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Paris tend la main aux spécialistes du financement des infrastructures

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Vous voulez faire carrière dans le financement de projets d’infrastructures ? Alors sachez que des opportunités sont à saisir sur la place financière parisienne. En banque de financement par exemple, Denis Marcadet, président et fondateur du cabinet de chasse Vendôme & Associés constate « une légère activité dans les financements de projets, notamment en infra et ressources naturelles ». Et dans le private equity, il relève  « une demande de jeunes professionnels (6 à 10 ans d’expérience) notamment côté des fonds infra et de dettes», précisant que « des profils issus des filières bancaires ou de sponsors sont considérés ».

Il faut dire que ces activités ont plutôt bien performé ces derniers mois. Chez Société Générale par exemple, les revenus des métiers de Financement et Conseil ont augmenté de +16,4% au troisième trimestre 2015, le financement de ressources naturelles ayant été marqué par de nombreuses transactions, tandis que les financements export et d’infrastructures ont également contribué à la bonne performance de cette ligne-métier.

Un risque de disparition des équipes

Il n’empêche, l’organisme de promotion de la place financière parisienne Paris Europlace vient de publier ce jeudi un rapport intitulé Marché mondial des infrastructures – Consolider l’offre de la place financière de Paris et qui pointe un risque de perte d’expertise, voire de disparition progressive des équipes industrielles et financières spécialisées dans les infrastructures. Ce pavé très technique de 72 pages, réalisé par le groupe de travail « Financement des infrastructures » de Paris Europlace présidé par Jean Beunardeau, directeur général de HSBC France,  et composé de toutes les parties prenantes associées au financement des infrastructures parmi lesquelles de nombreuses banques (BNP Paribas, SocGen, Natixis, CA CIB), met l’accent sur la baisse de compétitivité de la Place de Paris.

Et ce malgré la tradition d’excellence française dans le financement et la réalisation des infrastructures grâce à la présence de sociétés de private equity spécialisées dans les infrastructures greenfield et brownfield, de banques traditionnellement actives sur ces marchés au niveau du conseil, de l’arrangement des financements et de la mise en place de prêts en financement de projets, ainsi  que d’investisseurs institutionnels (notamment des fonds de dette) de plus en plus compétents et actifs dans ce domaine depuis la crise financière de 2008 et la raréfaction des crédits bancaires à long terme qui en a résulté.

En réalité, la baisse de compétitivité « est surtout due à la situation défavorable du marché français qui pâtit à la fois de la baisse des dépenses publiques d’investissement et d’un moindre recours aux outils et acteurs privés », expliquent les auteurs du rapport. Un constat qui apparaît d’autant plus paradoxal que le marché des infrastructures est marqué par des besoins considérables pour répondre à la transition énergétique et climatique, accompagner le développement des pays émergents et réaliser des projets décentralisés et de plus petite taille sur les marchés plus matures en Europe et en France.

Une série de 15 propositions

C’est pourquoi le rapport aboutit à 15 recommandations qui visent principalement à relancer le marché français, notamment par « l’instauration d’un pôle de financement des grands projets pour coordonner et dynamiser le rôle de la France, et fournir aux opérateurs français des outils (structures et produits) équivalents à ceux de leurs concurrents ». Le rapport souligne également « l’importance également de dégager les moyens d’accroître la présence des équipes françaises sur les marchés d’infrastructures européens et émergents ».

Le développement de l’écosystème de la Place de Paris pour accroître sa part de marché globale passe notamment par « le maintien du pôle d’excellence de la Place de Paris et d’un pipeline de projets français, la garantie de la stabilité du cadre légal, réglementaire et fiscal pour les investisseurs, le fait de rester vigilant sur les débats européens touchant au financement, particulièrement Solvency 2, la règlementation prudentielle bancaire, et le dispositif sur les fonds d’investissements à long terme ». Bref, autant d’initiatives qui vont dans le sens des professionnels du Project finance. Reste à en mesurer l’efficacité sur le terrain…

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