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INTERVIEW : Catherine Wines, une Française parmi les « Power Women in Fintech »

Catherine Wines a répondu présente à l'invitation de Laurent Nizri, CEO Altéir Consulting & Vice Président de l'Acsel.

Catherine Wines a répondu présente à l'invitation de Laurent Nizri, CEO Altéir Consulting & Vice Président de l'Acsel.

Catherine Wines, co-fondatrice et Directrice des opérations de la pépite Britannique de la fintech WorldRemit, était en déplacement jeudi dernier à Paris pour participer à la conférence Paiement & Fintech de demain, une grande matinée dédiée à une rétrospective des grandes évolutions dans le paiement organisée par la Commission Paiement & Finance Digitale de l’Acsel (association de l’économie numérique) et le cabinet de conseil en stratégie Altéir Consulting.

Au programme : paiement mobile, monnaie électronique, transferts d’argent, light banking, wallets, change, prépayé, PSP nouvelles génération, mpos, , etc… autant de thèmes qui ont nourri l’actualité de la Fintech première génération. Les principales évolutions/révolutions dans les paiements étaient illustrés au travers de témoignages d’acteurs clés de la finance digitale Européenne en général et de la Fintech en particulier.

Nous en avons profité pour interviewer Catherine Wines, cette Française qui a émigré à Londres depuis plusieurs années et a géré avec brio les réseaux Travelex dans le monde avant de rejoindre l’aventure WorldRemit, classée 4e plus grande croissance par Deloitte en EMEA. Financière qualifiée, Catherine Wines possède une grande expérience commerciale dans le secteur du transfert d’argent.

Vous avez été nommée Power Women in Fintech par Innotribe de Swift. Quelle impression cela fait ? 

C’est très flatteur d’être reconnue comme contributrice importante dans la Fintech. Le plus important à mon sens dans cette reconnaissance « Power Women in FinTech », il s’agit de casser les préjugés rapportant que les femmes ne peuvent pas réussir dans les services financiers ou entreprises technologiques. Vingt ans plus tôt, il était rare de trouver des femmes a des postes clés dans les secteurs technologiques ou financiers. Il reste néanmoins beaucoup d’efforts nécessaires afin de réduire les inégalités hommes-femmes. Il est plus commun, aujourd’hui, de trouver des femmes talentueuses, a la tête d’entreprises technologiques ou à des postes clefs dans les services financiers.

Pouvez-vous revenir brièvement sur votre parcours universitaire et professionnel ? 

Après l’obtention de mon ACCA, j’ai travaillé chez KPMG dans l’audit et le corporate finance. C’était une expérience très enrichissante pour moi puisque j’ai pu accéder à des projets très diversifiés. Même si j’ai su très tôt que je ne souhaitais pas passer toute ma carrière dans une entreprise de comptabilité, KPMG m’a apporté une base solide pour m’orienter vers de nouveaux horizons.

Plus tard, j’ai créé mon propre cabinet de formation et d’accompagnement en comptabilité pour les personnes dans les économies émergentes, telles que l’Europe de l’Est et la Chine. C’était ma première expérience entrepreneuriale.

Puis, j’ai été impliquée dans une entreprise de transfert d’argent qui s’appelle FirstRemit. En somme, le début de mon histoire d’amour avec les transferts d’argent. L’entreprise a été vendue à Travelex et plus tard à Coinstar.

La certification ACCA dont vous êtes titulaire a-t-elle été un plus dans votre ascension professionnelle ?  

Ma qualification ACCA a joué un rôle important dans ma progression professionnelle. A cette époque, la plupart des personnes optaient plutôt pour des formations professionnelles en comptabilité (aujourd’hui les MBA ont plus la côte) afin de lancer leur carrière. Ma qualification ACCA m’a apporté de la crédibilité, spécialement il s’agit de discuter avec des investisseurs. Ça m’a également aidé à progresser et accéder à des postes à responsabilité plus facilement.

Je dois admettre qu’il était assez rare qu’une femme passe son ACCA. Je me souviens avoir demandé à mon patron de financer ma formation. Il m’avait alors demandé d’achever la première étape de la formation avant de prendre en charge la suite, afin de lui prouver que j’étais capable de le faire. J’ai réussi la première étape, mais il n’avait pas financé la suite de ma formation sous prétexte que « les femmes n’étaient pas de bonnes comptables ». J’ai quitté l’entreprise peu de temps après cette histoire. Je suis heureuse que les femmes aujourd’hui, sont moins victimes de stigmatisations les empêchant de poursuivre une carrière dans la finance.

Pourquoi avoir co-fondé WorldRemit ? Que fait cette entreprise ? Recrute-t-elle actuellement ? Si oui, quels profils ?

J’ai cofondé WorldRemit avec Ismail Ahmed, notre PDG, parce que nous avions identifié un vide dans le marché, laissant place à un service en ligne de transfert d’argent aidant les migrants à réaliser des transferts de manière instinctive et immédiate à leurs familles et amis dans les pays en développement. Grâce à l’application WorldRemit, les utilisateurs peuvent transférer de l’argent vers plus de 125 pays à travers le monde. La majorité des transferts sont instantanés.

Nous recrutons continuellement et nous sommes spécifiquement intéressés par les talents d’ingénieurs, développeurs, chefs de produit et des responsables du développement. Nous retenons principalement les candidats autonomes, créatifs et qui prennent des initiatives. Nous ne sommes pas intéressés par les candidats qui ont passé plusieurs années dans de grandes institutions, qui ont généralement des difficultés à s’adapter à un environnement en constant changement et moins structuré. Les candidats n’ont nul besoin d’avoir une longue expérience dans les transferts d’argent ni même la finance pour réussir chez WorldRemit.

Quels conseils donneriez-vous à des candidats en finance désireux de monter ou rejoindre une société fintech ?  

Construisez votre réseau de contacts très tôt et tentez d’acquérir un maximum d’expérience dans une entreprise FinTech, par le biais d’un stage ou un job d’été. Vous apprendrez beaucoup dans un laps de temps assez court. Vous saurez alors si un environnement technologique à forte croissance vous conviendrait.

Les femmes sont encore largement sous-représentées dans la fintech.  Qu’est-ce que cette observation vous inspire ?

Je crois fermement que la diversité dans une équipe de travail est synonyme que l’entreprise travaillera mieux en ayant de meilleures idées et récoltera le fruit d’une large gamme de compétences. Les carrières dans les nouvelles technologies ont historiquement été dominées par les hommes, quand beaucoup de profiles travaillant dans la FinTech viennent des traditionnels services financiers, et tendent eux aussi vers une dominance masculine. Cette tendance s’effrite avec la disparition des clichés sur l’accession des femmes à l’ingénierie et les services financiers.

Je suis ravie de la diversité chez WorldRemit. Plusieurs postes clés, y compris celui de responsable technique (CTO), Responsable ressources humaines (CPO) et responsable des opérations (COO) sont tenus par des femmes, et notre staff est représenté par une grande diversité de nationalités et profiles.

En tant que femme d’âge mûr dans la FinTech, j’espère aussi démontrer que toutes les startups ne sont pas créées par des jeunes hommes dans leur vingtaine.

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