Brexit : pourquoi les financiers de la City ne vont pas déménager de sitôt à Paris

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Brexit : pourquoi les financiers de la City ne vont pas déménager de sitôt à Paris

La City a encore un bel avenir...

Certains indicateurs laissent à penser qu’un Londres post-Brexit pourrait perdre une partie du marché des services financiers au profit de ses concurrents de l’UE, tels que Paris et Francfort. Mais un nouveau rapport de la Cass Business School (City University of London) affirme le contraire. Selon les chercheurs, exercer dans la City sera même synonyme d’avantages concurrentiels certains.

« Notre rapport suggère qu’après le Brexit, Londres restera un acteur clé du secteur international des services financiers et des marchés de capitaux », explique Barbara Casu Lukac, directrice du Centre for Banking Research de la Cass Business School et co-auteur du rapport. « Toutefois, certaines de ses opérations, capacités et marges seront affectées par l’incertitude réglementaire et politique à long terme qui accompagne le processus du Brexit ».

Le rapport s’intéresse à la façon dont les institutions financières pourront réagir face aux deux principaux domaines à risque liés au Brexit : l’incertitude politique et l’incertitude réglementaire. Il émet également plusieurs suggestions sur la façon de gérer ces risques. Pour ce faire, les chercheurs ont confronté leurs prévisions avec des chiffres tirés de l’industrie financière.

Londres ne manque pas d’atouts

En l’absence d’un accord commercial global sur les services financiers, ou même d’une indication claire sur ce qu’impliquerait cet accord, les institutions financières risquent de ne pas pouvoir remplacer le droit appelé « passporting rights » qui leur permettent aujourd’hui de fournir des services financiers transfrontaliers dans tous les pays de l’UE.

Dans ce contexte, les banques multinationales se retrouvent face à deux choix : le premier est la restructuration de l’entreprise, qui consiste à envoyer ses opérations et ses employés sur d’autres pôles financiers ; le deuxième est la délégation de gestion, qui permet à la banque de choisir une entité juridique dans l’UE pour le « passporting » et une structure de holding appelée IPU (Intermediate Parent Undertaking), tout en maintenant une entité à Londres exerçant d’autres activités.

Le rapport indique que le modèle de délégation de gestion est une alternative possible à la restructuration de l’entreprise grâce à sa flexibilité. Il minimiserait le risque d’une expertise amoindrie en termes de gestion de capital humain et réduirait les coûts liés au transfert de personnes et de fonctions, tout en évitant la perte d’un accès permanent au Royaume-Uni.

Ceux-ci incluent son fuseau horaire, qui lui permet de facilement faire des affaires avec l’Asie, les États-Unis et le Moyen-Orient ; son statut partagé avec New York de pôle commercial dominant en termes de taux de change et de taux d’intérêt ; la solidité des législations et réglementations locales ; l’excellente réputation mondiale des universités du Royaume-Uni enseignant le business et la finance ; et le niveau élevé d’intégration des marchés des capitaux.

Paris redouble d’efforts

« Paris est déjà, après Londres, la première place financière d'Europe pour les activités de marché des capitaux. Nous sommes très proches de la culture du marché des capitaux », a récemment déclaré Arnaud de Bresson, le délégué général de Paris Europlace, à l’agence Reuters. Dans le contexte d’incertitude persistante sur la sortie du Royaume-Uni de l’UE, l’organisme de promotion de la place financière de Paris poursuit et renforce son action de communication et de promotion internationale.

« L’objectif est de cibler davantage nos initiatives – Innovation financière et Fintech, Finance environnementale et durable, Financement des infrastructures – en mettant l’accent sur les pôles d’excellence de la Place de Paris, et de présenter le plus précisément possible l’intérêt des différentes mesures d’attractivité », précise le délégué général de Paris Europlace.

« Un appel d’offres est en cours pour sélectionner une agence de communication afin de nous accompagner dans cette nouvelle phase. ‎Une priorité sera accordée aux relations presse et à notre communication via les réseaux sociaux », poursuit Arnaud de Bresson qui interviendra au Financial Times Paris Banking and Finance Summit le 4 juin prochain à Paris.

Au-delà de ces actions ciblées, Paris Europlace International Financial Forum de New York le 15 avril et les prochaines Rencontres Financières Internationales de Paris Europlace les 9 et 10 juillet ont été et seront également l’occasion de communications ciblées de l’offre de la place de Paris dans le contexte du Brexit.

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