☰ Menu eFinancialCareers

Brexit : Paris en compétition avec Francfort et Luxembourg

Ceux qui quitteront la City en cas de Brexit devront analyser tous les paramètres...

Ceux qui quitteront la City en cas de Brexit devront analyser tous les paramètres...

C’est donc ce jeudi le jour J concernant le référendum sur le maintien ou non du Royaume-Uni au sein de l’Union européenne. « En cas de Brexit, un vent de renouveau pourrait souffler sur les grands centres financiers européens comme Paris et Francfort. En effet, certaines banques ont d’ores et déjà évoqué un transfert d’activités clés (vers Paris pour Goldman Sachs) ce qui permettrait à ces places aujourd’hui secondaires de doubler la City », explique Alice Leguay, co-fondatrice et COO chez Emolument.com, le site de benchmarking de salaires dans le secteur financier.

En cas de Brexit, les financiers basés à Londres seraient donc tentés de se pencher sur les opportunités de reconversion professionnelle en Europe continentale, et donc de déterminer quelle place financière serait pour eux la plus attractive, tant en termes d’emploi, de salaire que de qualité de vie. Pour le savoir, Emolument.com a analysé 8.065 salaires de banquiers en front office à Londres, Francfort et Paris.

Comme on pouvait s’y attendre, la capitale britannique offre un salaire plus élevé que Francfort et surtout que Paris, où l’écart de rémunération peut atteindre 40% à un niveau Vice President (VP) et même jusqu’à 80% au niveau Managing Director. Ainsi, les MG basés à Londres peuvent espérer toucher en moyenne £450k (€585k) contre £417k (€540k) à Francfort et seulement £253k (€330k) à Paris. En revanche, si l’on considère le taux de satisfaction des banquiers vis à vis du montant de leur bonus, alors Paris semble mieux loti que Francfort, d’après Emolument.

Un coût de la vie moindre à Francfort

Mais après tout, ce qui importe le plus n’est-il pas ce qu’il vous reste dans la poche une fois toutes les dépenses de la vie courante prises en compte ? Si l’on procède à un ajustement pour tenir compte du coût de la vie, alors c’est Francfort qui devient la ville la plus intéressante financièrement. Et pour cause : la vie à Francfort est quelque 60% moins chère qu’à Londres (tandis que Paris n’est que 35% moins chère que sa voisine britannique).

L’enquête du cabinet américain Mercer qui vient de paraître sur le coût de la vie dans 209 villes issues de cinq continents et compare les coûts de plus de 200 éléments dans chacune d’entre elles, classe Paris à la 44e place des villes les plus chères au monde pour s’expatrier, certes loin derrière Londres (17e) mais encore plus loin devant Francfort (88e). Dans ces conditions, guère étonnant que les grandes banques internationales aient commencé à regarder de près les espaces de bureaux disponibles à Francfort, d’après le Financial Times.

Paris ne manque pourtant pas d’atouts

Dans les faits, il est cependant peu probable que la majorité des expatriés français partis s’installer à Londres et désireux de quitter la City en cas de Brexit décident de faire leurs valises pour s’installer à Francfort. La tentation de rentrer en France serait bien plus forte, tant en terme de proximité géographique et linguistique, mais aussi parce que bon nombre de nos compatriotes expatriés ont conservé des liens familiaux et amicaux dans l’Hexagone, sans doute plus que dans la ville natale de Goethe…

Qui plus est, et cela vaut également pour les expatriés non français de la City, Paris a des avantages à faire valoir par rapport à Francfort, tant en termes de données chiffrées (nombre de banques, actifs gérés,….) mais aussi de données plus qualitatives comme par exemple le nombre de restaurants étoilés, ce qui du point de vue du Financial Times qui a réalisé l’iconographie ci-dessous a visiblement toute son importance pour les papilles gustatives de celles et ceux qui travaillent à la City de Londres !

Paris vs Londres

Luxembourg aux aguets…

Cela dit, la place financière parisienne aurait tort de se reposer sur ses lauriers, car d’autres places financières sont elles aussi dans les starting-blocks pour accueillir les talents basés au Royaume-Uni et désireux de quitter le sol britannique en cas de Brexit. C’est notamment le cas du Luxembourg (pays francophone de surcroît) qui pourrait sérieusement servir de point de chute aux expatriés français qui ne veulent pas rester à la City et dans le même temps rechignent à rentrer au bercail.

« Nous allons jouer la carte du headquartering », c’est-à-dire inviter des grands groupes internationaux à établir leur quartier général européen au Luxembourg, a expliqué à la RTBF Serge de Cillia, directeur général de l’Association des banques et banquiers luxembourgeois (ABBL) qui explique avoir déjà reçu des appels de banques sondant le terrain luxembourgeois. Selon le quotidien britannique The Times, HSBC et J.P. Morgan ont déjà envisagé le transfert d’activités au Luxembourg.

Ce qui est certain, c’est que Paris n’entend pas se faire damer le pion et la récente conférence organisée par Paris Eurolace et intitulée Place financière de Paris : Welcome to Europe en est une belle illustration. Même si au final, et les représentants des différentes places financières européennes le répètent à l’envi, aucune d’entre elles n’a grand intérêt à ce que le Royaume-Uni sorte de l’UE tant les inconnues sont nombreuses. Et c’est bien connu, les marchés financiers détestent l’inconnu…

commentaires (0)

Comments

Votre commentaire est en attente de modération. Il apparaîtra sur le site une fois validé

Réagissez

Pseudo

Adresse e-mail

Consultez notre règlement concernant notre communauté ici