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Top 10 des challenges des banques d’investissement en 2016

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Bien plus qu’auparavant, les banques d’investissement prêtent attention aux technologies digitales et aux FinTech. « Alors que les barrières à l’entrée tombent, les banques sont de plus en plus conscientes de l’émergence d’un écosystème en dehors de leur cadre institutionnel. Ce développement requiert de nouvelles solutions et met en avant le besoin d’un changement fondamental »,  rappelle Tom Syrett, managing director responsable Capital Markets, France et Benelux chez Accenture, à propos de l’étude Top 10 des challenges pour les banques d’investissement en 2016.

« La rapidité de l’innovation, l’intensification de la concurrence et de plus grandes attentes clients sont les caractéristiques majeures de cette nouvelle réalité, qui a le potentiel de modeler les banques d’investissement et leur industrie de façon considérable », poursuit-il. Voyons donc ce que 2016 réserve comme principaux challenges aux banques d’investissements françaises, et comment ces dernières ont déjà commencé à s’adapter à la nouvelle donne, exemples à l’appui.

Challenge 1 – les talents du futur 

Le challenge de la gestion RH des talents est le premier des challenges listé par Accenture qui pose la question suivante : « comment les banques doivent-elles attirer, fidéliser et récompenser les nouveaux talents, étant donné que les objectifs de début de carrière de la génération du millénaire ne sont pas alignés avec les business models des banques? ».

D’autant plus que les banques ne sont plus les employeurs de premier choix pour les étudiants en finance. « Après avoir connu un leadership incontestable en termes de popularité entre 2008 et 2013, la banque connaît ces dernières années une baisse d’attractivité et se voit désormais challengée par les géants du secteur IT tels qu’Apple ou Google », rappelle Damien Leurent, Associé responsable Industrie financière chez Deloitte qui a publié l’étude internationale Talent in Banking.

C’est pourquoi les banques multiplient les initiatives pour tenter de dissuader les meilleurs développeurs, architectes et project managers de rejoindre des fintechs : financement de programmes de bourses et de chaires, connexions avec la communauté des développeurs, innovations en interne…

Challenge 2 – Les technologies de la banque d’investissement

Toujours selon Accenture, il convient d’abandonner les architectures antérieures. « L’accumulation continue des systèmes informatiques au cours de la dernière génération a créé des champs technologiques vastes et complexes », souligne l’étude. Les banques doivent donc innover et adopter de nouveaux langages de programmation, bases de données, plates-formes de messagerie, systèmes d’exploitation et technologies hardware.

« Aujourd’hui, on constate un vrai rattrapage de l’ensemble des acteurs sur les problématiques de réseaux et d’infrastructure, longtemps considérés comme de simples sujets back-office », rappelle dans nos colonnes Stéphane Aubin, en charge de la practice Sécurité Informatique au sein du cabinet de recrutement spécialisé Aston Carter à Paris. Désormais, les banques d’investissement font venir des développeurs en offrant des packages de rémunération attractifs aux jeunes diplômés désireux de les rejoindre. Elles font également appel à de ‘vieux briscards’ pour les assister depuis  les projets back-front jusqu’aux plates-formes de trading cross-asset class.

Challenge 3 – Data management

La gestion des données (data management) est devenue cruciale. Dans un récent sondage auprès des professionnels de la gestion des données sur les marchés financiers, Accenture et Greenwich Associates ont constaté que les coûts et les impacts liés à la mauvaise qualité des données sont sous-estimés, au mieux, et parfois totalement ignorés. « Pour vraiment influer sur la qualité des données, le CDO doit être considéré comme une fonction de contrôle opérationnel axée sur le business, en dehors de la hiérarchie de l’information », suggère Accenture.

« La transformation numérique qui ne concernait autrefois que certains domaines (Internet, réseaux sociaux, e-commerce) est aujourd’hui plus profonde et plus globale et concerne aussi bien les aspects corporate, relationnels, sécurité, recrutement, etc. », explique Martin Villelongue, directeur senior de Michael Page Digital, dans l’étude 2015 sur les métiers du digital.

Challenge 4 – La technologie Blockchain

Ces dix prochaines années, les impacts de la Blockchain (technologie sous-jacente au Bitcoin qui permet le cryptage des transactions) sur les banques seront nombreux, selon un récent rapport publié par Morgan Stanley. Les banques doivent donc se préparer au changement. Certaines ont déjà pris un temps d’avance comme BNP Paribas qui au cours derniers mois a confirmé de multiples façons son intérêt pour cette technologie : en intégrant le consortium R3, en participant au groupe de travail du CDC, et en investissant dans la fintech Digital Asset Holdings (DAH). BNP Paribas vient même d’organiser son second hackathon autour de Blockchain,

BNP Paribas Securities Services vient de signer un accord stratégique avec la plate-forme de crowdfunding SmartAngels sur l’application de la technologie… Blockchain. « En appliquant la technologie Blockchain au secteur du crowdfunding, nous allons accélérer et sécuriser les échanges de flux monétaires et de titres financiers grâce à des e-certificats. Il s’agit d’une innovation majeure pour les processus de conservation et de tenue de compte de titres non cotés », explique Philippe Ruault, head of product for clearing, custody and settlement de BNP Paribas Securities Services. « C’est aussi un moyen pour BNP Paribas Securities Services de tester ce qui pourrait s’appliquer demain sur les marchés cotés. L’utilisation de la Blockchain s’inscrit dans la stratégie digitale de BNP Paribas ».

Challenge 5 – Réduction des coûts

Il s’agit de « trouver la stratégie optimale pour la croissance des revenus », souligne l’étude d’Accenture. Ce qui passe souvent par des décisions visant à réduire des lignes d’activités ou même de s’y retirer complètement. A ce sujet, le dernier rapport sur l’avenir des revenus en banque d’investissement sur les douze prochains mois publié par l’équipe recherche européenne de JP Morgan indique que le ratio coût /revenu est devenu hors de contrôle dans la plupart des banques d’investissement, y compris les banques françaises.

Ces dernières se sont d’ailleurs engagées dans de vastes programmes de réduction de coûts, à l’image de BNP Paribas qui, de source syndicale, devrait engager un programme de réduction de coûts de sa banque d’entreprise et institutionnelle (CIB) estimée à près de 20% d’ici à 2019, soit près de 6.000 postes sur les plus de 29.000 que compte la division CIB.

Challenge 6 – Réforme structurelle globale

Si dans un premier temps, les banques d’investissement se sont focalisées sur des programmes immédiats de simplification et de réduction des coûts, elles vont devoir se pencher sur la nécessité d’un changement structurel dans le business et l’opérationnel, relève Accenture. Les banques vont donc devoir faire des choix stratégiques, notamment en ce qui concerne leurs business models post-crise, tout en tenant compte des contraintes réglementaires.

Dans son plan stratégique à moyen terme pour 2016-2019 intitulé Ambition Stratégique 2020, le groupe Crédit Agricole a d’ores et déjà défini plusieurs objectifs pour sa BFI comme procéder à un rééquilibrage entre des services d’expertise déjà existants, développer les synergies produits, clients et industrielles entre CACEIS et CACIB, ou bien encore maintenir un faible profil de risque et en menant à bien une optimisation volontariste des actifs à risques pondérés (RWA) et de la base de coût pour compenser les impacts des nouvelles exigences réglementaires.

Challenge 7 – Les commissions de trading

Il convient ici d’adapter les business models pour contrer la tendance à la baisse des commissions (« fees ») observée ces dernières années. Pour ce faire, Accenture préconise que les banques d’investissement devraient chercher à faire évoluer leurs business models actuels comme un moyen de réaliser de nouvelles sources de valeur et de rentabilité, et cite par exemple l’automatisation du trading.

Ce qui ne signifie pas pour autant que tous les traders, vendeurs, gestionnaires de portefeuille et courtiers finiront par être remplacés par des robots. Car en dépit des avantages de la technologie, certaines des meilleures solutions se présentent sous la forme humaine, en chair et en os, à même d’apporter une valeur ajoutée unique. La clé de votre survie est de comprendre si votre carrière est en passe d’être éliminée ou non par l’automatisation.

Challenge 8 – La perturbation numérique

Les banques sont désormais tenues d’adopter un écosystème digital intégré. « Les technologies digitales impactent la manière dont nous interagissons avec les clients et répondons à leurs besoins, offrant une multitude de possibilités d’innover tout en transformant nos activités en profondeur. Afin d’apporter plus de valeur ajoutée aux clients et de maintenir notre compétitivité, nous accélérons notre transformation digitale pour être plus agiles dans un environnement en constante évolution », commente Didier Valet, directeur de la Banque de Grande Clientèle et Solutions Investisseurs chez Société Générale.

Ce qui passe notamment par des créations de postes. SocGen a ainsi annoncé ce mois-ci la création d’un Digital Office au sein du pôle de Banque de Grande Clientèle et Solutions Investisseurs et nomme à sa tête, en tant que Chief Digital Officer, Alain Fischer, qui était responsable mondial e-Business pour les activités de marché de SG CIB depuis 2013.

Challenge 9 – Cybersécurité

Dans son étude The Global State of Information Security Survey 2016 menée auprès de PDG, Directeurs Financiers, DSI, RSSI et responsables informatique et sécurité, le cabinet d’audit et de conseil PwC explique que le nombre de cyber-attaques recensées a progressé en 2015 de 38% dans le monde et de 51% en France, alors que les budgets sécurité des entreprises n’ont augmenté respectivement que de 24% et 29%. Cela dit,  les banques ont bien compris l’intérêt de lutter contre la cybercriminalité et s’en donnent les moyens, à l’instar de la Société Générale qui vient d’annoncer que sur les 1,5 milliard d’euros en investissement IT d’ici 2020, environ 5% seront dédiés à la sécurité.

« Les cyberattaques sont en constante augmentation, et bousculent le marché en amplifiant le besoin de profils dotés de fortes aptitudes en matière de sécurité, avec pour conséquence une possible pénurie de candidats très qualifiés à court terme », expliquent les auteurs de l’étude de rémunération 2016 de Robet Half. Face à la pénurie de profils, les banques n’hésitent plus à se tourner vers des profils moins académiques d’amateurs informatiques autodidactes. Pour les dénicher, elles ont recours à des voies moins conventionnelles comme les hackathons.

Challenge 10 – Les données de marché

Comme on l’a vu au point 3, la gestion des data est devenue un véritable défi pour les banques d’investissement, notamment du fait des évolutions réglementaires et des exigences accrues en  termes de contrôle des coûts et de conformité. Face à l’envol des contraintes de réglementation, de nouvelles sources de données, et de nouveaux instruments et produits financiers, les chief operating officers (COO) sont mis à rude épreuve.

Conséquence : « les spécialistes de la Data sont aujourd’hui très recherchés, car ils permettent de nourrir la stratégie digitale globale », constate Martin Villelongue. Reste à trouver la perle rare, ce qui est loin d’être gagné au regard de la pénurie de candidats, et ce en dépit d’une rémunération qui dans certains cas peut avoisiner les six chiffres au-delà de cinq ans d’ancienneté et de perspectives d’évolution de carrière vers des fonctions d’Architecte, de Chef de Projet, ou de Responsable dans leur domaine respectif.

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