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La place de Paris rêve d’attirer 30.000 financiers de la City. Mais en a-t-elle les moyens ?

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Dans le sillage du Brexit, la place financière entend bien attirer les talents (français expatriés mais pas seulement) basés à la City de Londres. Objectif affiché : faire venir quelques 30.000 banquiers, gestionnaires d’actifs ou patrons de fintechs implantés outre-Manche, sachant que la place financière parisienne compte actuellement 180.000 emplois dans la finance (contre 350.000 à Londres et 90.000 à Francfort) selon un recensement effectué par Paris Europlace.

« Nous voulons faire de Paris la première place financière européenne », a ainsi indiqué Gérard Mestrallet, président de Paris Europlace, lors des Rencontres Financières Internationales Paris Europlace 2016. « La place financière parisienne ne manque pas d’atouts mais elle accumule aussi des handicaps réglementaires, fiscaux et administratifs ». Ce à quoi vient s’ajouter un déficit d’image par rapport aux autres places financières européennes, en atteste sa position dans les classements internationaux.

« Paris n’est pas le seul centre financier de la zone euro, mais il a tout pour être le meilleur. Ceci dépend de nous, de nous tous. Dès lors, aujourd’hui plus que jamais, le temps est venu pour Paris Europlace d’être au centre de la scène », a ajouté pour sa part François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France.

Les politiques montent au créneau

Qui plus est, ces derniers temps les milieux d’affaires ont pressé le gouvernement de donner un signal de sa volonté de profiter d’un Brexit. Résultat : le premier ministre Manuel Valls s’est invité à la dernière minute aux rencontres internationales de Paris Europlace auxquelles participaient également le ministre des Finances Michel Sapin, la secrétaire d’Etat chargée du Numérique Axelle Lemaire, la présidente de la Région Ile-de-France Valérie Pécresse et la maire de Paris Anne Hidalgo, témoignant ainsi d’une “Union Sacrée” autour du sujet.

Les propositions faites par l’exécutif à l’adresse des banques et fonds d’investissement internationaux n’ont pas de quoi renverser la table, mais au moins ont-elles le mérite de couvrir l’ensemble des problématiques actuelles. D’ailleurs, Paris Europlace se félicite de ces décisions qui correspondent aux souhaits exprimés lors de ses contacts avec les grands investisseurs mondiaux.

Des allègements d’impôts à venir

Manuel Valls a annoncé la baisse de l’impôt sur les sociétés avec la suppression dès cette année de la contribution exceptionnelle et la baisse progressive de 33,33% à 28% du taux normal d’impôt sur les sociétés, confirmant les engagements déjà pris par le président François Hollande. Le Premier ministre a également évoqué la possibilité de faire baisser la fiscalité locale sur les entreprises et les bureaux.

Reste à savoir si cette course au dumping fiscal sera efficace quand on sait que dans le même temps le gouvernement britannique a manifesté lui aussi son intention de réduire l’impôt sur les sociétes de 20% à… 15%.

Vers plus de simplification administrative

Il s’agit de mettre en place dès la rentrée un point d’entrée unique pour toutes les entreprises étrangères souhaitant s’implanter en France. Ce dispositif, coordonné avec l’agence Business France, permettra aux entreprises et particuliers de s’informer facilement, et dans leur langue, sur les dispositifs fiscaux les concernant, l’immobilier, l’éducation, l’obtention de titres de séjour, etc.

« Certaines entreprises vont avoir intérêt à avoir une double domiciliation », explique la maire de Paris, qui elle aussi insiste sur la nécessité de regrouper en un seul lieu toutes les formalités pour les entreprises britanniques désireuses de se relocaliser.

Le statut des impatriés (enfin) amélioré

Le Premier ministre a annoncé l’extension du régime des impatriés de cinq ans à huit ans. « La prime d’impatriation sera exonérée de taxe sur les salaires. Une mesure pour tous ceux qui veulent venir travailler, innover, créer des emplois en France », a-t-il indiqué, précisant que ce régime d’impatriés aura vocation à devenir le meilleur en Europe.

Certains avaient pourtant évoqué la nécessité d’étendre le dispositif de cinq à dix ans. La mesure a cependant été vivement applaudie par l’auditoire, et pour cause : «cette demande nous a été faite par les entreprises internationales installées à Londres, lorsque nous les avons interrogées sur le signal à envoyer», rappelle Gérard Mestrallet.

Une mise à niveau linguistique

On le sait : les Français ne brillent pas pour leur maîtrise des langues étrangères en général, et de l’Anglais en particulier. D’où la nécessité de faire des efforts dans ce domaine. Valérie Pécresse, qui s’est tout à tour exprimée dans la langue de Molière et de Shakespeare, a indiqué que la Région Ile-de-France avait mis en service une hotline en anglais pour rassurer les investisseurs.

Surtout, elle a insisté sur la nécessité de mettre en place des plans de formations en anglais et d’accroître l’offre de lycées internationaux en Ile-de-France. Le chef du gouvernement a ajouté que Paris ouvrira « autant de sections internationales que nécessaire » à l’école en Ile-de-France.

Des bureaux en veux-tu en voilà

Il va sans dire que pour accueillir 30.000 personnes, il faut de la place ! Dans son discours, Manuel Valls a rappelé que l’offre de bureaux de la place de Paris était la plus importante d’Europe, citant le quartier d’affaires de la Défense mais aussi les pôles de Saint-Denis, Saint-Ouen et Boulogne qui vont être dotés de 900.000 mètres carrés supplémentaires (soit l’équivalent de 60.000 postes de travail).

Améliorer les transports et les infrastructures

A ce sujet , Manuel Valls a mentionné le Grand Paris, ce projet d’aménagement à l’échelle de la métropole qui permettra à terme de bénéficier de 200 kilomètres de lignes et 50 stations de métro supplémentaires, ou bien le Charles de Gaulle Express destiné à améliorer la connexion entre l’aéroport Charles de Gaulle et la capitale avec un temps de parcours de 20 minutes seulement.

Crédits photo Gary Waters / Getty Images

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