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M&A : ce qu’il faut savoir sur les grands secteurs d’activités pour 2016

Avec une baisse des prix du pétrole et une volatilité importante, le secteur est en pleine restructuration

Avec une baisse des prix du pétrole et une volatilité importante, le secteur est en pleine restructuration

Depuis le début de l’année, le cabinet de conseil et d’audit EY a publié un certain nombre d’études sectorielles dans les fusions et acquisitions (M&A) réalisées à partir de spécialistes couvrant différents secteurs d’activités. Voici donc un petit récapitulatif de ce qui s’est passé en 2015 et des perspectives 2016 pour toutes celles et ceux voulant travailler dans les M&A et peaufiner leur connaissances des secteurs suivants afin de faire la différence avec les autres candidats en entretien d’embauche :

Pétrole et Gaz

Exploration et production (upstream) : La plus grosse acquisition observée sur les 5 dernières années s’est opérée en 2015 (Royal Dutch Shell faisant l’acquisition de BG Group). Cette opération représente 54% du total de 153 milliards de dollars des acquisitions dans le secteur Upstream. En dehors de cette opération, les transactions se sont concentrées à hauteur de 61% de la valeur totale en Amérique du Nord, où la plus grosse acquisition est celle de Rosetta Resources par Noble Energy pour 3,8 milliards de dollars.

Transport et stockage (midstream) : Avec 105 transactions réalisées, le volume a baissé de 8% en 2015 par rapport à 2014. Et même si la valeur des transactions est passée de 166 milliards de dollars en 2014 à 149 milliards de dollars en 2015, cela reste un niveau historiquement élevé, l’année 2014 étant exceptionnelle à ce sujet. Le secteur est dominé par les Etats-Unis et le Canada, qui comptent pour 84% des transactions et 97% de la valeur de tout le secteur midstream.

Raffinage (downstream) : En 2015, plus de la moitié des transactions se sont concentrées sur les Etats-Unis, contre 25% en Asie et 12% en Europe. Le volume des transactions a très peu évolué entre 2014 et 2015 : 142 transactions pour 51,2 milliards de dollars en 2015 contre 134 transactions pour 29,6 milliards de dollars en 2014.

Services pétroliers : On observe une chute de 52% du volume de transactions entre 2014 et 2015 (le nombre de transactions passant de 406 en 2014 à 193 en 2015). Le total de la valeur des transactions s’est élevé à 26 milliards de dollars, soit plus de 10 milliards sous la moyenne des 5 précédentes années, avec une baisse de 45 milliards en 2014.

Parole d’expert : « La baisse du prix du baril et sa volatilité ont déstabilisé les transactions en 2015. Avec un horizon anticipé de prix bas, les négociations devraient gagner en fluidité entre acheteurs et vendeurs. Le contexte s’annonce plus favorable pour l’année 2016 et nous devrions observer une reprise de l’activité des fusions et acquisitions dans les prochains mois », commente Michael Lafarge, Associé, expert Oil & Gas chez EY.

Mines et métaux

Ce qu’il faut retenir : L’an dernier, 358 transactions ont été réalisées, soit 34% de moins qu’en 2014. On a enregistré 228 millions de dollars de levée de capitaux, soit une baisse de 9% en un an, ainsi que 13 introductions en bourse avec une baisse de 78% en valeur par rapport à 2014. En 2015, 20 entreprises ont fait faillite aux Etats-Unis dans le secteur du charbon. En tout, c’est 46 entreprises dans le monde qui ont fait faillite dans le secteur des mines et métaux. L’écart entre la dette nette et le EBITDA (Earnings Before Interest, Taxes, Depreciation, and Amortization) ne cesse de se creuser. Le rapport dette nette/EBITDA a atteint 2,5, un taux jamais atteint.

Le nombre de transactions dans le minerai de fer ont chuté de 86% en un an. 29% de la valeur des opérations en 2015 étaient dédiées à l’or. L’or était le métal le plus visé, à la fois en volume et en valeur. Les transactions dans l’acier ont augmenté de 38% en volume

Parole d’expert : « Il semblerait que des changements de propriétés matérielles soient au programme pour 2016, avec de nouveaux acteurs prenant position, les plus importants réduisant leurs portefeuilles et certains ne pouvant pas survivre », explique Christian Mion, Associé, spécialiste du secteur Mining & Metals chez EY.

Power et Utilities

Ce qu’il faut retenir : D’après le  baromètre mondial semestriel réalisée au second semestre 2015 auprès de 113 dirigeants du secteur, 58% d’entre eux  ont l’intention d’effectuer des acquisitions, soit 30% de plus qu’il y a deux ans. 81% des dirigeants ont le sentiment que l’économie actuelle s’améliore, soit 30% de plus que l’année précédente.

Pour 45% des dirigeants interrogés, l’exploitation de nouvelles technologies est l’enjeu principal de la croissance organique pour les 12 mois à venir. L’augmentation de la volatilité dans les marchandises et les devises est entrée dans l’agenda des réunions décisionnelles pour 37% des répondants lors des 6 derniers mois.

Il y a un an, 6% des transactions prévues par les dirigeants du panel s’élevaient à plus d’un milliard de dollars, cette année aucune transaction de ce montant n’est planifiée. Enfin, 78% n’ont pas réussi à conclure une acquisition dans les douze derniers mois, la principale raison de ces échecs étant l’inquiétude de la pression réglementaire ou des examens anti-trust pour 30% d’entre eux.

Parole d’expert : « Les acteurs du secteur se concentrent davantage sur les opportunités qui leur permettent de générer une croissance forte et de gagner des clients. Nous nous rendons compte que les synergies entre secteurs sont de plus en plus fréquentes, particulièrement avec les fournisseurs de technologies, ce qui permet aux acteurs de s’étendre à travers la chaine de valeur», commente Mohamed Larabi, Associé, expert Power & Utilities chez EY. « Ainsi, 55% des acteurs de Power & Utilities prévoient de faire une acquisition hors secteur, ciblant plus particulièrement le secteur public, pour 24% d’entre eux. Ceci peut être expliqué dans la plupart des cas par l’ouverture à la concurrence du marché de l’énergie par les gouvernements ».

Grande consommation et distribution

Ce qu’il faut retenir : Réalisée en septembre 2015, cette nouvelle édition du baromètre montre que 66% des dirigeants interrogés envisagent de poursuivre activement des acquisitions dans les 12 prochains mois : un résultat inégalé depuis 6 ans, correspondant au taux d’intention le plus important, tous secteurs confondus. Près de 6 participants sur 10 indiquent avoir trois opérations ou plus en cours. 41% des répondants prévoient d’opérer leurs prochaines acquisitions à l’étranger, contre 30% sur leur marché domestique.

Les marchés matures sont de nouveau prioritaires pour les fusions acquisitions. Le top 5 des destinations pour les investisseurs : les États-Unis (3ème il y a 6 mois), le Royaume-Uni, la Chine, l’Inde et l’Allemagne. La France passe de la 7ème à la 9ème place. Pour 26% des répondants, leurs intentions d’investir dans la zone euro se sont développées en raison des liquidités disponibles et des faibles taux d’intérêt. Si 26% des dirigeants interrogés envisagent des opérations comprises entre 251 millions et 1 milliard USD, ils sont une majorité (71%) à en planifier en deçà de 250 millions USD.

La réduction des coûts et le gain en efficacité opérationnelle sont des objectifs prioritaires pour une entreprise interrogée sur 2. Près d’un dirigeant sur 4 envisage une acquisition pour développer de nouvelles technologies. 73% des dirigeants interrogés priorisent des acquisitions qui viennent compléter/renforcer leurs activités existantes. Enfin, 32% des entreprises répondantes motivent leurs plans de croissance organique à horizon 12 mois par le développement de la R&D et le lancement de nouveaux produits.

Parole d’expert : « Au sujet d’une potentielle cyber-attaque, 1 dirigeant sur 2 estime que le risque est élevé au cours des différentes étapes d’une acquisition. Ainsi, 56% d’entre eux déclarent mettre en place des moyens de cyber-sécurité pour sécuriser leurs transactions », explique Olivier Macard, Associé, responsable du secteur Retail Consumer Product chez EY.

Industrie biopharmaceutique

Sur la base d’un panel de 17 Big Pharma, 10 laboratoires spécialisés et 12 grandes entreprises de biotechnologies analysés, l’édition 2015 du rapport met en évidence les grands enseignements suivants :

Un montant de transactions record : L’année 2015 enregistre un montant de transactions record dans l’industrie biopharmaceutique, atteignant une valeur totale de plus de 300 milliards de dollars (US), soit 100 milliards de dollars de plus qu’en 2014, et un montant total quatre fois supérieur à celui observé en 2010.

Le retour des « Big Pharma » : Le début de l’année 2015 a été marqué par une activité M&A soutenue par laboratoires pharmaceutiques spécialisés. Les géants du secteur, ou « Big Pharma » sont revenus en force plus tard dans l’année et ont finalement dominé le marché des transactions en 2015.

Des écarts de croissance persistants : L’écart constaté entre les ventes de produits des Big Pharma et la croissance du marché mondial des médicaments s’élève encore à près de 100 milliards de dollars. Malgré un volume important de médicaments ayant obtenu les autorisations de mise sur le marché, la pression sur les coûts est telle qu’elle pourrait impacter la croissance des revenus du secteur.

Des puissances d’achats contrastées entre les différents acteurs : Alors que la puissance d’achat des laboratoires spécialisés diminue de près de 50%, la capacité des biotechs à financer des opérations atteint des sommets (plus de 300 milliards de dollars).

Parole d’expert : « Même s’il semble peu probable que le marché puisse à nouveau observer des ‘mega deals’ de plus de 100 milliards de dollars tels que ceux opérés en 2015, le rythme de l’activité M&A devrait rester soutenu en 2016, essentiellement motivé par des opérations de recentrage des activités », commente Marc André Audisio, associé, responsable du secteur Sciences du Vivant au sein du département Transaction Advisory Services chez EY.

Médias et divertissement

Ce qu’il faut retenir : Réalisé au second semestre 2015, et parmi les acteurs de 53 pays, cette nouvelle édition du baromètre montre que 59% des sondés prévoient des acquisitions au cours de l’année à venir (contre 40% il y a un an) et que 22% des répondants visent des deals de plus de 250 millions de dollars.

Qui plus est, 81% des répondants ont le sentiment que l’économie s’améliore, contre 52% un an plus tôt. La volatilité croissante des biens et des monnaies est considérée comme le plus grand risque économique dans les 6 à 12 prochains mois pour 36% des répondants.

Pour finir, 36% des dirigeants ont l’intention d’allouer 10% ou plus de leur budget aux acquisitions dans les marchés émergents. Pour 25%, la mauvaise appréhension des enjeux post intégration a été la principale raison pour laquelle les transactions n’ont pas rencontré les résultats attendus.

Paroles d’experts : « La disruption numérique, l’accélération de l’innovation et l’évolution du marché continuent à avoir un impact important sur les perspectives stratégiques du secteur. Alors qu’un quart des acteurs du secteur veulent se recentrer sur leur marchés, ils sont 75% à regarder au-delà de leur secteur pour accéder à de nouvelles technologies ou s’étendre sur de nouvelles activités », expliquent Solenne Blanc et Philippe Blanadet, experts du secteur Media & Entertainment chez EY.

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