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« Les activités compliance auraient le plus à gagner du retour des banques étrangères en France, notamment sur la partie BFI et gestion d’actifs »

Mélanie Torda, Manager, métiers de la banque, Walters People France

Mélanie Torda, Manager, métiers de la banque, Walters People France

Quel serait l’impact du potentiel retour des banques internationales en France sur les métiers de la finance ? Pour le savoir, nous avons interviewé Mélanie Torda qui a commencé sa carrière dans le service Ressources Humaines d’une grande banque internationale avant de rejoindre Walters People comme consultante en recrutement, spécialisée dans les métiers de la banque, jusqu’à devenir en 2017 manager d’une des équipes travaillant sur les postes bancaires.

Depuis le vote en faveur du Brexit, avez-vous déjà été sollicité par des candidats en poste dans des banques à Londres ? Si oui, quel est le profil de ces candidats ?

Sur les six derniers mois, nous avons été contactés par plusieurs candidats actuellement en poste en Banque à Londres, souhaitant se relocaliser à Paris. Pour la plupart, il s’agit de Français souhaitant revenir en France à la suite du Brexit. Ils occupent principalement des fonctions de Middle Officer ou Assistant Front-Office en Banque de Financement et d’Investissement (BFI).

Qui dit retour en France de banques étrangères dit systématiquement recrutements sur place ? (ex: en cas de doublon ne peut-on pas craindre des suppressions de postes ? )

A ce jour, aucune banque, hormis HSBC qui a annoncé le transfert de 1.000 banquiers, ne s’est prononcée de manière précise sur un transfert d’équipe ou un transfert d’activité. Nous sommes toujours dans une situation de grande incertitude; les négociations concernant la sortie de l’Europe viennent de commencer et n’aboutiront pas avant 2019, donc le processus est lent et les conséquences concrètes de celui-ci encore floues.

Deux possibilités s’offrent aux banques voulant transférer des activités en France : soit un transfert réel d’équipes (dans ce cas là il y a effectivement un risque de doublon entre les équipes et donc de suppressions de postes), soit une externalisation de certaines fonctions sans transfert d’équipe (dans ce cas là, nous verrons de réelles opportunités d’ouvertures de postes).

Peu de banques (hormis HSBC et dans une moindre mesure Goldman Sachs ) ont annoncé vouloir revenir en France, contrairement à Francfort où l’on en recense déjà une bonne dizaine. Pourquoi selon vous ? Comment y remédier ?

Le constat est clair, Francfort et Dublin sont plus attractives que Paris (JPMorgan hésiterait entre Francfort et Dublin, UBS et Credit Suisse iraient vers Dublin. A ce jour seul HSBC s’est réellement positionné, à Paris). Dublin jouit de nombreux atouts : la langue, l’environnement fiscal et une législation relative au travail proches de l’Angleterre. Francfort bénéficie quant à elle de la symbolique forte de la présence du siège de la BCE.

A contrario, Paris souffre de quelques handicaps : le niveau d’anglais des Français est considéré comme médiocre, le système juridique et fiscal instable (surtout en année électorale) et le marché du travail peu flexible (notamment du fait des difficultés autour du licenciement).

Cependant, quelques points positifs sont à souligner pour Paris : la France est reconnue pour sa capacité à former de très bons profils spécialisés sur les marchés financiers (professionnels qui sont souvent d’ailleurs envoyés à Londres ou dans d’autres places boursières pour leur expertise métier). L’image d’Emmanuel Macron (ancien banquier) rassure. Il a su affirmer sa volonté de faire de Paris une place financière importante.

La solution pour Paris serait de donner des signes convaincants en matière de diminution du coût du travail et de simplification de la législation en matière d’emploi pour un marché du travail plus flexible.

Quelles activités et quels métiers auraient le plus à gagner du retour de banques étrangères en France ?

Nous ne pouvons faire qu’une réponse très hypothétique car nous avons à ce jour très peu d’informations sur les activités réellement transférées. Néanmoins, on peut imaginer que les activités de régulations, de contrôles et compliance auraient le plus à gagner du retour des banques étrangères en France, notamment sur la partie BFI et gestion d’actifs.


Crédit Photo : Walters People

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