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Créer un impôt sur les diplômés pour endiguer la hausse des frais de scolarité ?

En Angleterre, l’heure est aux économies, y compris dans l’enseignement supérieur. Selon l’Association des universités britanniques (UKK), l’État envisagerait une réduction de 25 à 40 % des budgets, soit une baisse minimum de 5 milliards d’euros. Conséquence : les étudiants anglais pourraient bien voir leurs frais de scolarité s’envoler à la rentrée 2011, ce qui aurait pour effet de dissuader les adolescents issus des familles les plus modestes de poursuivre leurs études supérieures.

À moins que le système actuel ne soit amené à évoluer. C’est en tout cas le vceu de deux chercheurs de Cass Business School et de l’Université de Cologne qui viennent de publier une étude intitulée Les universités : actionnaires de la carrière de leurs étudiants . Ils prônent carrément l’instauration d’un régime de taxation des futurs salaires des diplômés, dont les bénéfices seraient directement versés à l’établissement des anciens élèves.

D’après les auteurs de l’étude, ce serait une avancée sociale car un impôt sur les diplômés permettrait à un plus grand nombre d’étudiants d’accéder aux études supérieures. Verser une taxe à son université une fois diplômé constituerait non seulement une alternative aux frais de scolarité, mais inciterait également les universités à investir dans la qualité de leur enseignement et aiderait les étudiants à trouver un emploi une fois diplômés , ajoute Tom McKenzie, chargé de recherche à Cass Business School.

Un débat qui concerne aussi la France

La question du financement des études n’agite d’ailleurs pas que les politiques et écoles outre-manche. L’Edhec vient de publier une étude qui recommande la mise en place de contrats de formation supérieure, qui spécifierait au niveau individuel le montant des efforts financiers consentis par la collectivité à la formation de l’étudiant et les modalités de sa contribution.

Étant donné le risque qui pèse sur la valorisation des carrières, il apparaît dangereux de faire reposer cette contribution uniquement sur la mise en place de droits d’inscription : une certaine dose de mutualisation des risques apparaît nécessaire, explique Pierre Courtioux, chercheur au pôle de recherche en économie à l’Edhec Business School. La mise en place d’un prêt à remboursement conditionnel au revenu (PARC) est une solution qu’il faut envisager .

Le débat est d’autant plus d’actualité que l’Université Paris-Dauphine a décidé, depuis la rentrée 2010, d’augmenter les droits d’inscription de ses étudiants, qui s’échelonnent désormais entre 1 500 et 4 000 € par an, contre seulement 231 € précédemment. Et même si ces frais restent bien en dessous de ceux pratiqués par les grandes écoles de commerce, ils ne manquent pas de susciter l’indignation de l’Union nationale des étudiants de France (UNEF), qui craint que Dauphine ne se transforme en ghetto de riches .

Qu’en pensent les principaux intéressés ?

D’après l’étude de Cass Business School, la plupart des étudiants sont en faveur de l’impôt, mais les étudiants les plus prometteurs ont tendance à préférer payer directement leurs frais de scolarité, car ils s’attendent à payer dans le futur des taxes plus importantes que les étudiants ayant moins bien réussi. Les étudiants moyens rejoignent quant à eux l’idée d’un impôt sur les diplômés, car il donnerait davantage de garanties au niveau de l’enseignement.

Et vous, que pensez-vous de ces différentes pistes de financement de l’enseignement supérieur ? N’hésitez pas à répondre au sondage que nous avons mis en ligne sur ce sujet. Votre avis nous intéresse…

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