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Crédits structurés : les fameux CDO font leur retour chez BNP et SocGen

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Qui l’eut cru ? Dix ans après la crise financière de 2008, les collateralized debt obligation (CDO) font leur retour dans des grandes banques d’investissement comme BNP Paribas, Citigroup, Goldman Sachs,  J.P. Morgan ou bien encore Société Générale, selon le Wall Street Journal. Après des années de déclin, le marché des CDO semble avoir repris du poil de la bête. Ainsi, au premier trimestre 2017, ces produits structurés ont représenté une croissance annuelle de 2,6 milliards de dollars des revenus des divisions de trading dans les 12 principales banques d’investissement mondiales, rappelle Amrit Shahani, directeur de la recherche financière chez Coalition.

Dans un contexte de faibles revenus des activités de trading, cela constitue une aubaine pour les banques d’investissement qui créent et vendent des CDO. Ces produits structurés sont une activité de plus en plus importante. « Il y a eu une augmentation de l’intérêt pour tout ce qui permet d’accroître les rendements », confirme Kokou Agbo-Bloua, managing director chez SG CIB, cité par le WSJ. D’autant plus que ce ne sont pas les clients qui manquent : les compagnies d’assurance, les gérants d’actifs et les gestionnaires de fortune sont en quête de ces produits d’investissements aux rendements alléchants.

Des produits qui ont évolué

Accusés d’être responsables de la crise des subprimes, les CDO synthétiques et autres produits exotiques comme les ABS, RMBS CDS, ont longtemps eu « mauvaise presse ». Ce qui n’a pas empêché le marché des crédits structurés de fonctionner à plein régime, rappelle Renaud Champion, responsable des stratégies de crédit chez La Française Investment Solutions, cité lui aussi par le WSJ.

Les CDO synthétiques ont évolué depuis la crise des subprimes, s’accordent à dire les banquiers. Par exemple, la plupart sont plus courts, allant jusqu’à environ deux à trois ans au lieu de sept à dix ans, et sont indexés sur une large gamme de sociétés européennes et américaines. Surtout, il y a moins de banques impliquées dans l’échange de ces produits : BNP Paribas, Citigroup, Goldman Sachs, J.P. Morgan Chase et SocGen étant les principaux acteurs (et donc recruteurs de spécialistes de crédits structurés).

Enfin, la réglementation post-crise a obligé les banques à provisionner davantage de capital face à ces transactions. Conséquence : « Il y a beaucoup plus de réglementation et de contrôle et beaucoup moins d’effet de levier », explique Kokou Agbo-Bloua de chez SG CIB. Ce qui a encouragé les banques à répartir le risque entre les clients plutôt que de le conserver sur leurs propres books.

La méfiance reste de mise

Néanmoins, nombreux sont les investisseurs qui, aujourd’hui encore, considèrent ces produits comme inutilement complexes et difficiles à déboucler lorsque les marchés sont agités – comme ils ont pu l’expérimenter lors de la dernière crise. Ainsi, le montant des CDO européens en souffrance a de nouveau augmenté après des années de repli.

« Nous ne constatons pas de demande de ces produits auprès de nos clients et nous ne les recommandons pas », explique Markus Stadlmann, chief investment officer chez Lloyds Private Banking, évoquant des inquiétudes quant au manque de transparence et de liquidité des produits, rendant difficile le fait de liquider une position en cas de besoin.

Les professionnels eux-mêmes hésitent parfois à deux fois avant de recourir aux CDO. Et pour cause : « Leur réputation est si mauvaise qu’en cas de coup dur, le risque pour votre carrière professionnelle est bien plus important si vous êtes le responsable de l’achat d’un CDO synthétique que d’une obligation vanille », relève Ulf Erlandsson, gestionnaire de portefeuille chez le hedge funds Glacier Impact. La prudence reste donc de mise.


Crédits photo :Westend61 / gettyimages

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