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Les ruptures technologiques des métiers de la finance… vues par les financiers

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Dans le cadre des 8èmes Rencontres annuelles des professionnels des marchés de la dette et du change qui se déroulaient hier à la CCI région Paris Ile-de-France s’est tenue une table ronde consacrée aux ruptures technologiques des métiers de la finance. A cette occasion, les intervenants ont présenté et commenté les résultats de l’enquête Ruptures technologiques et finance réalisée par l’Agefi Hebdo.

L’étude menée auprès de 141 professionnels de la finance tous métiers confondus (BFI, gestion d’actifs, conseil…) montre que dans 83% des cas, les financiers considèrent que leur métier est directement impacté par les ruptures technologiques, et qu’ils sont plus de 90% à penser qu’à l’avenir, les ruptures technologiques (intelligence artificielle, big data et blockchain en tête) auront un impact moyen (36%) ou fort (54%) sur leur fonction.

D’après les financiers sondés, les solutions issues des nouvelles technologies impacteront surtout les activités de back-office, de développement commercial et de services clients, plutôt que les fonctions middle et front-office. « Tout le monde va être concerné, et pas seulement les back-offices », prévient cependant Muriel Faure, présidente de la commission ‘recherche et innovation’ de l’Association Française de la Gestion financière (AFG) et co-auteur du guide La Transformation digitale des Sociétés de gestion de portefeuille en SGP 3.0.

Des financiers un peu dépassés ?

« L’étude fait apparaître beaucoup d’incertitudes de la part des financiers sur le niveau de l’impact de la technologie », indique pour sa part Franck Guiader, directeur division fintech, innovation et compétitivité à l’Autorité des marchés financiers (AMF). « D’où la nécessité d’accompagner les acteurs traditionnels et innovants dans les méandres des technologies financières qui viennent impacter les business models ».

Et de prendre l’exemple de la blockchain. Entre registres distribués, cryptologie, et registres plus complexes avec interventions de mineurs, « les acteurs ne savent pas forcément faire la distinction entre les différents types de blockchain », poursuit Franck Guiader dont le rôle à l’AMF est précisément d’analyser les innovations en cours dans le secteur des services d’investissement, et d’identifier les enjeux en matière de compétitivité et de régulation.

Niveau régulation, la France est ainsi l’un des premiers pays au monde à légiférer sur la blockchain (comme elle l’avait fait jadis pour le crowdfunding), ce qui constitue une vraie garantie pour les utilisateurs quand on sait que sur certaines places financières asiatiques, la régulation dans ces domaines est quasi-inexistante. Plutôt rassurant donc, d’autant plus que les deux tiers (67%) des financiers sondés dans l’étude considèrent que les contraintes réglementaires et prudentielles jouent un rôle d’accélération des innovations technologiques.

De la pédagogie pour lever les craintes

Les financiers sondés ne sont qu’une faible majorité (51%) à penser que leurs compétences et formations leur permettront de tirer le meilleur parti des innovations technologiques. Et pour ce faire, 70% feraient davantage confiance à une fintech associée à un établissement financier qu’à une fintech se développant toute seule. Ce qui fait dire à Muriel Faure qu’il faut de la “pédagogie”. Après tout, la révolution technologique est en marche, mais nous n’en sommes qu’aux prémisses. « Si l’on devait s’amuser à comparer la fintech avec internet, nous en serions au stade de Netscape, avant la percée de Google », indique Cédric Teissier, fondateur et directeur général de Finexkap.

Ce dernier rejette au passage “l’idée de rupture technologique” et ne se positionne pas en “antagoniste'” des établissements financiers qui innovent. « Simplement, il est vrai que nous allons plus vite car nous avons de plus petites équipes et une organisation plus souple ». Et si les paiements instantanés ont fait leur apparition, il n ‘y a pas non plus là de “rupture fondamentale” selon Alexandre Stervinou, chef du service de surveillance des moyens de paiement scripturaux à la Banque de France. D’après Muriel Faure, les vrais concurrents des financiers ne sont pas les fintechs, mais les GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon…) qui pourraient apporter de vraies disruptions sur le marché et amener les acteurs de la finance à une profonde remise en cause.

En attendant, certaines sociétés de gestion se sont mises à l’heure du digital. C’est le cas par exemple de la société de gestion spécialiste du crédit Eiffel Investment Group qui a lancé en novembre dernier un un fonds de crowdlending de 100 millions d’euros. Ou bien encore d’ Acofi Gestion qui en vue du lancement d’un fonds d’investissement dédié au financement de la trésorerie des PME s’est alliée l’an dernier… à la fintech Finexkap  De quoi donner des idées à d’autres…


Crédits photo : DNY59 / gettyimages

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  1. Pingback: Revue de presse – Viens, allons voir du côté de la blockchain !

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