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Faire carrière en finance : les résultats du match Paris vs Province

Hors Paris, point de salut ? Pas si sûr…

Hors Paris, point de salut ? Pas si sûr…

Près de 8 cadres franciliens sur 10 se disent prêts à déménager en région et la moitié d’entre eux sont même prêts à accepter une baisse de salaire, selon l’étude annuelle publiée par Cadremploi. Bordeaux, Lyon et Nantes sont sur le podium des destinations les plus prisées cette année. Si vous envisagez de faire carrière en finance, devez-vous impérativement privilégier la région Paris Ile-de-France ou bien vous laisser tenter par les charmes de la province ?

Il va de soi que si vous voulez travailler en banque d’investissement ou en finance de marché, le gros des activités est regroupé sur Paris et la Défense. Mais si vous envisagez de faire carrière dans d’autres secteurs financiers comme la gestion d’actifs, le corporate banking, l’audit-conseil, l’assurance ou les fintechs, alors la question mérite d’être posée.

Pour vous aider à prendre la bonne décision, voici donc un petit comparatif entre Paris et les différentes places financières régionales, comme nous l’avions fait avec Paris vs Genève. A vous de faire votre choix, en connaissance de cause. Et n’hésitez pas à nous faire part de votre expérience personnelle dans notre rubrique commentaires.

Emplois en banque : net avantage Paris

Selon l’Association française des banques (AFB), près de 3 salariés sur 5 du secteur bancaire travaillent en Ile de France. Cette répartition région parisienne / province s’explique notamment par la concentration à Paris des BFI et des services de siège. On note par ailleurs une plus forte proportion de cadres bancaires (65,5%) parmi les salariés d’Ile de France qu’en province (39,3%). On trouve effectivement en région parisienne beaucoup de métiers de direction et de responsables opérationnels. Cela dit, des villes comme Lyon, Nantes et Strasbourg abritent également des sièges sociaux et de nombreuses activités financières de banques ou d’assurances, comme à Niort, où la gestion représente 57 % des cadres des fonctions métropolitaines.

Et le fait que chaque année de plus en plus de parisiens et de franciliens quittent leur région pour s’installer en province pourrait finir par avoir des répercussions sur certaines professions de la banque privée par exemple, les banquiers pouvant être tentés de suivre leur clients là où ils vont (quand ils ne sont pas eux-mêmes candidats au départ !). Car les banques recrutent là où sont les besoins.

Cependant, les recruteurs en gestion privée reconnaissent souvent peiner à convaincre des candidats seniors basés à Paris à franchir le pas. « Pourtant les postes dans la gestion privée en région se révèlent des choix de carrière intéressants car ils supposent le développement d’une nouvelle offre ou de la montée en gamme de services patrimoniaux », explique dans nos colonnes Christophe Blanc, directeur associé du cabinet de chasse en finance Traditions & Associés.

Emploi dans les autres secteurs financiers : égalité

Pour une même fonction, les tendances de recrutement varient d’une région à l’autre si bien qu’il est difficile d’établir des comparatifs précis. Dans l’audit par exemple, le cabinet Hays constate que les cabinets de la région Paris-IDF ont été « les plus actifs sur les embauches de profils expérimentés », que ceux de la région Sud-Est ont été « les plus nombreux à la recherche d’Associés » et que les employeurs des cabinets de la région Nord-Ouest ont été dynamiques cette année, notamment concernant « les embauches liées aux créations de postes et aux départs à la retraite ».

En finance d’entreprise, les régions ont même une longueur d’avance du fait de l’existence d’un grand nombre de PME-ETI. Ainsi, à Lyon, les besoins en financiers sont nombreux : les contrôleurs de gestion industrielle et les responsables de financements structurés sont des profils qui ont été très recherchés ces dernières années, tout comme les responsables de consolidation, contrôleurs financiers site ou DAF de business unit, de l’avis de Laurent Hürstel, directeur associé chez Robert Walters Lyon.

Fintechs : léger avantage Paris

Parmi la centaine de start-up financières labellisées par le Pôle Finance Innovation depuis 2015, nombreuses sont celles installées dans des incubateurs parisiens. Ce qui n’empêche pas de belles success stories régionales à l’instar de la start-up toulousaine Morning (ex-Payname) qui s’apprête à lever 10 à 15 millions d’euros.

Qui plus est, les initiatives se multiplient en province comme Bordeaux Fintech (prochaine édition les 5 et 6 octobre 2016), Vendée Fintech ou bien Fintech Booster, un cluster fintech en gestation à Montpellier.

Attractivité globale : égalité

Le cabinet d’audit et de conseil PwC a publié en décembre dernier son premier palmarès des métropoles françaises sur la base de 60 indicateurs, réunis en 13 familles et trois grands thèmes (potentiel et connexion au monde, qualité et cadre de vie, capital économique).

Verdict : Lyon est sacrée championne des villes attractives devant Paris, Toulouse, Bordeaux, Strasbourg, Lille et Nantes. « Sur certains ratios économiques nationaux, il convient de souligner que Lyon et Paris sont aux coudes à coudes : par exemple, les deux villes ont des taux d’emploi et de chômage longue durée similaires », commente Fabrice Francillon, directeur Secteur public chez PwC et coordonnateur de l’étude. Un bon point donc pour la capitale des Gaules.

Attractivité des places financières : égalité

Les grandes villes de France peuvent compter sur des organismes de place. On peut citer spontanément Paris Europlace, mais de nombreuses associations similaires ont vu le jour en province, souvent hébergées dans les anciennes bourses régionales : Lyon place financière, le CEFIM à Marseille, Lille place financière, Nantes place financière, Bordeaux place financière, Strasbourg Alsace place financière… et même Champagne Ardenne Place Financière. Sans oublier la petite dernière, créée en mai 2015 : Toulouse place financière.

Autant de structures qui se réunissent régulièrement pour « réaffirmer leur attachement au des professions qui les composent – banques, professions financières, professions du chiffre et du droit, chefs d’entreprises, monde du conseil, formation – dans l’objectif majeur de contribuer au développement du tissu économique régional à travers ses TPE, PME et ETI », explique Philippe de Portzamparc, porte-parole des Places Financières Régionales. Reste à savoir comment le redécoupage territorial va impacter ces différentes structures….

Rémunérations : léger avantage Paris

Le distinguo en matière de rémunérations entre Paris et Province est en train de s’estomper, même s’il existe encore des différences salariales à fonctions égales. Dans son étude de rémunération 2016, Robert Half indique que dans le secteur finance et comptabilité, pour un indice 100 pour Paris et la Défense, il convient d’appliquer un indice 90 pour les autres départements de l’Ile-de-France, un indice 88 pour la région Auvergne-Rhône-Alpes et un indice 85 pour la région PACA.

Ainsi, un contrôleur financier bénéficiant de 6 à 10 ans d’expérience pourra toucher entre 55-80 k€ à Paris contre 48-70 k€ en Auvergne-Rhône-Alpes.

Coût de la vie, qualité et cadre de vie : net avantage Province

Le différentiel Paris –Province en terme de salaire s’amenuise encore un peu plus si l’on considère le coût de la vie. Les prix de l’immobilier à Paris sont sans commune mesure avec ceux des grandes villes française. Pour réduire le montant de leurs loyers ou de leurs crédits immobiliers, les financiers parisiens qui plébiscitent les beaux quartiers de la capitale feraient donc bien de s’inspirer de leurs homologues londoniens qui optent pour la colocation ou l’installation en grande banlieue.

Si vous en avez votre claque des embouteillages et des rames souterraines de métro interminables, alors le financier que vous êtes devrait privilégier une destination comme Bordeaux, Nantes ou Strasbourg qui arrivent dans le peloton de tête du classement PwC concernant les transports et mobilités, les infrastructures, l’environnement, la santé, la culture et les loisirs et la vie de la cité. « La 6ème place de Paris malgré son offre culturelle et de loisirs largement supérieure aux autres villes, s’explique par sa dernière position sur les indicateurs de santé, avec des scores faibles notamment sur l’accessibilité aux personnels médicaux et aux établissements de soins », commente Jean-Louis Rouvet, associé Secteur public chez PwC.

Evolution professionnelle : léger avantage Paris

Il va sans dire que « Paris » est connue dans le monde entier et le simple fait de mentionner la ville lumière dans votre CV peut séduire un recruteur à l’international (surtout si vous y avez effectué votre scolarité dans une grande école de commerce ou d’ingénieur). En terme de networking, la capitale compte également un grand nombre de lieux qui sont autant d’accélérateurs de carrières.

Cela dit, un recruteur à Genève pourra préférer un candidat qui vient de Lyon (et un recruteur luxembourgeois un candidat de la région Grand Est) pour la simple raison qu’il connaît mieux les spécificités du pays dont sa région est frontalière. Ce n’est pas pour rien que l’EM Lyon Business School a implanté il y a quelques années un campus à Genève… Quant à Lille, sa proximité avec Paris (1h de TGV), Bruxelles (35 minutes en Thalys) et Londres (1h22 en Eurostar) peut en faire un emplacement idéal pour un financier qui fait régulièrement la navette entre ces différentes places financières.

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