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Le point sur les prévisions de recrutements des grandes banques d’investissement au niveau mondial

Banks hiring

Cette période de l’année est généralement celle où les grandes banques communiquent sur leurs plans stratégiques de recrutement. Sauf que cela ne semble pas être le cas pour 2017. Il faut dire que le manque de visibilité dû au Brexit et aux élections en Europe et notamment en France ne facilite pas les choses.

Néanmoins, à l’occasion des récentes publications de résultats du premier trimestre (BNP ayant publié les siens hier et SocGen les siens aujourd’hui), les dirigeants des banques ont fourni quelques indications quant à leurs intentions de recrutement sur les six prochains mois. Nous avons décidé de les compiler ci-dessous afin de savoir à quoi vous attendre, banque par banque :

Bank of America : “réalise beaucoup d’investissements” sur les marchés mondiaux, mais rien de concret dans le pipeline

Le CFO de Bank of America, Paul Donofrio, a indiqué que la banque a procédé à de ‘nombreux investissements’ sur l’activité Global Markets, notamment à travers les métiers ‘equity’ et ‘macro’. Cependant, ce sont les activités de trading credit de BoA qui ont vraiment boosté ses résultats fixed income au premier trimestre. Mais la banque n’a pas mentionné d’investissements supplémentaires.

Paul Donofrio a souligné que le succès de la banque dans le trading venait du fait qu’elle proposait tous les produits à tous les clients sur tous les marchés. Une stratégie bien différente donc de celle de Barclays qui s’est spécialisée dans des zones géographiques bien précises.

Barclays : 2.000 nouveaux emplois technos au UK au cours des trois prochaines années

Barclays a fait les gros titres des médias anglo-saxons en annonçant qu’elle allait embaucher 2.000 personnes dans la technologie au Royaume-Uni d’ici la mi-2020, sachant que 750 ont déjà été recrutées. Mais n’allez pas imaginer que tous ces professionnels IT vont se retrouver avec les traders à Londres. Le CEO de la banque Jes Staley a indiqué que les 750 nouvelles recrues seraient basées dans les centres technologiques de la banque à Radbroke, Northampton et Glasgow.

Plus largement, l’activité fixed income de Barclays n’a pas bien performé au premier trimestre. Jes Staley s’est déclaré ‘déçu’ par la performance du desk taux aux États-Unis, ce qui sous-entend que Barclays pourrait recruter de meilleurs traders (même si le patron de la banque n’a rien dit à ce sujet).

BNP Paribas : Bonne performance des activités de marché, renforcement  de la banque d’investissement en Europe du Nord

Les métiers de CIB réalisent un excellent trimestre, en fort rebond (+20%) par rapport au premier trimestre 2016 qui avait connu un contexte de marché peu favorable. La banque française fait mieux que toutes ses concurrentes dans le monde et conforte ainsi son statut de BFI la plus à même d’attirer les meilleurs traders d’Europe.

Pas dit néanmoins que cela se traduise par des recrutements significatifs, BNP devant faire face à la hausse des coûts de conformité et de contrôle. A plus long terme, le plan Stratégie 2020 qui prévoit une croissance annuelle des revenus dans la division CIB de 4,5% d’ici à 2020 pourrait augurer de nouveaux recrutements, même si les dirigeants de la banque n’ont pas fait de commentaires à ce sujet.

Tout au plus sait-on que BNP entend renforcer sa banque d’investissement en Europe du Nord en augmentant le nombre de ses clients corporates en Allemagne, au Royaume-Uni et dans les pays scandinaves, avec un objectif chiffré : 350 nouveaux clients corporates d’ici 2020.

Citigroup : Pas de plan d’envergure, mais les investissements précédents (et les recrutements) dans les métiers actions sont en cours de réalisation

Citi a passé une grande partie de 2016 à reconstruire sa franchise actions. Murray Roos et Dan Keegan ont été nommés responsables mondiaux actions en mai dernier et Armando Diaz a été débauché de Millennium pour diriger les activités trading cash actions au niveau mondial. Murray Roos, qui a rejoint la banque en 2015, a également procédé à une succession d’embauches avant et après sa promotion.

Le CFO de Citi, John Gerspach, a déclaré que cet investissement dans les actions apporte désormais des résultats, ce qui suggère que la restructuration des métiers actions de Citi est probablement terminée. Moins prometteur, John Gerspach et le CEO Michael Corbat sont revenus sur l’excellente performance de Citi dans les marchés ECM et DCM au premier trimestre, rappelant que ces revenus ne pouvaient qu’être bons en comparaison de ceux de 2016 où le premier trimestre avait été très mauvais. Ne vous attendez donc pas à des recrutements dans ces activités.

Credit Suisse : dumping sur les sous-traitants, protection du personnel à temps plein, recrutement en compliance, ‘redimensionnement’ dans les ventes et le trading

Credit Suisse est en train de réduire les coûts annuels dans sa division Global Markets qui sont passés de 5,3 à 4,8 milliards de dollars sur un an. Malgré cela, la banque a recruté 70 personnes dans l’activité Global Markets au premier trimestre et 120 autres dans sa division banque d’investissement et marchés de capitaux au cours de la même période.

Le CEO du Credit Suisse, Tidjane Thiam, a indiqué que la banque continuait de réduire sa «base de coûts fixes», mais que son intention première était de réduire les sous-traitants et autres consultants tout en ‘protégeant les employés à temps plein’ autant que possible, sa philosophie consistant à ‘essayer de minimiser les pertes d’emplois’. Tidjane Thiam a également déclaré qu’au cours des deux dernières années, la banque a ‘presque doublé’ le nombre de ses effectifs dans la fonction compliance.

Compliance mise à part, les recrutements sont donc peu probables chez la banque suisse. Tidjane Thiam a déclaré qu’il était ‘prudent à court terme’ et que les ‘incertitudes politiques’ avaient pesé sur le volume des clients le mois dernier. Plus grave, il est possible qu’il y ait encore des compressions dans le fixed income et le trading actions. Tidjane Thiam a déclaré que l’activité actions a un “problème de redimensionnement”, tout comme le fixed income car ‘l’environnement des taux a changé’ et que la baisse des revenus en Asie semblaient être ‘devenue la norme’.

Enfin, Tidjane Thiam a déclaré que les licenciements sur les Global Markets ont été effectués sur la base d’un examen détaillé de chaque activité en fonction des rendements. Il a ajouté que Credit Suisse devait affecter plus efficacement le capital : les opportunités de générer des rendements de 50% à 80% sont rares, en raison des problèmes d’allocation de capital.

Deutsche Bank : recrutements dans la compliance, ‘internalisation’ des sous-traitants, regret de la décision de s’être retiré des opérations de titrisation aux États-Unis.

Deutsche Bank continue de mettre en œuvre sa nouvelle stratégie, annoncée en mars, en mettant l’accent sur les corporates plutôt que sur les clients institutionnels. Elle veut «approfondir» cette année les relations dans les M&A et l’Equity Capital Market et reprendre des parts de marché dans les ventes et le trading actions.

Peu de choses ont été dites lors de la présentation des résultats du premier trimestre. Le CEO John Cryan s’est contenté de déclarer que Deutsche avait procédé à près de 370 recrutements dans la conformité et la criminalité financière, et “internalisé” (c’est-à-dire converti en membres du personnel à temps plein) 200 sous-traitants. L’internalisation devrait encore croître.

Le CFO de Deutsche, Marcus Schenck, a déclaré que la banque allemande a souffert de sa décision de retirer du marché des opérations de titrisation des États-Unis, qui a connu un excellent trimestre. Il a également déclaré que le mois d’avril avait été plus faible que le mois de mars – et plus inquiétant – plus faible que le moins d’avril 2016. Cela dit, des rumeurs font état de recrutements, ce qui attire de nouveaux employés avec des bonus garantis.

Goldman Sachs : capacité d’adaptation, ‘le niveau de dépenses’ n’étant jamais parfait, ‘discipline constante’ sur les dépenses

Goldman Sachs n’a pas eu un excellent trimestre au cours du premier trimestre 2017. Elle a licencié 300 personnes sur la période après avoir annoncé des réductions de 900 millions de dollars l’an dernier, et la nouvelle CFO, Marty Chavez, a indiqué qu’il y avait encore 400 millions de dollars à venir.

Les analystes ont demandé si Goldman avait l’intention de réduire les coûts et les effectifs suite à cette mauvaise performance. Marty Chavez a répondu que la banque avait déjà procédé à des ajustements depuis fin 2012, mais qu’elle avait une ‘discipline constante’ pour examiner les dépenses inadéquates. Elle a ajouté que Goldman a une ‘formidable capacité’ à servir les clients au fur et à mesure que les niveaux d’activité s’améliorent et que les clients reconnaissent cela. Goldman table donc sur une amélioration de la conjoncture et se dit prête à cela compte tenu de sa taille actuelle.

J.P. Morgan : Attendez-vous à des recrutements en technologie. La réduction des coûts est terminée et des embauches constatées au Moyen-Orient

J.P. Morgan n’a pas non plus beaucoup parlé de recrutements lors de la présentation de ses résultats du premier trimestre. Cependant, comme nous l’avons déjà noté, la réduction des coûts dans la BFI est terminée et la banque se concentre sur les embauches technologiques, en particulier dans la cybersécurité. Par ailleurs, Daniel Pinto, le CEO de la banque d’investissement, a déclaré que J.P.M prévoyait de recruter 200 employés au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, dont certains en banque d’investissement.

En termes de chiffre d’affaires, J.P. Morgan a connu un excellent premier trimestre sur les activités ECM et DCM, un peu moins dans les M&A. Cependant, aucun recrutement n’est à prévoir. La CFO Marianne Lake a déclaré que si pendant l’année 2016 les M&A étaient ‘particulièrement fortes’ et les marchés des capitaux “faibles”, les deux activités se sont “normalisées” au cours du premier trimestre.

Morgan Stanley : toujours en plein projet de rationalisation, aucune mention de nouveaux recrutements dans le fixed income. Le CFO de Morgan Stanley, Jonathan Pruzan, a déclaré que la banque procédait toujours aux ‘quelques 200 initiatives de réduction de dépenses’ associées à son projet de rationalisation lancé mi-2016. Il s’agit notamment de l’utilisation de ‘l’automatisation des processus robotisés’ pour consolider le support technique et réduire les data centers nord-américains.

En banque d’investissement, Jonathan Pruzan a fait écho à Citi en suggérant que l’excellent premier trimestre sur les marchés de capitaux pourrait ne pas durer du fait des élections européennes et de l’incertitude des politiques, qui, selon lui, pourraient affecter les ‘opportunités d’émissions’. Et bien que Morgan Stanley ait eu un premier trimestre exceptionnel dans les ventes et le trading fixed income, son CEO James Gorman n’a rien dit au sujet de l’augmentation des effectifs (après que Morgan Stanley ait réduit de 25% ses vendeurs et traders fixed income fin 2015). Il s’est contenté d’indiquer que le plan consistait à ‘continuer de gérer nos dépenses dans les activités où nous le pouvons, et prendre des parts de marché dans les activités où nous sommes présents’.

SocGen : bonnes performances de la banque d’investissement et des activités de marché mais pas d’annonces de recrutements

Plombée au premier trimestre par un litige avec la Libye, la banque française a dégagé au premier trimestre un bénéfice net en recul de 19,2%. Mais son produit net bancaire (PNB) a progressé de 4,8% à 6,47 milliards d’euros, grâce aux activités de marchés (obligataires, d’actions et de devises), dopées par “l’effet Trump”.

Alors qu’en 2016, SocGen avait mieux résisté dans la banque de financement que d’investissement, il semble que ce soit l’inverse ce premier trimestre. Il faut dire que les traders fixed income de SocGen s’en sont plutôt bien sortis en réussissant à augmenter leurs revenus plus que leurs concurrents dans la plupart des autres banques, y compris les banques américaines qui dominent le marché. Pas sûr néanmoins que cela se traduise par des recrutements supplémentaires, les dirigeants de la banque n’ayant pas fait de commentaires à ce sujet.

UBS : strictement aucune embauche dans le trading credit aux États-Unis

UBS avait déjà indiqué son intention d’embaucher au compte-goutte des banquiers d’investissement seniors, et de développer son activité actions US. Toutefois, aucune mention de recrutement n’a été faite par les dirigeants de la banque, ces derniers s’étant contentés d’analyser la performance de la banque au premier trimestre.

Son CEO Sergio Ermotti a même démenti avec véhémence les rumeurs selon lesquelles la banque suisse était en train de reconstruire ses activités de trading credit aux États-Unis. Si consolidation d’activité il doit y avoir, ce sera sans doute dans la gestion de fortune en Asie-Pacifique, qui, selon la banque, “générera une croissance convaincante à l’avenir”.


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