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Témoignage d’un ex-banquier de Nomura à Londres revenu à Paris créer un robo-advisor

Guillaume Piard, CFA,
fondateur et CEO Nalo.fr

Guillaume Piard, CFA, fondateur et CEO Nalo.fr

C’est à l’occasion d’une table ronde d’experts intitulée FinTech 2016 : l’ère des Robo-Advisors récemment organisée par CFA Society France que nous avons rencontré Guillaume Piard qui, après avoir travaillé dix ans en finance de marché chez Lehman Brothers puis Nomura, vient de cofonder le robo-advisor Nalo, un service d’investissement automatisé qui aide à optimiser votre épargne en fonction de vos projets financiers. Nous lui avons demandé de revenir sur son parcours et de nous expliquer pourquoi et comment il était passé de la banque à la fintech. Voici son témoignage…

« Diplômé d’un Master de Physique de Imperial College London (2003) et titulaire du CFA (2010), j’ai travaillé dix ans en finance de marché, pour Lehman Brothers puis pour Nomura à partir de septembre 2008. J’ai occupé des fonctions très différentes en banque d’investissement : après m’être occupé de création et d’optimisation de produits de portefeuille, mélange de techniques financières et de fabrication d’outils utilisateurs, je suis devenu responsable produit francophone, où je passais beaucoup de temps à faire du démarchage commercial en clientèle, avant d’évoluer vers le conseil pour m’occuper notamment de problèmes réglementaires, gestion de bilan et gestion des risques.

Les années entre 2003 et 2007 ont été une période faste pour la finance. La crise de 2008 a ensuite tout balayé. Du fait de l’augmentation des pressions en interne, et de la stigmatisation générale de l’industrie, l’environnement de travail est devenu beaucoup moins amusant. C’est à ce moment-là que J’ai eu envie de faire autre chose. Etant à la base physicien de formation et ayant l’esprit cartésien, je ne percevais plus l’intérêt sociétal de mon travail, je ne comprenais plus vraiment vers où l’industrie de la banque allait…

C’est aux Etats-Unis que j’ai découvert les robo-advisors

Je suis donc parti aux Etats-Unis préparer un MBA à l’Université de Chicago Booth School of Business, que j’ai obtenu en 2015. Si j’avais acquis des compétences financières lors de mes expériences professionnelles sur les trading floors, l’état de mes connaissances était par contre plutôt limité pour tout ce qui concernait les aspects business et stratégie. C’est là-bas que j’ai découvert les fintechs en général et les robo-advisors en particulier.

Dès 2003 déjà, je cherchais des solutions simples pour gérer mon épargne personnelle, faute de temps. En banque d’investissement, je travaillais entre 90 et 110 heures par semaine, sept jours sur sept. N’ayant pas trouvé à l’époque de solutions, je me suis donc mis à créer moi-même des modèles sous Excel. C’est donc tout naturellement que m’est venue l’idée de monter un robo-advisor. Ma deuxième année d’étude en MBA a été axée sur la préparation de ce projet, avec des cours ciblés sur la stratégie opérationnelle pour les services,  la gestion de portefeuille et l’entreprenariat. J’ai aussi été coaché par l’incubateur de l’école qui m’a aidé à formuler ma stratégie d’exécution.

De retour en France, j’ai cherché un associé avec qui je pourrais être complémentaire. J’ai rencontré Hugo Bompard, un analyste quantitatif, qui s’occupe désormais de toute la partie développement tandis que je suis en charge des autres aspects (juridique et réglementaire, commercial, communication, recrutement…).

La France, un terrain encore relativement vierge

Nous avons décidé de développer notre projet en France où, contrairement aux Etats-Unis et au Royaume-Uni où beaucoup d’acteurs sont déjà installés, le terrain était relativement vierge.  Nous sommes actuellement une équipe de 5 personnes et nous devrions être 8 d’ici l’été. Les fintechs ne se résument cependant pas à une armée de financiers : notre équipe est constituée d’associés avec des expertises très variées : financières bien sûr (allocation de portefeuille, conseil patrimonial) mais également expérience utilisateurs, web design, développement informatique, marketing,  etc.

Je retrouve au quotidien une variété d’activités extraordinaire, un peu comme lorsque j’ai débuté ma carrière en finance. Il y a énormément de choses à faire : pour la partie quantitative, nous sommes inspirés par la recherche académique financière et statistique. Pour l’interface et l’ergonomie, nous faisons beaucoup de tests utilisateurs pour nourrir notre amélioration de concepts, ce qui aide à la compréhension des besoins réels des clients. Nous développons notre offre avec le souci permanent de prendre en compte les aspects de la finance comportementale. Sur ces sujets, le CFA m’a été d’une grande utilité pour avoir toujours en tête les biais cognitifs de nos clients.

Un conseil pour la route : savoir bien s’entourer

A un professionnel de la finance qui souhaiterait monter sa société fintech, je dirais que le plus important est d’avoir conscience de ses limites et donc de bien savoir s’entourer. Ne montez pas un business avec vos amis mais entourez-vous de compétences différentes et complémentaires en réseautant régulièrement. Dans notre équipe, nous avons à la fois des profils introvertis et extravertis, des matheux cartésiens et des créatifs : c’est ce qui fait toute la richesse d’une start-up !».

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