secteur, Bank of America Merrill Lynch semble avoir pris une sérieuse longueur d’avance sur ses concurrentes américaines en termes de transferts d’effectifs et de recrutements dans le sillage du Brexit. « C’était une bonne idée de leur part de commencer tôt avant le rush : ils ont été en mesure de sélectionner beaucoup de gens de qualité », explique Denis Marcadet, président de Vendôme Associés, cité par Bloomberg.

Et les arrivées vont continuer de se multiplier, la banque américaine souhaitant accueillir 200 banquiers supplémentaires d’ici la fin de l’année dans son nouveau bureau parisien  où 200 personnes étaient déjà installées fin mars. Dernier transfert emblématique de Londres vers Paris : celui de son chief risk officer Hubert Dhers.

Pas d’augmentations générales

Outre dynamiser la place financière parisienne, ces arrivées de banquiers auront-elles pour effet de booster les salaires et bonus en vigueur chez les banques d’investissement installées en France et amener ces dernières à revoir leurs grilles de rémunérations ? Nous avons posé la question à plusieurs recruteurs en finance.

« Certains établissements, à Paris, ont déjà revu leur politique de rémunération à la hausse en conséquence », confirme Denis Marcadet, sachant que les salaires à Paris sont généralement inférieurs de 30% (ou plus) à ceux de Londres. Par conséquent, ceux qui déménagent avec une réduction de salaire de 20% gagneront toujours plus que leurs homologues ayant toujours travaillé pour la banque à Paris.

De là à ce que les banques harmonisent leurs salaires sur celui des derniers arrivés, il y a encore de la marge. « Je ne constate pas d'effet Brexit sur les rémunérations dans les métiers de la banque d'investissement en France pour l’instant », indique dans nos colonnes Odile Couvert, dirigeante et fondatrice d'Amadeo Executive Search.

« Le Brexit impacte encore peu le niveau des rémunérations pour le moment », relève pour sa part Olivier Coustaing, associé chez Alexander Hughes basé Paris. « En revanche les britanniques quittent légitimement le pays pour des raisons d’austérité économique. Au-delà des aspects financiers, les enjeux d’attraction se situent aussi dans les perspectives offertes et la culture de l’entreprise ». 

« Si augmentation de salaires il y a, celles-ci se font au cas par cas, via des montages créatifs sur les hauts salaires, avec des bonus différés par exemple », nous confie un autre chasseur de têtes parisien.  « Pas question pour autant d’harmoniser les grilles de salaires : une augmentation générale pourrait déstabiliser toute l'organisation interne de la banque ». Il faudra donc bien plus que 1.500 financiers en provenance de Londres pour voir les salaires s'envoler...

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