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Les pires préjugés sur les jobs en hedge fund

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De tous les clichés qui collent aux jobs en hedge fund, le premier concerne les salaires. Nombreux sont ceux qui sous-estiment le temps et le volume de travail nécessaires pour atteindre les niveaux de salaires et de bonus effarants qui font les unes de la presse.

Pour chaque Chris Rokos, qui a gagné près de 900 millions de dollars en dix ans lorsqu’il travaillait chez Brevan Howard, il y a assurément des centaines de salaires bien plus réalistes. Selon le cabinet de chasseurs de têtes Glocap, spécialisé en buy-side, les débutants gagnent en moyenne de 90 à 125k $ – soit 82 à 115k €.

« L’un des pires préjugés consiste à croire que si vous travaillez en fonds spéculatif, vous ne faites finalement pas grand-chose, que vous gagnez beaucoup d’argent, et que vous avez une vie exceptionnelle jusqu’à la fin de vos jours – mais c’est très loin de la réalité », raconte Afroz Qadeer, CEO de Kettle Hill Capital Management et membre de la Mid-Atlantic Hedge Fund Association. « Les gens vous voient comme un maître de l’univers, mais en fait, vous travaillez comme un fou en enchaînant les journées sans fin. »

Voici donc un aperçu un peu plus réaliste de la vraie vie en hedge fund.

  1. Travailler en hedge fund ne vous fera pas gagner des millions, sauf si vous avez vraiment beaucoup de chance

David Kochanek, éditeur de la Hedge Fund Marketing Alliance et de HedgeFundCompensationReport.com, confirme qu’il est courant de surestimer les revenus des professionnels des fonds spéculatifs. Les propriétaires de grands hedge funds sont souvent classés parmi les personnalités les plus fortunées, mais seuls les plus chanceux affichent des salaires supérieurs à sept chiffres…

Ce qu’atteste son exemple, selon lequel « l’an dernier, environ la moitié des participants à notre étude ont déclaré gagner entre 100 et 300k $ (de 92 à 276k €) ».

Le dernier rapport de Hedge Fund Compensation indique que moins de 10% ont déclaré des rémunérations en cash supérieures à un million de dollars. Et pour ceux qui dépassent le million annuel, plus de 70% de ces revenus proviennent de bonus, qu’ils doivent en général réinvestir en partie dans le fonds.

  1. Vous devrez travaillez très dur, souvent très au-delà de votre description de poste

Quand vous commencez en hedge fund, soyez prêt à enchaîner les heures de travail et une multitude de tâches. Les attentes vis-à-vis des salariés sont inversement proportionnelles à la taille du fonds. « Il est difficile de décrocher un bon job en fonds spéculatif », avoue George Schultze, CEO de Schultze Asset Management et membre du conseil d’administration de la Hedge Fund Association. « La plupart des hedge funds sont de petites structures, c’est pourquoi certains jobs ne sont pas forcément très glamour… ».

En conséquence, « attendez-vous à travailler dur et à accepter plusieurs casquettes dès vos débuts », précise-t-il. « Soyez conscients qu’il y a peu d’offres, si bien que la compétition peut être acharnée. Soyez prêt à travailler plus pour l’expérience que pour des salaires élevés – c’est le meilleur moyen de faire votre trou dans ce business, si tel est votre objectif. » Afroz Qadeer concède que les hedge funds représentent souvent des environnements de travail marqués du sceau de la compétition, particulièrement exacerbée dans les fonds de petite taille ou de taille moyenne, qui ne disposent pas du soutien d’une structure plus importante. « Vous serez amené à traiter de multiples tâches, et à mettre les mains dans le cambouis ! » poursuit-il. Aussi étonnant que cela puisse paraître, d’après le rapport de David Kochanek, environ 40% des professionnels en hedge fund évaluent leur équilibre vie privée-vie professionnelle au-dessus de la moyenne, voire excellent, alors que 20% seulement le considèrent en-dessous de la moyenne ou insatisfaisant.

  1. Tous les hedge funds sont différents

Victoria Hart, gestionnaire de portefeuille chez Pinnacle View Capital Management, un fonds long/short equity, revient sur un autre préjugé, selon lequel les fonds spéculatifs ont tout d’un monolithe. Le secteur des hedge funds est pourtant extrêmement diversifié, indique-t-elle, avec plus de 10.000 sociétés affichant des différences notables en termes de style, stratégie, classes d’actifs, exposition ou encore chiffre d’affaires.

Selon elle, « le public non initié a tendance à les amalgamer, créant ainsi des stéréotypes qui sont associés au secteur dans son ensemble ».

  1. Il faut du temps pour faire son trou

Certains débutants plutôt ambitieux ont tendance à sous-estimer la durée nécessaire à l’acquisition de l’expertise indispensable pour réussir à long terme.

Côté investissement, il vous faut engranger une expérience de terrain à travers les différents cycles de marchés – seul moyen, selon Victoria Hart, d’apprécier les mouvements des marchés. Les fonctions sales et marketing demandent du temps pour cultiver les relations et apprendre l’art de la persuasion et des techniques de vente. Quant aux opérations, elles sont encombrées d’une multitude de détails tous plus importants les uns que les autres, qu’il faut aussi apprendre à maîtriser.

« Un autre préjugé consiste à croire que pouvez passer pour un dieu avec une seule spécialité », poursuit Victoria Hart. « Mais tous les postes requièrent des compétences multiples ; briller dans un seul domaine ne suffit pas. »

En réalité, si une fonction côté investissement nécessite des capacités d’analyse, il vous faudra aussi vous appuyer sur une bonne communication pour faire passer vos idées : « les fonctions marketing et commerciales nécessitent de solides compétences en communication orale et écrite, mais aussi un terrain favorable aux maths pour bien comprendre le produit. »

Crédit photo : Thinkstock

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