☰ Menu eFinancialCareers

Brexit : le bilan estival des transferts des banques de la City vers l’UE et l’impact sur l’emploi en finance

618667792

L’été n’est pas terminé mais les annonces concernant les transferts d’équipes post-Brexit de la City de Londres vers les places financières de l’UE se sont multipliées pendant la période estivale. Quelles sont donc les places financières européennes gagnantes ? Pour le savoir, nous avons dressé la liste (qui sera régulièrement mise à jour) des annonces – officielles ou pas – de ces derniers mois ainsi que de l’impact de ces transferts sur l’emploi (quand il est connu). N’hésitez d’ailleurs pas à nous faire part des transferts dont vous auriez eu vent dans notre rubrique commentaires en bas de l’article.

Le premier constat qui s’impose est que désormais, Francfort a pris une sérieuse longueur d’avance, notamment concernant le transfert d’équipes de vente et de trading de grandes banques d’investissement américaines  (Citigrpup, Goldman Sachs, Morgan Stanley). Le Luxembourg pourrait être l’autre grand gagnant du Brexit, d’après une étude menée par KPMG. A noter que le Grand-Duché est particulièrement prisé des assureurs britanniques.

De son côté, Paris peine encore à attirer les banques de la City, mais la capitale française n’a pas dit son dernier mot et entend bien profiter de nouvelles mesures d’incitation fiscale pour reprendre du poil de la bête. D’autant plus que rien n’est gravé dans le marbre. Ainsi, Bank of America hésite encore entre…. Paris et Francfort. Son responsable equity, Fabrizio Gallo, privilégie Francfort comme futur hub de trading de la banque tandis que ses collègues du fixed income, Sanaz Zaimi and Bernard Mensah, ont une préférence pour Paris. Autre exemple : celui de la méga-banque japonaise Mitsubishi UFJ Financial Group (MUFG) qui hésite principalement entre Amsterdam… et Paris,

Soulignons par ailleurs le dynamisme des places financières comme Amsterdam ou Dublin qui, en dépit de leur petite taille par rapport à Paris et Francfort, ont déjà réussi à attirer de nombreux acteurs en provenance de la City. Enfin, d’autres places financières européennes moins importantes, comme par exemple Milan ou Bruxelles, pourraient elles aussi tirer parti du Brexit. A suivre de près donc…

PARIS

Citigroup a demandé une licence en France pour ses activités de marché, selon James Cowles, patron de la banque américaine pour l’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique, dans une interview publiée fin septembre dans Les Echos. Et d’ajouter que le Brexit ne devrait pas affecter plus de 100 à 200 postes chez Citi et que ceux-ci seront transférés dans les principales implantations de la banque en Europe, comme Francfort, Paris, Milan ou le Luxembourg.

Bank of America serait en train de négocier l’acquisition d’espace de bureaux à Paris afin d’y transférer une partie de ses opérations de trading, selon deux sources proches du dossier citées fin septembre par Bloomberg. BoA, qui prévoyait initialement de transférer environ 300 employés sur Paris, pourrait au final en accueillir près d’un millier.

En septembre, le géant américain de l’assurance Chubb a annoncé avoir choisi Paris pour son nouveau siège européen post-Brexit. On ignore à ce stade le nombre d’emplois susceptibles d’être relocalisés depuis Londres.

Le groupe bancaire HSBC a annoncé mi-janvier qu’il allait déplacer 1.000 emplois de ses bureaux londoniens vers Paris où il emploie déjà 9.500 salariés. Selon le directeur général de la banque, Stuart Gulliver, seuls les postes liés à l’activité d’investissement sur les marchés mondiaux seront concernés. « Difficile à ce stade de dire si c’est une bonne nouvelle ou pas en terme de recrutements. L’impact sur l’emploi est en effet difficile à quantifier. Qui dit rapatriement dit aussi doublons et réductions d’effectifs éventuelles », rappelle Amaury la Clavière, senior manager de l’activité BFI au sein du cabinet Robert Walters.

D’ici mai 2019, une soixantaine de financiers de la banque d’investissement de JP Morgan devraient rejoindre la place Vendôme à Paris où la banque américaine compte déjà 250 banquiers d’affaires, spécialistes des marchés et de gestion de fortune, selon des confidences de son CEO Jamie Dimon en marge des réunions d’automne du FMI et de la Banque mondiale.

Société Générale a annoncé début juillet son intention de relocaliser une partie de ses effectifs londoniens vers Paris. « A la lumière des décisions prises par le gouvernement, nous concentrerons les relocalisations en France. Ce mouvement concernerait 300 à 400 postes sur les 2.000 actuellement à Londres », a déclaré son PDG Frédéric Oudéa.

Crédit Agricole : la plate-forme de trading des obligations d’Etat, actuellement basée à Londres, sera transférée, à partir de septembre 2017, chez Crédit Agricole CIB à Paris, où elle sera placée au coeur des activités sur les swaps en euro, les prises en pension et les produits liés à l’inflation, a déclaré une porte-parole de la banque citée par Reuters.

La fintech londonienne SETL spécialisée dans la blockchain a annoncé fin février l’ouverture d’un bureau à Paris qui sera dirigé par Pierre Davoust ,un haut fonctionnaire du Trésor débauché pour la circonstance.

Une première société de gestion est déjà revenue dans l’Hexagone : il s’agit de Eleva Capital qui a déménagé fin juin à Paris plus de la moitié de son front-office (soit 9 salariés sur 14).

FRANCFORT

Goldman Sachs a entamé le déménagement de postes de Londres vers Francfort, a annoncé en juin le directeur des activités européennes du géant américain, Richard Gnodde, au journal Frankfurter Allgemeine Sonntagszeitung. Ce transfert devrait doubler les effectifs, actuellement au nombre de 200, de la banque américaine dans la capitale financière allemande.

Citigroup : C’est officiel: la quatrième banque américaine en termes d’actifs, a indiqué en juillet qu’elle avait choisi Francfort comme ville de repli après le Brexit. Le directeur de sa filiale EMEA, Jim Cowles,évoque la possibilité de devoir créer 150 nouveaux postes situés dans l’Union européenne après le Brexit pour pouvoir continuer à servir les clients du marché unique.

Morgan Stanley a choisi Francfort comme base d’implantation en Europe continentale dans la perspective de la sortie de la Grande-Bretagne de l’Union européenne, selon une source proche du dossier, qui précise que cette décision entrainera le transfert d’environ 200 emplois à Francfort..

Jamie Dimon, le CEO de JP Morgan Chase, a évoqué lors des rencontres financières internationales de Paris Europlace début juillet l’éventualité de transférer « des centaines d’employés vers des centres européens où nous possédons des licences, Francfort, Dublin, Luxembourg ». Et d’ajouter : « Nous avons déjà les licences à Francfort. Nous allons probablement utiliser notre banque à Francfort, mais les collaborateurs pourraient être à Paris, aux Pays-Bas, à Madrid ou ailleurs dans l’UE ».

Deutsche Bank : le principal groupe financier allemand pourrait rapatrier dans les années à venir plus de 4.000 personnes sur le Vieux continent, principalement à Francfort et Berlin, selon une information de Bloomberg divulguée début août.

En 2016, UBS a ouvert une antenne à Francfort pour y regrouper la plupart de ses opérations européennes de gestion de fortune. « Nous avons une structure en place et des infrastructures que nous pouvons développer si besoin est », avait indiqué son directeur général Sergio Ermotti lors du forum de Davos en janvier dernier. Selon lui, entre 20 et 30% des 5.000 personnes travaillant à Londres pourraient être affectées par un éventuel transfert, qui reste à confirmer.

La banque britannique Standard Chartered qui emploie environ 1.700 employés à Londres, a indiqué début août qu’elle prévoyait de dépenser environ 20 millions de dollars  pour transformer son bureau de Francfort (qui compte actuellement 100 employés) en une base européenne post- Brexit. .

Après Daiwa Securities et Nomura, une troisième banque japonaise a annoncé début juillet vouloir prochainement quitter Londres pour Francfort. Il s’agit de la banque Sumitomo Mitsui, troisième banque du pays, qui devrait délocaliser vers le Main une partie de ses 1000 salariés londoniens.

La deuxième plus grande banque de Russie, VTB, qui déploie ses activités européennes à partir d’un quartier général à Vienne et dispose également de licences en France et en Allemagne, envisage sérieusement de regrouper ses activités européennes dans un nouveau siège à Francfort, Nous voulons que Francfort soit le siège de cette banque parce que nous croyons que cette ville deviendra un centre encore plus important d’activité financière après Brexit“, a déclaré le directeur général de la banque, Andrey Kostin,dans une interview au.Handelsblatt en février.

LUXEMBOURG

L’assureur américain AIG a annoncé en mars la création d’une filiale au Luxembourg. A compter du premier trimestre 2019, l’assureur aura ainsi une filiale basée à Londres pour continuer à servir ses clients britanniques et une autre à Luxembourg pour le reste de l’Europe et la Suisse. Aucune information n’a filtré sur le nombre d’emplois qui seront transférés vers le Grand-duché où AIG dispose déjà d’une succursale employant trois personnes.

Hiscox, compagnie d’assurances britannique, a annoncé début mai son intention de créer une nouvelle structure au Luxembourg.Toutes ses activités à destination des particuliers (retail) seront transférées dans cette filiale pour laquelle une équipe sera recrutée, essentiellement pour des fonctions de compliance, de gestion du risque et d’audit interne.

Les deux groupes mondiaux d’assurances RSA et CNA Hardy ont annoncé début juin avoir choisi le Luxembourg pour garder un pied en Europe, dans la perspective du Brexit. D’ores et déjà, le patron de CNA Hardy a annoncé des recrutements sur place dans des fonctions de management, y compris dans le champ du risk, de la finance et de la compliance.

Liberty Specialty Markets (LSM) a confirmé début juillet son intention de localiser son quartier général européen au Luxembourg suite à la décision du Royaume-Uni de quitter l’UE.

Dans une interview à Reuters, le vice-président exécutif en charge des activités européennes de l’assureur américain FM Global, Chris Johnson, a indiqué avoir entamé les démarches pour installer une filiale à Luxembourg dans le contexte du Brexit..

Tokio Marine, le plus ancien assureur japonais a choisi le Luxembourg pour y établir sa filiale européenne. Le début des opérations depuis Luxembourg est prévu pour le premier semestre 2018. Le nombre d’emplois qui seront créés par ce déménagement n’est pas encore connu,

Le fonds d’investissement britannique M&G Investments a confirmé début mars la création d’une structure juridique au Luxembourg constituée de deux entités : une société de gestion active dans les fonds Ucits et AIFM, et une autre qui assurera la distribution de fonds.

Le gestionnaire de fonds britannique Henderson pourrait choisir le Luxembourg en cas de hard Brexit, Disposant déjà de structures au Grand-Duché, il y localisera des effectifs londoniens occupés à la gestion de fonds, du risque et de la gouvernance.

Les fonds américains de private equity Blackstone et Carlyle pourraient venir s’installer dans les prochains mois au Luxembourg, avait rapporté Bloomberg fin janvier. Il s’agirait davantage de déménagements administratifs que de transferts de personnel. Les principaux intéressés n’ont cependant pas souhaité commenter l’information.

Le géant du private equity 3i aurait jeté son dévolu sur le Luxembourg pour garder un pied dans le marché unique européen, a révélé le Financial Times en mai dernier.

Simon Black, le CEO de la fintech londonienne PPRO spécialisée dans les paiements alternatifs a annoncé début mars dans une interview au Guardian le lancement d’une nouvelle base opérationnelle au Luxembourg pour contrer les éventuels effets du Brexit. D’ores et déjà, un directeur général pour la nouvelle division luxembourgeoise a déjà été recruté.

La seconde banque singapourienne Oversea-Chinese Banking Corporation (OCBC) envisage l’implantation d’une filiale au Luxembourg suite à la décision du Royaume-Uni de quitter l’UE. Toutefois, la banque a d’autres juridictions dans son viseur et n’officialisera un éventuel parachutage qu’après avoir obtenu l’agrément du ministère des Finances.

DUBLIN

Début juillet, Barclays a finalement choisi Dublin pour devenir son centre européen post-Brexit. Barclays avait réduit la recherche à Dublin et à Francfort, mais s’est finalement installée en Irlande où elle compte déjà environ 120 employés. Ses effectifs dans le pays devraient augmenter de 100 à 150 employés supplémentaires.

Le géant américain de l’asset management Legg Mason envisage de créer une société de gestion à Dublin où il gère déjà des fonds actions et obligataires depuis le Royaume-Uni, selon The Irish Times.

AMSTERDAM

La banque RBS, détenue en majorité par l’Etat britannique, a annoncé début août avoir choisi Amsterdam pour mener ses activités dans l’UE après le Brexit. RBS se prépare ainsi à utiliser sa licence bancaire dont elle dispose aux Pays-Bas afin de permettre à sa filiale de banque d’investissement, nommée NatWest Markets, de pouvoir continuer à exercer dans l’UE..RBS emploiera au maximum 150 personnes aux Pays-Bas.

Le spécialiste des obligations Tradeweb, filiale de Thomson Reuters, a choisi le centre financier néerlandais.

Deux des plus grandes banques japonaises, Mitsubishi UFG et Mizuho, devraient renforcer leurs opérations à Amsterdam, selon Bloomberg. Ces dernières sont en effet soucieuses de trouver un nouveau point de chute pour continuer de mener leurs activités titres auprès de leurs clients européens, notamment dans la souscription et les dérivés.

BRUXELLES

Le géant de l’assurance Lloyds of London a choisi Bruxelles pour établir sa base européenne. “Il faut espérer que ce choix de Lloyds of London servira d’inspiration à d’autres“, précise dans nos colonnes Grégoire Tondreau, Managing Partner Belgium chez Roland Berger.


Crédits : Prasit photo / gettyimages

commentaires (0)

Comments

Votre commentaire est en attente de modération. Il apparaîtra sur le site une fois validé

Réagissez

Pseudo

Adresse e-mail

Consultez notre règlement concernant notre communauté ici