☰ Menu eFinancialCareers

Brexit : la place financière de Francfort en train de damer le pion à celle de Paris ?

543197184

Au lendemain du vote en faveur du Brexit, Paris semblait être la mieux placée pour devenir la principale place financière d’Europe continentale. Un an plus tard, dans les faits, il en va tout autrement, et ce malgré les efforts des acteurs de la place pour promouvoir celle-ci. Dans la course visant à attirer les établissements financiers et les talents de la City, Francfort a en effet pris une sérieuse longueur d’avance sur Paris.

A commencer par les grandes banques d’investissements comme JPMorgan, UBS, Morgan Stanley qui toutes envisagent de transférer des banquiers vers Francfort. Sans oublier Goldman Sachs qui compte « très probablement » y doubler ses effectifs (soit 200 personnes) aux dires de son patron européen Richard Gnodde, cité dans le Frankfurter Allgemeine Zeitung. Ou bien encore Deutsche Bank qui s’apprête à rapatrier une grande partie des opérations de trading et de banque d’investissement actuellement traitées depuis Londres

Dorénavant, pratiquement plus une semaine ne se passe sans que l’on apprenne l’arrivée d’un nouvel acteur dans la ville de Goethe. Ce lundi, c’était la troisième banque japonaise Sumitomo Mitsui Financial Group (SMFG) qui annonçait la création d’une filiale bancaire à Francfort, comme l’avaient fait quelques jours plus tôt trois autres banques asiatiques (Woori, Nomura et Daiwa).

« Les patrons de banques en visite ici, surtout les Asiatiques, sont impressionnés par la variété des compétences développées en dehors de la branche financière, entre la high-tech, l’informatique, la santé et la chimie », confie à l’AFP Eric Menges, directeur de la GmbH FrankfurtRheinMain, une société locale qui rencontre les acteurs financiers étrangers et répond à leurs sollicitations. « Quand d’autres villes font valoir des points forts précis, par exemple la fiscalité, Francfort séduit en présentant un profil d’ensemble concluant ».

A méditer pour les promoteurs de la place de Paris, d’autant plus que l’exode des banques de la City vers Francfort n’en est qu’à ses débuts. Hubertus Väth, directeur de l’initiative francfortoise Frankfurt Main Finance, a déclaré à l’AFP qu’il s’attendait à ce qu’ « au minimum une douzaine de banques se décident cette année pour Francfort », qui semble ainsi confirmer son ambition de rivaliser avec la City en tant que place financière majeure en Europe.

Francfort ne craint pas Paris

En tout, ce sont quelques milliers de banquiers de la City qui pourraient venir s’installer à Francfort « Pas de quoi fouetter un chat », selon l’Association des banques étrangères en Allemagne, citée par Bloomberg. En effet, Francfort n’a pas la densité nécessaire pour rivaliser avec Londres, que ce soit dans l’assurance, la réassurance, la gestion d’actifs, les services juridiques, le trade finance et bien d’autres secteurs encore, comme le fait remarquer Michael Mainelli, cofondateur du Z/Yen Group, le think tank qui effectue le classement des principales places financières.

Si l’hégémonie de la City comme place financière est donc assurée, le sort de la capitale française semble plus préoccupant. Car quand bien même Paris continue de mettre en avant son patrimoine culturel – quitte à pratiquer parfois l’ironie du style « à quand remonte votre dernier week-end à Francfort ? » – rien ne semble ébranler l’attractivité de la ville allemande. ‘Francfort n’est pas un endroit désagréable à vivre. C’est un peu ennuyeux, un peu terne, mais  après tout, beaucoup de banquiers le sont aussi », rappelle Michael Mainelli. Vous voici prévenus.

Opération « dernière chance » ?

Il est donc urgentissime que Paris, distancé par Francfort, passe la vitesse supérieure, sachant qu’à ce jour, seule HSBC a annoncé le transfert de près d’un millier de postes. « Francfort a pris de l’avance, c’est absolument évident. Emmanuel Macron a été élu. Il y a une nouvelle majorité. Il y a beaucoup de projets qui sont en train d’être mis en œuvre et qui vont rattraper le retard sur Francfort, j’en suis convaincu », a récemment déclaré sur l’AgefiTV le ministre de l’Economie et des finances Bruno Le Maire.

Avant d’ajouter : « Cela dépendra des mesures que nous prendrons sur le coût du travail, sur la fiscalité, sur le droit du travail, sur l’accueil des impatriés et de leurs enfants », a-t-il ajouté, tout en rappelant que « la finance, c’est près de 800.000 emplois en France et il y a des possibilités de développement qui se chiffrent en milliers d’emplois pour notre pays. Il faut foncer ! », entonne le ministre qui s’est par ailleurs rendu à New York afin de vanter les mérites de la France et de Paris auprès des patrons de grandes institutions financières américaines.

Indéniablement, l’événement le plus attendu sera le Paris EUROPLACE International Financial Forum 2017, où le premier ministre Édouard Philippe devrait prononcer mardi prochain une série d’annonces chocs sur le thème de l’attractivité de la place financière parisienne. A suivre de près donc… d’autant plus que d’autres places financières européennes comme Dublin ou Luxembourg sont en embuscade et ne feront pas de cadeaux à la place parisienne, sachant que des milliers d’emplois en finance sont en jeu.


Crédit photo : gerenme / gettyimages

commentaires (1)

Comments
  1. Pingback: INTERVIEW : « De nombreuses banques vont renforcer leurs équipes à F!

Votre commentaire est en attente de modération. Il apparaîtra sur le site une fois validé

Réagissez

Pseudo

Adresse e-mail

Consultez notre règlement concernant notre communauté ici