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Journal d’un stagiaire en banque : « Ras-le-bol des remarques sibyllines des banquiers sur les offres d’emplois ! »

Gossip

Les stagiaires en banque me font penser à un groupe d’écoliers se rassemblant après un examen, échangeant des informations et retenant leur souffle comme s’ils avaient fait quelque chose de mal. Nous nous regroupons, en tâchant de sonder les vagues expressions affichées par les managing directors ou nos amis analysts qui pourraient révéler que l’on va décrocher une offre ferme d’emploi la semaine prochaine – ou pire : pas d’offre ferme d’emploi.

Nos supérieurs ont désormais tout le loisir de nous rendre fiers comme des coqs ou bien morts d’angoisse rien que par le biais d’un éloge discret qu’ils nous accordent. « Vous avez démontré ce qu’il faut pour être un analyst » est celui qui cause une excitation particulière, « Je pense que vous faites partie de la maison » suffit à nous faire précipiter dans les toilettes, tandis que « C’est ce que j’attends d’un stagiaire solide » nous convainc que nous faisons en effet partie des heureux élus.

En attendant, l’angoisse provient peut-être du fait qu’ils disent cela à tout le monde. La louange ne vaut rien si elle est omniprésente. Tout le monde n’obtiendra pas une offre. Pire encore, nous avons entendu des témoignages selon lesquels ces phrases étaient accompagnées d’un “MAIS”. Imaginez : « Je pense que vous faites partie des nôtres, MAIS Clive n’est pas convaincu ». Pire encore : « Si cela dépendait de moi, je vous prendrais MAIS Sarah préfère ceux qui maîtrisent Excel Macro ».

La réalité est qu’à ce stade, notre marge de manœuvre est relativement faible pour influencer positivement la décision, mais il est encore possible de tout faire capoter à la dernière minute, de sorte que la plupart des stagiaires se montrent sous leur meilleur jour. Le pire, cependant, ce sont les rumeurs. J’ai vu d’autres stagiaires qui me suivaient, essoufflés, s’écriant : « Lizzie de l’équipe énergie a déjà une offre ! ». C’est génial, nous contentons-nous de dire, à travers nos sourires figés, tellement contents pour elle. Secrètement, nous mourons intérieurement à petit feu en nous demandant comment elle a eu son offre avant tout le monde.

Autre catégorie de stagiaires : les geignards. Bien que n’ayant aucune preuve comme quoi ils n’ont pas réussi à décrocher un job à la fin du stage, toutes les excuses sont bonnes. Ils se plaignent qu’ils n’ont jamais eu l’occasion de briller, que leur analyst ne leur donne que du travail terne et insensé car ils veulent qu’ils échouent, que la banque a embauché trop de stagiaires dans leur groupe, qu’ils auraient dû accepter une offre de stage dans une autre banque. Ou bien encore qu’ils n’ont pas la bonne couleur de peau. La liste continue, mais c’est juste une litanie.

Cependant, la plupart d’entre nous reste stoïque car nous ne sommes pas désespérés pour une offre. Peut-être que la banque le sent et va faire tout son possible pour s’assurer que nous acceptions un emploi chez elle plutôt que dans une banque rivale, une société conseil ou de private equity. D’autant plus que nous sommes tous basés en Europe, que nous n’avons pas besoin d’un visa pour rester au Royaume-Uni, que nous sommes polyglottes et que nous préparons un Master.

J’ai travaillé non-stop pendant les neuf dernières semaines, ma vie a littéralement été consommée par mon travail et j’ai à peine vu le soleil ou ma famille tout au long de l’été. Mais, pour dire vrai, je suis très triste de devoir dire adieu à mes nouveaux amis et au poste que je commençais par apprécier. La semaine prochaine, je saurai si je reviendrai pour un job à plein temps en 2018.

James Roberts est le pseudonyme d’un stagiaire d’été, intégré à un desk M&A dans une grande banque d’investissement à Londres. Il partagera ici chaque semaine ses impressions à propos de son stage.


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