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Ces traders en banque d’investissement qui évitent… le trading

Chicago traders

Si vous travaillez aujourd’hui dans le trading, vous avez de quoi être préoccupé. D’abord, il y a eu les algorithmes qui ont supprimé des milliers d’emplois, et maintenant les grandes banques d’investissement qui dévoilent des programmes pour réduire rapidement les effectifs de leurs activités Fixed Income, Currencies et Commodities (FICC). Pas vraiment une bonne nouvelle pour les candidats fraîchement diplômés à la recherche de leur premier job à Wall Street, une large proportion des meilleurs et des plus brillants d’entre eux étant désormais à la recherche d’emplois dans le secteur de la technologie.

« Il y a eu une fuite de talents vers la high-tech, où les rétributions peuvent être importantes si vous êtes propriétaire de l’IP », explique Owen Jelf, managing director pour les marchés mondiaux de capitaux chez Accenture. Mais de là à en déduire que l’appétence pour travailler dans la technologie vient de la difficulté de Wall Street à recruter des talents, il y a un pas à franchir. Simplement, vous avez besoin d’être plus sélectif dès qu’il s’agit de savoir quel poste vous convient. « Vous pouvez toujours gagner de bons salaires dans la banque d’investissement si vous êtes au top. Idem si vous visez une carrière dans le développement d’algorithmes ou un travail structuré complexe », relève Owen Jelf.

« Alors que le trading sur produits standards est de plus en plus automatisé, le trading sur produits complexes et multi-actifs nécessite encore des gens », précise-t-il. « Les traders sont de plus en plus remplacés par des machines », reconnaît Richard Lipstein, un recruteur new-yorkais. « Les volumes de trading sont en baisse et avec eux les commissions. Le Fixed Income est déjà sur la voie de l’automatisation comme ce fut le cas pour l’activité Actions », ajoute-t-il. « De nos jours, l’endroit le plus dangereux pour un trader est d’être sur le fixed income. Cela dit, si vous avez survécu à l’automatisation des marchés actions, vous continuerez probablement à survivre », complète-t-il.

Tout le monde sait que tout trader digne de ce nom doit aujourd’hui apprendre à coder, mais il y a de plus grandes opportunités en dehors de la salle des marchés. Richard Lipstein indique à ce sujet que l’analyse Big Data est la nouvelle tendance de recrutement des banques d’investissement qui commencent à embaucher dans ce domaine.

Mais si vous voulez vous rendre indispensable dans le secteur bancaire à horizon cinq ans, vous aurez besoin d’étoffer votre carnet d’adresses. Le Credit Suisse manifeste ainsi un regain d’intérêt sur les métiers de gestion de fortune et de conseil en banque d’investissement, preuve qu’il y a encore des profils qui comptent dans la finance. Robin Judson, manager associé chez Robin Judson Partners, acquiesce.

Dans le même temps, tous les jobs dans le trading restent sur-sollicités. Quand elle dépose une annonce pour des jobs de traders, Robin Judson croule littéralement sous les CV des traders sell-side ayant été licenciés. Elle parvient à satisfaire de temps à autres des postes buy-side, mais les fonds ne veulent pas recruter des traders sell-side. Beaucoup ont perdu leur emploi et ont du mal à en retrouver un autre parce que le trading n’est pas une compétence facilement transférable. « S’ils sont chanceux, brillants et ont économisé de l’argent, les traders sell-side peuvent toujours racheter une entreprise et faire quelque chose de radicalement différent », explique-t-elle.

Si cependant vous voulez absolument rester dans le trading, assurez-vous de développer des compétences transférables. « Tâchez d’avoir vraiment un bon niveau dans l’analyse fondamentale sur les actions, le crédit ou la banque d’investissement, sachant que ces compétences sont transférables en dehors de Wall Street », indique Robin Judson.

Richard Lipstein relève que la plupart des banquiers qui se retrouvent sur le carreau sont encore réticents à faire le saut vers quelque chose de nouveau. Il a bien essayé de recruter un banquier d’investissement très brillant qui avait quitté le métier pour investir dans une affaire familiale, sans succès . « J’avais un travail pour lui, mais il était pas intéressé ».

Le défi pour les banques est d’attirer et de retenir les plus jeunes talents. Un recruteur nous a dit qu’un jeune analyste ayant débuté dans une boutique d’investment banking à New York l’a quittée au bout d’un an après avoir décroché un emploi chez Google. « Il ne me fallut pas longtemps après avoir commencé mon job à temps à plein temps pour réaliser que que je n’étais pas fait pour travailler dans la finance le reste de ma vie», avoue Steve Wu, qui a quitté Moelis & Co au bout d’un an pour rejoindre la Silicon Valley. « C’était une décision ultime fondée sur mes intérêts et mes passions, et la banque d’investissement m’a permis de découvrir que la finance n’en faisait pas partie ».

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