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INTERVIEW : « Les dérivés actions ont fonctionné pendant des années sur un mode très “Fintech” »

Matthieu Garnier, Head of Fintechs & Research - BNP Paribas Corporate & Institutional Banking

Matthieu Garnier, Head of Fintechs & Research - BNP Paribas Corporate & Institutional Banking

C’est à l’occasion des #rencontresFintech organisées le mois dernier par Unow (qui a développé un Mooc sur la Fintech) dans les locaux parisiens de Paris School of Business que nous avons rencontré Matthieu Garnier qui est en quelque sorte le « Monsieur Fintech » de BNP Paribas CIB puisque depuis juillet 2016 il y occupe le poste de Global Head of Fintech & Research.

Diplômé de l’ESSEC (où il exerce encore aujourd’hui des missions de tutoring poiur les étudiants), ce banquier d’investissement spécialisé dans les dérivés actions a effectué toute sa carrière chez BNP Paris dans le service Equities & Derivatives où il a successivement été ingénieur financier, program manager, structuteur puis responsable du développement stratégique mondial.

Toutes les banques d’investissement ont-elles un global head of fintech ou bien est-ce une spécificité de votre banque ?

Au sein de BNP Paribas CIB, nous avons proposé de coordonner à travers ce département les interactions avec les Fintechs et les Regtechs. A ma connaissance, une singularisation du sujet « Fintech » est unique. Cependant, les initiatives digitales se multipliant dans les banques, il semble probable que des équivalents voient le jour.

Comment passe-t-on des dérivés actions à la Fintech comme vous l’avez fait ?

Tout d’abord, les dérivés actions ont fonctionné pendant des années sur un mode très “Fintech” : c’est à dire dans un environnement technologique où les initiatives et les innovations étaient nombreuses, et où l’offre de produits et de services est pensée en s’appuyant sur un levier technologique. Ensuite, la coopération avec des sociétés de technologie existe depuis des années – notamment via les infrastructures de marché.

J’ai donc pu, en particulier dans mon dernier poste – Head of Strategic Investments BNP Paribas Global Markets – , me familiariser à la fois avec l’écosystème, mais aussi avec les technologies et les pratiques. Considérant les Fintechs comme une brique importante pour améliorer encore notre offre client, j’ai ensuite proposé de partager mes convictions et mes compétences à toutes les activités de BNP Paribas CIB.

Comment fonctionne le département Fintech & Research que vous dirigez ?

Nous avons la mission suivante : apporter aux équipes de BNP Paribas CIB l’information, la méthode et les outils pour exploiter, mobiliser et travailler efficacement avec l’écosystème de l’innovation externe – notamment les start-ups et la recherche universitaire – en vue d’améliorer l’offre et la performance opérationnelle de BNP Paribas CIB. Cela passe évidemment par l’apport stratégique que les fintechs peuvent avoir en repensant l’expérience client et en aidant les équipes de stratégie à anticiper les évolutions de l’industrie bancaire, et proposant des solutions à des problèmes identifiés.

En pratique, cela ce traduit par trois temps distincts. Premièrement, l’anticipation, via une veille de recherche créée à travers des partenariats académiques sur des thèmes choisis (par exemple : Intelligence Artificielle, Blockchain). Deuxièmement, l’identification et la qualification des Fintechs. Et troisièmement, la prise de décision, sur cette base qualifiée, pour définir ce que veut faire BNP Paribas CIB – acheter un produit, conclure un partenariat, investir ou… rien du tout.

Enfin, vu l’ampleur du sujet, nous nous appuyons également sur un réseau interne de personnes intéressées par le sujet et prêtes à y consacrer du temps et de l’énergie : les Fintexplorers.

N’avez-vous pas été tenté de créer votre propre société fintech comme l’on fait d’anciens banquiers ?

Je trouve que porter le changement au sein d’une institution comme BNP Paribas constitue un beau challenge en soi.

Quels conseils donneriez-vous à quelqu’un qui veut travailler dans les fintechs ?

Choisir en fonction de son envie. Gardez cependant en tête que la matière première reste l’offre financière ; il faut donc de l’appétit et un minimum de connaissances pour parvenir à délivrer une offre de Fintech pertinente. Sinon, cela risque d’être une offre de “techno” pour la finance (Tech2Fin), et non de services financiers s’appuyant sur la technologie (Fin2tech).

Enfin, comment percevez-vous l’évolution des rapports entre Banques et Fintechs dans les années à venir ?

Nous approchons de l’ère des “Finetechs” ! Les Fintechs sont en train de créer un tissu de PME/SME, sur lesquelles les banques vont s’appuyer, pour des offres conjointes, des apports stratégiques, ou comme fournisseurs. Travaillons ensemble, et les services aux clients n’en seront que meilleurs.


Crédit photo : BNP Paribas

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