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Les étudiants français toujours attirés par la City de Londres, du moins pour l’instant…

City of London Skyline

Aymeric Lubino est stagiaire dans la divisxion M&A de BNP Paribas à Londres. Il est actuellement en Master Finance à HEC Paris et il n’y a qu’un seul endroit où il s’imagine vraiment travailler une fois son diplôme en poche en 2018 : Londres.

Plus précisément, il souhaite travailler dans une fonction de conseil au sein d’une banque d’investissement de la City. Le Royaume-Uni a beau être bien parti pour des négociations difficiles autour du Brexit et bien que ses emplois pourraient migrer en dehors de Londres à un rythme encore plus rapide qu’on ne le craignait, rien n’y fait : les étudiants français semblent plus motivés que jamais pour commencer leur carrière à la City.

« Déplacer les sièges des banques et des milliers d’employés de Londres vers d’autres capitales européennes sera un long processus. Il y a aussi beaucoup plus de pression sur les activités des marchés financiers que sur le conseil », explique Aymeric Lubino. « Je ne suis pas inquiet au sujet de la crise actuelle et je pense que beaucoup de jeunes gens désireux de travailler dans une banque d’investissement à Londres pensent comme moi ».

London calling

Il faut bien reconnaître que la France a longtemps été un pourvoyeur de talents pour la City de Londres. Notre propre CV-thèque montre que 20% de ceux qui travaillent dans des emplois de front-office en banque d’investissement à Londres avec une expérience de 1-3 ans sont Français, devant les Allemands qui occupent la deuxième place mais avec seulement 4% des effectifs totaux.

Est-ce que le désir de venir à Londres au cœur de la tourment relève d’une certaine naïveté ? Après tout, les banques ont déjà réduit le nombre de diplômés à la City de 8% (soit 1.934 d’entre eux), relève l’Association of Graduate Recruiters, et cette année les stagiaires se sont plaint d’un nombre d’offre en baisse. « Cet été, certaines banques ont recruté moins de juniors pour des postes à temps plein que l’année dernière », reconnaît Aymeric Lubino. « Elles préfèrent attendre voir ce qui se passe ».

Un constat qu’il n’est pas le seul à partager. Chaque année, les étudiants du Master 203 (Marchés financiers) et 225 (Finance d’entreprise et ingénierie financière) de l’Université Paris Dauphine participent à un voyage à Londres pour aller visiter les grandes banques d’affaires de la City (Goldman, JP Morgan, UBS…) en vue de réseauter et tenter de décrocher des summer internships.

« Cette année, le quota d’étudiants admis à être reçus par ces banques a été divisé par deux », a rappelé Fabrice Riva, directeur du Master 225, lors d’une récente table-ronde sur le marché de l’emploi en banque d’affaires. Pas vraiment une bonne nouvelle quand on sait que chez Goldman Sachs, on parle de 100.000 candidats par an rien que pour les summer internships…

Qui plus est, si l’on extrapole les commentaires faits cette semaine par Tidjane Thiam, le patron de Credit Suisse, à toute l’industrie financière, cela signifie que 15-20% des marchés des banques d’investissement sont tributaires de l’accès à l’Union européenne. Histoire d’enfoncer le clou, le Boston Consulting Group (BCG) a estimé que 80.000 emplois bancaires pourraient quitter Londres dans le cas où le Brexit serait mal négocié.

Une destination plébiscitée en début de carrière…

Même si les étudiants ne considèrent pas forcément Londres comme une option à long terme, ils continuent d’y voir la ‘meilleure expérience’ tant que celle-ci demeure la première place financière d’Europe. Yulia Kot, une autre étudiante HEC Paris qui sortira diplômée en 2018, explique que Londres constitue le meilleur point de départ. « Londres est la capitale financière de l’Europe – et c’est toujours l’endroit où vous pouvez obtenir la meilleure expérience. Cependant, ce n’est pas une priorité à long terme », indique-t-elle.

De la même façon, Sunaina Donimath, étudiante HEC en stage chez BlackRock à Londres et qui obtiendra son diplôme l’an prochain, explique que Londres restera ‘the place to be’ pour commencer sa carrière en finance « jusqu’au moins les cinq prochaines années », mais qu’à plus long terme ce pourrait ne plus être le cas.

… mais pas une fin en soi

Car pour ces étudiants, Londres n’est pas une fin en soi. Ils lorgnent sur des alternatives dans des desks de banques d’investissements internationales aux États-Unis, au Moyen-Orient, à Singapour ou en Afrique du Nord, plutôt que de considérer les places financières les plus proches de leur pays d’origine.

Aymeric Lubino explique ainsi que Paris et Francfort ne sont pas, du moins pour l’instant, à même d’atttirer les meilleurs diplômés, mais beaucoup pourraient reconsidérer la donne dans le cas où les jobs viendraient à se déplacer.

A contrario, ceux qui choisissent délibérement de rester sur ces places sont les étudiants souhaitant prendre le moins de risques. « L’aversion au risque pourrait conduire des diplômés français et allemands qui envisageaient de faire une longue carrière à Londres de reconsidérer leurs choix au profit de Paris ou Francfort », conclut-il.


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