Pourquoi ce n’est pas le meilleur moment de devenir analyste sell-side en France…

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Pourquoi ce n’est pas le meilleur moment de devenir analyste sell-side en France…

La réduction des budgets alloués à la recherche n'aide pas vraiment...

CFA Institute a publié ce lundi les résultats de son rapport MiFID2 One year on sur la base d’une étude réalisée auprès d’environ 500 de ses membres (gérants de portefeuille et analystes financiers principalement) en Europe. L’objectif est d’évaluer l’impact de la directive MiFID II sur le coût, la qualité et la couverture de la recherche financière, un an après sa mise en place effective.

« La directive est plus contraignante pour les prestataires indépendants et les acteurs du "sell-side", ce qui se traduit par une diminution de la recherche, en particulier pour les actions de petites et moyennes capitalisations, et du nombre d’analystes côté "sell-side" », indique à ce sujet Rhodri Preece, CFA, directeur du département Industry Research du CFA Institute.

Depuis son entrée en vigueur, MiFID II entraîne des bouleversements pour les prestataires du secteur de la recherche financière. « La directive a apporté de la transparence et de la concurrence dans le secteur de la recherche financière. En revanche, les gérants d’actifs ont absorbé les coûts de la recherche, ce qui a considérablement réduit les budgets de recherche et modifie les conditions d’activité des prestataires du secteur de la recherche financière », explique Rhodri Preece.

Les prestataires indépendants n’ont pas tiré profit de MiFID II, car l’intensification de la concurrence exerce une pression sur les prestataires et réduit le nombre d’analystes côté « sell-side » : 57 % des personnes interrogées côté « buy-side » déclarent avoir effectué moins de recherches auprès de banques d’investissement qu’avant l’entrée en vigueur de la directive MiFID II.

Un métier sous tension

Les budgets de recherche ont été réduits, les plus grandes entreprises ayant procédé aux coupes budgétaires les plus importantes. La baisse moyenne des budgets de recherche est de 6,3%. Cependant cette baisse est plus importante au sein d’entreprises de taille supérieure : dans les entreprises gérant plus de 250 milliards d’euros d’actifs, la baisse moyenne des budgets est de 11% tandis que pour les entreprises gérant moins d’1 milliard d’euros d’actifs, l’impact sur le budget est négligeable.

La plupart des professionnels côté « buy-side » estiment que la qualité de la recherche n’a pas changé, mais les personnes interrogées côté « sell-side » sont généralement plus négatives : 44 % pensent que la qualité de la recherche a globalement diminué. Moins de 10 % des personnes interrogées, tant côté « buy-side » que « sell-side », estiment que la qualité de la recherche a augmenté.

Les personnes interrogées sont également préoccupées par la couverture de la recherche : 47 % côté « buy-side » et 53 % côté « sell-side » ont fait état d’une diminution de la couverture des actions de petites et moyennes capitalisations. Parmi les personnes interrogées côté « sell-side », 54 % estiment que le nombre d’analystes a diminué. Cela dit, 39 % des personnes interrogées considèrent que le marché de la recherche est plus concurrentiel, contre 25 % qui expriment l’opinion contraire.

La France pas épargnée

Qu’en est-il en France plus précisément ? Comme partout ailleurs en Europe - à l'exception de la Suisse - les budgets des investisseurs alloués à la recherche ont globalement reculé en Europe. Ce n’est donc pas le meilleur moment pour devenir analyste sell-side dans l’Hexagone. Car ce qui est certain, c'est que MiFID II impacte fortement, et à court terme négativement, la profession.

« Avec un phénomène d’éviction pour certains courtiers et une baisse de rentabilité pour la très grande majorité d’entre eux. Ce sont les gros asset managers qui déterminent les prix », rappelle Vally Colli, associée chez Vendôme Associés qui a récemment interrogé différents acteurs (analystes financiers, responsables de recherche en Equity et gérants) notamment sur l'impact de MifID2.

Avant même l'entrée en vigueur de la directive, nombreux étaient les professionnels qui se montraient inquiets. « Certains redoutent une diminution importante du volume de la recherche et un périmètre d’analyse financière plus limité, en particulier pour les petites et moyennes capitalisations », rappelait-on alors à l’époque chez CFA Institute France.

Menace ou… opportunité ?

Pourtant, à bien y regarder, l’arrivée de MIFID 2 peut parfois être une source d’opportunité pour d’autres métiers comme gérant ou vendeur actions. « Les organisations ont évolué visant pour certaines un renforcement des équipes de recherche interne », rappelle Corinne Orémus, directrice générale déléguée du cabinet Vendôme Associés. « Nous avons observé à cette occasion une demande accrue de compétence analytique fondamentale et des profils expérimentés d’analystes gérants ».

Cela a ainsi été le cas pour BNP Paribas qui, fin novembre, a décidé de renforcer les équipes de recherche d'Exane. « Nous considérons que Mifid II constitue la meilleure opportunité, depuis la crise financière, de recruter les acteurs les plus talentueux du marché et de les intégrer dans notre franchise », a déclaré à ce sujet Ben Spruntulis, responsable actions chez Exane.

Plus près de nous, à la mi-janvier 2019, la société indépendante de recherche, exécution et vente actions Redburn a annoncé l'expansion de son équipe de vente à Paris via le recrutement d’un ex-vendeur actions de chez Kepler Cheuvreux. D'autres recrutements devraient suivre rapidement, Redburn nous ayant confirmé vouloir élargir son équipe à Paris pour couvrir les actions françaises.

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