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Quand BNP Paribas et PwC se penchent sur les défis du trésorier d’entreprise…

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L’association européenne des trésoriers d’entreprise (EACT) qui regroupe 21 associations de trésoriers et financiers d’entreprise d’Europe représentant 20 pays, 6.500 groupes et 13.000 membres, vient de publier un rapport baptisé Journeys to Treasury (JTT) qui a pour objectif de fournir à chaque trésorier d’entreprise et responsable financier des éléments de compréhension, d’analyse et de réflexion.

Réalisée en partenariat avec la banque BNP Paribas, le cabinet de conseil et d”audit PwC ainsi que le fournisseur de solutions logicielles SAP (tous experts du cash management et de la gestion de la trésorerie), la première édition de ce projet collaboratif aborde trois thèmes clés pour le trésorier d’entreprise : l’innovation continue ; gérer sa trésorerie où et quand on le souhaite ;  la cybercriminalité et la fraude.

A noter que le rapport ne se contente pas d’aborder les fondamentaux de la trésorerie et les tendances transformatives du moment. « Journeys to Treasury n’est pas un rapport au sens strict du terme mais plutôt le compte-rendu d’un dialogue nourri entre experts de différents horizons, qui mettent en commun leurs points de vue sur la trésorerie d’aujourd’hui et de demain », explique Jean-François Denis, directeur-adjoint du Cash Management pour BNP Paribas.

Voici donc les principaux éléments à retenir de ce rapport, dans lequel s’expriment des professionnels de la trésorerie d’entreprise basés partout en Europe :

Intégrer progressivement les fintechs et la blockchain

« Aujourd’hui, les notions de Blockchain, Fintech et big data sont omniprésentes dans la presse. JTT permet de faire la différence entre mythe et réalité et offre une vision à 360° qui va au-delà du consensus habituel et apporte des éléments de réflexion nouveaux », explique Damien McMahon, associé chez PwC. Ainsi, JTT observe l’apport des Fintechs en matière d’innovation et l’approche collaborative entre banques et entreprises, et imagine le potentiel du blockchain dans les transactions financières mais également au-delà, en faisant un focus sur les smart contracts.

Si l’intérêt des trésoriers pour les fintechs est bien réel, l’attentisme prévaut. « Nous commençons à regarder les Fintechs, mais nous pensons que le marché doit encore devenir plus mature avant d’envisager sérieusement de travailler directement avec elles », fait remarquer dans l’étude François Masquelier, président de l’Association des Trésoriers d’Entreprise au Luxembourg (ATEL), tout en saluant le rôle des banques qui investisssent dans les fintechs.

« Pour moi, Blockchain et Fintech signifient avantage réglementaire. Moins réglementé vous êtes, mieux c’est pour conduire le business », note pour sa part Gaetan Dumont, managing director trésorerie chez UCB Group. Cela dit, « les banques sont encore nécessaires pour assurer la sécurité du financement. Les Fintechs et blockchain ne sont pas prêtes à 100%. Personne n’est encore prêt à quitter les banques », poursuit-il.

D’où l’intérêt pour les sociétés fintechs qui interviennent sur ce segment de communiquer. Kyriba, leader mondial en solutions de gestion de trésorerie de nouvelle génération dans le Cloud, l’a bien compris : la société organise ce mardi son événement Kyriba Live! 2016 où participent plus de 500 décideurs de la finance européenne, experts et influenceurs.

Le Big Data, un rôle crucial pour certains trésoriers

Le rapport aborde aussi le rôle du big data dans les prévisions de trésorerie et les paiements, et passe en revue la manière dont certaines entreprises l’utilisent aujourd’hui. « Le Big Data joue un rôle crucial pour notre entreprise ! Une équipe de data scientists assure l’utilisation la plus efficace de nos données. L’apprentissage automatique est directement intégré dans nos processus et systèmes pour améliorer en permanence la précision de l’algorithme », explique Marco Arosio, responsable trésorerie chez Zalando, une entreprise de commerce électronique allemande, spécialisée dans la vente de chaussures et de vêtements.

Autre exemple, celui de AkzoNobel, une entreprise leader des peintures et revêtements mondiaux, qui utilise le Big Data pour aider à analyser les flux dans les processus de paiments. Ainsi, les paiements inappropriés, ceux par exemple qui utilisant les mauvais instruments, sont identifiés par l’équipe de la trésorerie qui prend alors les mesures correctives qui s’imposent.

Cap sur les systèmes de paiements instantanés

Avec un focus sur la trésorerie mobile et 24h/24, JTT dresse un état des lieux des paiements instantanés et analyse leur potentiel pour les entreprises. Malgré l’utilisation limitée des services de trésorerie mobiles par les trésoriers, le rapport s’attarde sur leur potentiel à court et long terme, comme l’irrévocabilité de la transaction et sa disponibilité 24/7, ainsi que leur rôle pour accroître la satisfaction et la fidélité client.

« Un service instantané ne nous est pas forcément indispensable au quotidien, mais peut servir pour les incidents bancaires. Un incident bancaire mineur peut en effet avoir un effet boule de neige sur notre base client et de grandes répercussions financières s’il n’est pas résolu au plus vite », indique Raffi Basmadjian, directeur du cash managment et du SI de trésorerie chez France Telecom.

Faire face à la cybercriminalité et la fraude

Face à des cyberattaques toujours plus sophistiquées, les trésoriers savent désormais qu’il ne s’agit pas de savoir si mais quand leur entreprise sera attaquée. Alors même que des évolutions comme les paiements instantanés et la trésorerie mobile accroissent les champs du risque, Journeys to Treasury ouvre le débat sur la capacité des technologies à répondre seules aux futurs défis de la cybersécurité.

« Chez nous, chaque financier doit suivre un programme obligatoire de prévention sur la fraude. Des solutions telles que l’audit de la sécurité IT, le desk d’alerte de fraude et la gestion centralisée des comptes bancaires sont des outils de prévention, mais l’humain demeure au cœur de notre programme », explique Gerrit Willem Gramser, trésorier groupe chez AkzoNobel. Comme quoi la technologie n’est pas tout.


Crédits photo : Ulrich Baumgarten / Contributeur gettyimages

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