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Paris suffisamment ‘british friendly’ pour attirer les financiers de la City ?

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Vous êtes un financier français expatrié à la City et craignez d’avoir la nostalgie de Londres dans l’hypothèse d’un retour à Paris dans le sillage du Brexit ? Vous aimeriez convaincre certains de vos collègues londoniens de franchir comme vous le pas ? Mais comment y parvenir, surtout s’ils ne sont pas français… Peut-on vivre à Paris à l’heure londonienne ?

Pour commencer, tout le monde s’accorde à dire que Paris figure dans la short-list des capitales européennes susceptibles de rapatrier un certain nombre d’activités financières basées à Londres. Sauf que dans les faits, hormis HSBC pour des raisons historiques, et dans une moindre mesure Goldman Sachs, aucun grand établissement financier de la City n’a encore émis le souhait de s’installer à Paris.

Plus inquiétant, le Loyd’s of London vient de choisir Bruxelles comme port d’attache dans l’UE de sa future filiale européenne. Et ce malgré que « du fait du Brexit, la France soit devenue de facto le premier marché de l’assurance dans l’Union européenne », rappelait Bernard Spitz, président de la Fédération Française de l’Assurance (FFA) lors d’une conférence-débat sur le thème du Brexit organisé par le Centre des professions financières le jour même du déclenchement de l’article 50 par Theresa May. « Renseignement pris, ce serait pour des raisons liées aux risques politiques. Prétexte ou non ? », s’interroge Bernard Spitz.

Des apparences souvent trompeuses

Ce qui est certain, c’est que les financiers de la City ont une perception très négative du droit du travail et de la fiscalité. Parfois à tort. « Le poids de la fiscalité française est similaire à celui de nos concurrents européens », rappelle Arnaud de Bresson, délégué général de Paris Europlace. « En France, les taux d’imposition sur les sociétés, nominal et implicite, sont similaires à ceux de ses concurrents d’Europe Continentale, notamment l’Allemagne ».

Côté salaires, là aussi, contrairement aux apparences, Paris est en mesure de rivaliser avec ses concurrents européens. Ainsi, pour un individu ayant un revenu annuel de 300.000 euros, le taux effectif d’impôt sur le revenu en France est de 24% sous le régime d’impatriation (38% hors de ce régime) contre 38% en Allemagne par exemple. Enfin, la poursuite de la dépréciation de la Livre Sterling, si elle avait lieu, pourrait remettre en cause l’intérêt des expatriés à rester en Grande-Bretagne.

Quoiqu’il en soit, Paris entend bien améliorer son image en matière fiscale et juridique. Paris Europlace a d’ailleurs à ce sujet formulé 7 propositions  aux candidats à l’élection présidentielle 2017. Quant à l’Association des professionnels de marchés financiers (Amafi), elle a récemment publié une lettre ouverte aux candidats où figurent 16 propositions concernant notamment le droit du travail et la fiscalité. Reste à savoir ci ces efforts seront suivis des faits…

Des obstacles d’ordre culturel ?

« Les aspects réglementaires et fiscaux peuvent être modifiés rapidement, cela ne tient au final qu’à la bonne volonté du législateur et des politiques », fait remarquer un participant en marge de la conférence sur le Brexit. « Par contre, pour ce qui est des aspects culturels, comme par exemple une bonne maîtrise de l’anglais par l’ensemble de la population, cela sera beaucoup plus long et difficile ».

Car comme chacun sait, les Français ne brillent pas pour leur maîtrise des langues étrangères en général, et de l’Anglais en particulier. D’où la nécessité de faire des efforts dans ce domaine. La Région Ile-de-France souhaite ainsi mettre en place des plans de formations en anglais et accroître l’offre de lycées internationaux.

Même le législateur s’y met : pour mieux accueillir les établissements britanniques désireux de s’établir sur le territoire français, l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) et l’Autorité des marchés financiers (AMF) ont décidé de simplifier et accélérer les procédures d’agrément.

« Les établissements demandeurs se verront affecter un chargé de dossier référent anglophone, qui pilotera la procédure et pourra apporter, en amont même du dépôt du dossier d’agrément, tous les conseils et informations nécessaires pour assurer un traitement optimal », expliquent les deux organismes dans un communiqué commun.

Vivre à Paris…. à l’heure anglaise

Tout le monde connaît le tube de Sting, Englishman In New York, mais qu’en est-il des sujets de sa Majesté à Paris ? Comment nos compatriotes britanniques sont-ils accueillis dans la capitale française ? Dès leur arrivée on ne saurait que trop leur conseiller d’aller faire un saut à l’ambassade du Royaume-Uni en France dont le service des visas répond à la demande de ressortissants britanniques et étrangers.

Saluons au passage l’initiative de Business France, l’agence nationale chargée du développement des exportations et des investissements internationaux en France, qui a récemment lancé le portail Welcome to France – Helping you to settle in qui a pour mission de guider les talents étrangers et leur famille, en mobilité professionnelle, dans leurs principales démarches d’expatriation en France, et ce aussi bien dans la langue de Molière que celle de Shakespeare.

Côté networking, la Chambre de commerce franco britannique organise régulièrement des événements sur des thèmes d’actualité (comme par exemple le Brexit !). Le British Council qui est ’agence britannique internationale dédiée aux domaines de l’éducation et des relations culturelles, a lui aussi pignon sur rue à Paris. Enfin, il existe des réseaux d’expatriés anglais à Paris (ex : expat.com), idéal pour faire des rencontres.

Pour la vie de tous les jours, Paris regorge d’adresses 100% british : alimentation (Marks & Spencer), mode et décoration (Paul Smith, Burberry, Laura Ashley…), librairies (WH Smith, Shakespeare & Co, Village Voice…), salons de thés (Rose Bakery, Bread & Roses, The Tea Caddy…). Sans oublier la présence de très nombreux “pubs” (The Frog & Rosbif, The Bombardier, The Bowler…), passage obligé des financiers à la sortie des bureaux de la City, qui pourrait finir par convaincre les plus récalcitrants de préférer Paris aux autres places financières. Cheers ! (Santé !).


Crédits photo : vladans / gettyimages

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