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A quoi ressembleront les bonus 2015, banque par banque

Où le champagne coulera-t-il à flots ?

Où le champagne coulera-t-il à flots ?

La fin de l’année approche et avec elle les rumeurs autour du montant des bonus qui seront versés début 2016 au titre de l’année 2015. Si ces rumeurs s’avèrent fondées, les grandes banques américaines devraient se montrer généreuses à l’inverse de leurs consoeurs européennes qui devraient serrer les boulons.

Mais en sera-t-il vraiment ainsi ? « Les bonus payés par les banques françaises devraient continuer comme tous les ans à sous-performer leurs compétiteurs européens (Deutsche, Barclays…) et américains », nous explique sous couvert d’anonymat un recruteur en finance parisien. Néanmoins, il est bon de rappeler que la sécurité de l’emploi ainsi que les avantages au sein d’une banque française viennent compenser dans une certaine mesure ce manque à gagner. « Donc quitte à travailler pour une banque française, mieux vaut se baser à Paris sous contrat régi par la législation française, car les banquiers basés à Londres souffriront doublement de faibles bonus, du coût de la vie et de la précarité plus sensible », poursuit-il.

Outre-Manche, des chasseurs de têtes londoniens pensent que la supposée décision de Morgan Stanley d’augmenter de 25% de ses traders fixe income avant le versement des bonus pourrait changer la donne. « A ce stade tout est encore possible », explique un chasseur de têtes senior fixed income. « Même si les enveloppes de bonus ont été attribuées, elles pourraient à nouveau réduites. A l’heure où Credit Suisse, Deutsche Bank et Morgan Stanley réduisent leurs effectifs, il serait par conséquent irresponsable pour les banques de ne pas réduire les bonus ». « La plupart des gens disent les enveloppes de bonus vont baisser entre 10% et 20% », relève un autre chasseur de têtes. « Même si vous avez bien performé, le mieux à ce que vous pouvez probablement vous attendre est un faible bonus »

Voilà donc pour les perspectives générales. Et voici à quoi vous attendre banque par banque…

Barclays

Ce qui a été dit : Jes Staley, le tout nouveau CEO de Barclays, étant arrivé cette semaine, il est donc encore trop tôt pour lui pour s’exprimer sur les bonus. Toutefois, le président de Barclays John McFarlane (qui a embauché Staley) a déclaré en octobre qu’il pensait que les bonus étaient un mauvais moyen d’enrichissement pour les banquiers et que les salaires dans l’industrie financière étaient encore trop élevés. Idéalement, les bonus pour les professionnels des marchés devraient être gelés pour les « trois ou cinq ans, histoire de voir quelle valeur ajoutée ils peuvent créer », a-t-il déclaré.

Cela pourrait suggérer que Barclays diffère cette année ses bonus sur des périodes plus longues. Cependant, McFarlane a également déclaré que Barclays ne pouvait pas différer les bonus unilatéralement ni payer ses banquiers en dessous des prix du marché.

La réalité : Barclays ne donne pas de chiffres de rémunération pour ses banquiers d’investissement dans ses rapports trimestriels. Néanmoins, Barclays a dépensé l’an dernier 3,6 milliards de £ pour rémunérer ses employés de banque d’investissement (bonus différés inclus) pour un revenu total de 7,6 milliards £, soit un ratio de compensation de 48%.

En 2015, les revenus de la banque d’investissement de Barclays ont augmenté de 3% au cours des neuf premiers mois de l’année comparativement à la même période de 2014. Ce qui pourrait suggérer que les bonus de la banque pourraient augmenter eux aussi. Toutefois, certaines activités de Barclays ont fait beaucoup mieux que d’autres : le trading macro et prêts ont surperformé cette année, tandis que les revenus de trading crédit sont en baisse de 11%. Si quelqu’un verra son salaire augmenter chez Barclays, ce ne sera donc certainement pas un trader crédit.

La structure de l’an dernier : Les bonus des banquiers juniors et intermédiaires de plus de 65k £ ont été reportés sur une échelle mobile sur une période de trois ans. Cependant, dans la poursuite d’une politique mise en place quelques années plus tôt, 100% de tous les bonus de plus de 250 k£ ont été reportés, et les managing directors ont vu 100% de leurs bonus différés pour un maximum de trois ans.

Bank of America

Ce qui a été dit : Brian Moynihan est resté silencieux sur les perspectives de bonus chez BoA.

La réalité : Au cours des neuf premiers mois de 2015, les commissions de banque d’investissement de BoA ont chuté de 5% par rapport à la même période l’année précédente. Les revenus trading et ventes ont diminué de 3%, avec une chute de 9% dans le fixed income.
Si la rémunération est restée constante en pourcentage du chiffre d’affaires, cela pourrait signifier que l’enveloppe de bonus de Bank of America sera réduite entre 3% et 5%, avec une plus grande réduction dans le crédit. L’an dernier, BoA avait déjà réduit les bonus de ses traders taux de 15% à 20%. Ces derniers ayant eu un bon troisième trimestre, ils peuvent donc espérer être épargnés cette année.

La structure de l’an dernier : les bonus chez BoA sont versés sur une période de trois ans. En 2012, Bank of America a limité les bonus en cash à 150k $ maximum pour certains de ses banquiers d’investissement, mais on ne sait pas si cette décision a été reconduite l’an dernier. BoA a par ailleurs augmenté les salaires de ses managing directors européens de 500k $ en février 2014 pour contourner la réglementation UE sur le plafonnement des bonus. Deux ans plus tard, son personnel pourrait penser qu’il mérite une autre augmentation.

BNP Paribas

Ce qui a été dit : Aucune information n’a filtrée sur les prochaines enveloppes de bonus chez BNP Paribas.

La réalité : Au titre de 2014, le groupe a accordé 250 millions d’euros de rémunérations variables aux 830 collaborateurs. Le bonus moyen des collaborateurs CIB ressort à 420 k€ par tête (soit 100% du fixe). La banque a ainsi tenu sa promesse de préserver les derniers bonus de ses collaborateurs, malgré l’amende américaine.

Pour 2015, la banque tiendra sans doute compte pour le versement des bonus de la bonne tenue de la banque de financement et d’investissement au troisième trimestre malgré un contexte de marché peu favorable. Tous les métiers sans exception sont en progression sur les neuf premiers mois de l’année : Fixed Income, Currencies & Commodities (+12,3%), Equity & Prime Services (+22,5%), Securities Services (+ 14,6%) ou Corporate Banking (+5,6%).

Mais les enveloppes de bonus devraient rester mesurées à l’heure où la banque devrait engager un programme de réduction de coûts de sa banque d’entreprise et institutionnelle (CIB) estimée de source syndicale à près de 20% d’ici à 2019, soit près de 6.000 emplois sur les plus de 29.000 que compte la division CIB.

La structure de l’an dernier : BNP indique un taux de différé de 40% à 60% et paie les bonus soumis à différé en 8 échéances, avec un dernier paiement en septembre 2018, soit 3 ans et 9 mois après l’exercice de référence.

Citi

Ce qui a été dit : Bloomberg rapporte que – toutes choses étant égales par ailleurs jusqu’à la fin de l’année – Citigroup versera une enveloppe de bonus inchangée par rapport à 2014. Cependant, il note également que Citi avait fait sensiblement les mêmes déclarations l’an dernier avant de procéder à une réduction des salaires des traders actions et fixed income suite à un mois de décembre difficile.

La réalité : Les rémunérations représentent environ 27-29% du chiffre d’affaires de la division Institutional Clients Group. Au cours des neuf premiers mois de 2015, les revenus de banque d’investissement (ECM, DCM et conseil M&A) ont baissé de 6%, avec une baisse drastique de 30% sur les marchés de capitaux propres (ECM) et une augmentation de 16% dans le conseil. Par conséquent, en banque d’investissement, les banquiers ECM sont susceptibles de voir leur salaire baisser tandis que les banquiers M&A pourraient toucher de maigres salaires du fait que leurs revenus sont utilisés pour subventionner les bonus des équipes ECM que la banque veut absolument retenir.
Partout dans la vente et le trading, les revenus de Citi ont baissé de 3% en glissement annuel au cours des neuf premiers mois, avec une réduction de 9% dans le fixed income.

La structure de l’an dernier : Citi a la réputation de payer une forte proportion de ses bonus en cash. En janvier 2014, elle a annoncé qu’elle payait au moins la moitié de ses bonus en Europe en cash, avec un paiement intégral de100% en cash pour les bonus allant jusqu’à 100k $, 75% pour ceux allant jusqu’à 499K $ et 60% pour ceux allant jusqu’à 3,9 millions de dollars. Les bonus chez Citi semblent être cependant différés sur une durée totale de quatre ans, ce qui est plus long que la plupart de ses concurrents américains.

Credit Suisse

Ce qui a été dit : Sans citer ses sources, le Sunday Times a rapporté la semaine dernière que les bonus en banque d’investissement de Credit Suisse pourraient chuter jusqu’à 60%.

La réalité : Le nouveau CEO Tidjane Thiam a licencié près de 30% des employés de sa banque d’investissement à Londres et a rappelé que les banquiers d’investissement du Credit Suisse n’étaient là que pour soutenir ses banquiers privés. La rémunération par tête en banque d’investissement a été de 208 kCHF (210k$) sur les neuf premiers mois 2015, en baisse de 222kCHF sur les neuf premiers mois de 2014. Si Credit Suisse prévoit de réduire significativement son enveloppe de bonus en banque d’investissement, il devra faire des changements profonds au dernier trimestre.

La structure de l’an dernier : Chez Credit Suisse, les bonus différés s’étalent sur une période relativement courte (trois ans) par rapport à d’autres banques, et cela ne concerne que les bonus supérieurs à 250k$.

Deutsche Bank

Ce qui a été dit : Si les indications se confirment, les bonus chez Deutsche Bank ne seront pas bons cette année. En octobre, Bloomberg a indiqué que Deutsche avait suggéré de réduire d’un tiers son enveloppe de bonus 2015 par rapport à l’an dernier. Le mois dernier, son nouveau CEO John Cryan a lui aussi déclaré que les banquiers étaient trop payés et considère les bonus comme un moyen inefficace de motiver les troupes.

La réalité : Au cours des neuf premiers mois de 2015, la rémunération par tête dans la division corporate banking et titres (qui comprend les banquiers d’affaires) a chuté de 5% à 110k€.

La structure de l’an dernier : Les bonus différés de Deutsche Bank s’étalent généralement sur trois ans. Cependant, 139 des plus hauts dirigeants de la banque ont vu leur bonus différé réparti s sur 4,5 ans et ne reçoivent rien en cas de dépassement d’un certain cours de l’action. Jadis, les bonus différés fonctionnaient comme suit : au moins 50% de la part des bonus de plus de 100K € était différée, 50% pour les bonus entre 100k€ et 200k€, et 75% pour ceux compris entre 200k € et 1M€. Au-dessus de 1 M €, tous les bonus ont été différés et Deutsche Bank ne paient pas de bonus en cash de plus de 300 K € en une seule année, ce qui signifie que lorsque ce plafond a été atteint, Deutsche paie quoiqu’il en soit tous les bonus en actions différées.

Goldman Sachs

Ce qui a été dit : Goldman Sachs n’a rien dit au sujet de ses prévisions de bonus pour 2015. Cependant, la banque a publiquement déclaré qu’elle préférait réduire les salaires plutôt que de couper dans les effectifs. Après un troisième trimestre difficile, les petits bonus risquent de devenir la norme.

La réalité : Au cours des trois premiers trimestres de 2015, la rémunération par tête a été de 288k$ par employé, contre 320k$ sur la même période en 2014. Si elle suit cette tendance, l’enveloppe de bonus de Goldman Sachs est donc susceptible d’être réduite de 10% cette année.

La structure de l’an dernier : Comme la plupart des banques américaines, Goldman Sachs diffère ses bonus pendant trois ans. Cependant, les cadres supérieurs sont tenus de conserver une «part significative» des actions pour un maximum de cinq ans. Dans l’ensemble, une forte proportion des bonus de Goldman Sachs sont généralement payés en cash.

J.P. Morgan

Ce qui a été dit : Bloomberg a rapporté cette semaine que l’enveloppe de bonus chez JP Morgan restera cette année «inchangé» pour les traders de la banque et des banquiers d’investissement.

La réalité : JP Morgan ne précise plus combien elle paie son personnel en banque d’investissement et intègre leur salaire avec celui de ses banquiers d’affaires. Sur la base de ces seuls revenus, par conséquent, il semble que les banquiers M&A de JP Morgan devraient toucher des bonus confortables cette année, leurs revenus ayant augmenté de 27% au cours des neuf premiers mois. Les traders actions sont également susceptibles d’être récompensés, leurs revenus ayant augmenté de 19%. Toutefois, les bonus sont susceptibles d’être réduits pour les traders fixed income (revenus en baisse de 12%) et pour les banquiers ECM (baisse de 10%). Les recruteurs londoniens précisent que certains professionnels ont connu une année particulièrement mauvaise sur les desks de taux.

La structure de l’an dernier : Historiquement, les bonus de JP Morgan sont différés sur trois ans. Les chasseurs de têtes indiquent que les bonus de JP Morgan sont presque entièrement payés en cash quand ils ne dépassent pas 250 k€.

Morgan Stanley

Ce qui a été dit : Une fois n’est pas coutume, le CEO de Morgan Stanley James Gorman n’a rien dit d’accablant sur les bonus cette année. Car dans le passé, il avait dit que les banquiers étaient trop payés et que les banquiers de Morgan Stanley qui n’étaient pas satisfaits de leurs bonus pouvaient partir.

La réalité : Morgan Stanley est censé réduire 25% de ses effectifs dans ses activités vente et trading fixed income. Indépendamment de la performance de la banque, cela n’est pas vraiment de bon augure pour les bonus en général, et pour les équipes fixed income en particulier.

La structure de l’an dernier : Les bonus sont généralement différés sur trois à quatre ans. En décembre 2014, la banque a pris la décision de payer une plus grande proportion de ses bonus en cash, en réduisant la part moyenne du bonus différé de 80% à 50% du total.

SocGen

Ce qui a été dit : Frédéric Oudéa, le patron de la Société Générale, qui vient de menacer de délocaliser ses activités de marché à Londres si la taxe Tobin entrait en vigueur en France, n’a pas fait de commentaires sur les bonus.

La réalité : La Société Générale avait indiqué une baisse de 38% de la rémunération variable versée à ses banquiers en 2015 au titre de 2014. Le bonus moyen des collaborateurs CIB était l’an dernier de 417 k€ par tête (soit 112% du fixe).

Si sur les 9 premiers mois de l’année, les revenus du métier Activités de Marché et Services aux Investisseurs sont en nette progression (+10,9%), ils sont en baisse de 10,4% au dernier trimestre, notamment pénalisés une activité commerciale en retrait pour les produits structurés. Ce qui devrait impacter le montant des bonus de la division Trading actions, pas aussi robuste qu’elle y paraît. Idem pour les activités Taux, crédit, changes et matières premières qui présentent des revenus en baisse tant au troisième trimestre (-22,7%) que sur les neuf premiers mois de l’année ( -13,6%),

La structure de l’an dernier : SocGen informe que pour les rémunérations variables les plus élevées, le taux de différé peut dépasser 70%. Depuis 2012, le taux de différé a été porté à 100% pour la partie de la rémunération variable excédant 2 M€. L’acquisition de la part différé du bonus s’effectue en trois ans par tiers, avec une première échéance en numéraire et les deux suivantes en équivalents actions.

UBS

Ce qui a été dit : UBS a également été étrangement silencieux sur le sujet des bonus 2015.

La réalité : les chiffres concernant la rémunération par tête de la banque d’investissement suggèrent que l’UBS est vraiment généreuse. Cependant, certains observateurs suggèrent que cela pourrait être parce que la banque n’inclut pas tous ses effectifs de back-office dans sa banque d’investissement. Quoiqu’il en soit, les traders et vendeurs fixe income n’ont pas démérité, avec une augmentation de 37% du chiffre d’affaires sur un marché en déclin.

La structure de l’an dernier : les actions sont généralement différées sur deux à trois ans après avoir été délivrées. Cependant, dans le passé, tout banquier de l’UBS gagnant plus de 300 kCHF par an voyait son bonus étalé sur une période complète de cinq ans. Plus généreusement, les bonus inférieurs à 300k $ étaient historiquement payés en cash.

 

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