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Les professionnels des marchés de capitaux ont-ils encore de l’avenir en France ?

Les introductions en Bourse (IPO) sont-elles de retour dans l'Hexagone ?

Les introductions en Bourse (IPO) sont-elles de retour dans l'Hexagone ?

Les professionnels de l’Equity Capital Market (ECM) qui couvrent les besoins en financement en fonds propres des entreprises via le marché (IPO, augmentation de capital, émission d’obligations convertibles) ont-ils encore de l’avenir en France ? Tout porte à le croire au regard de l’annonce la semaine dernière de l’introduction en Bourse d’Amundi pour un montant brut compris entre 1,4 milliard et un peu plus de 2 milliards d’euros. Et le succès semble être au rendez-vous puisque selon certaines rumeurs de marchés, la totalité des 33,4 millions d’actions aurait déjà était placée auprès des investisseurs institutionnels.

Il faut dire qu’il y a du beau monde au balcon pour la plus grosse IPO de l’année 2015 à Paris. Dans son document de cotation, la filiale de gestion d’actifs de Crédit Agricole et Société Générale indique les banques conseils intervenant sur l’opération. Ainsi, Goldman Sachs, JPMorgan et Morgan Stanley sont chargées de coordonner l’opération aux côtés de Crédit Agricole CIB et SG CIB. Parmi les Chefs de File et Teneurs de Livre Associés apparaissent également Merrill Lynch, Citigroup, Deutsche Bank et UBS, suivis des Co-Chefs de File (ABN Amro, Banco Santander, BBVA, Banca IMI, Nomura, Unicredit).

Le classement des principales banques teneuses de livre (qui sont autant d’employeurs potentiels pour les professionnels ECM) établi sur les neuf premiers mois de l’année par Dealogic risque d’être quelque peu bouleversé.

French ECM 2

Source : Dealogic

Des conditions de marché difficiles

L’arbre Amundi ne saurait cependant cacher la forêt d’entreprises technologiques qui rencontrent de réelles difficultés. Une dizaine d’IPO ont été annulées depuis septembre, et ce n’est pas fini : le fournisseur de cartes à puce et de logiciels de sécurité numérique embarquée Oberthur Technologies a annoncé qu’il renonçait à s’introduire en Bourse. « Cette décision prise avec notre actionnaire majoritaire Advent International est la conséquence directe des conditions actuelles des marchés financiers », a expliqué le directeur général d’Oberthur, Didier Lamouche, dans un communiqué.

L’abandon du projet d’IPO d’Oberthur intervient après celui de la société de streaming musical Deezer, qui espérait être valorisée à 1 milliard d’euros lors de son introduction en Bourse. Cette dernière avait également invoqué les conditions de marché pour expliquer l’arrêt du projet. Quant à ceux qui vont jusqu’au bout du processus d’introduction, le succès n’est pas toujours au rendez-vous. Showroomprive.com, le groupe de commerce en ligne spécialisé dans la mode, a vu son cours chuter de près de 10% pour sa première journée de cotation le 30 octobre.

La France n’est cependant pas le seul pays européen à connaître des IPO plus difficiles (l’Allemagne elle aussi est concernée). Qui plus est, « échouer ou reporter une IPO n’est pas la fin du monde », relativise Philippe Kubisa, associé chez PricewaterhouseCoopers (PwC) et spécialiste des marchés de capitaux. «L’IPO sert parfois à déclencher une opération de fusion-acquisition », admet pour sa part un banquier d’equity capital market. « La volatilité de marché actuelle conduit un certain nombre de nos clients vendeurs à opter, quand ils le peuvent, pour des procédures de type ‘dual-track’ M&A/IPO », relève Alexandre Courbon, responsable du M&A pour la France à la SocGen.

Des recrutements malgré tout

Dans ces conditions, guère étonnant que les doubles-profils ECM et M&A soient autant courtisés par la profession. La preuve avec Romain Attard qui, après 5 années passées chez Oddo Corporate Finance où il travaillait aussi bien sur des problématiques de fusions‐acquisitions que sur des sujets d’Equity Capital Market, est devenu en septembre dernier Vice-Président de N+1 France Corporate Finance. Il a notamment développé une expertise spécifique sur le M&A coté et a travaillé sur 17 offres publiques de toute nature (OPRA, OPAS, OPR‐RO, Offre publique « mix & match »).

Et il n’y a pas que les boutiques qui recrutent, loin s’en faut. Igor Donnio, HEC, IEP Paris, a ainsi été nommé responsable de l’Equity Capital Markets France au sein de l’équipe Corporate Finance de BNP Paribas. Après un début de carrière chez Paribas, il a été directeur de l’équipe ECM français au sein de Goldman Sachs puis responsable des Equity Solutions chez Gazprom Bank à Moscou.

Après avoir observé cet été « la bonne tenue des banques françaises en DCM et en ECM », Denis Marcadet, président fondateur du cabinet de chasse parisien Vendôme & Associés, confirme bien que des recherches ont été ouvertes cet automne, côté ECM et DCM, sous les angles front et syndication. Le contexte tendu pour les IPO à la Bourse de Paris n’a donc pas eu raison des recrutements qui ont cours sur la place financière parisienne et l’IPO d’Amundi n’entraînera pas une fermeture brutale des IPO comme cela fut le cas au quatrième trimestre de l’an dernier.

Des chiffres encourageants

D’après le rapport French Investment Banking Review réalisé par Dealogic et dont nous nous sommes procurés un exemplaire, le volume ECM en France se situait à 16,4 milliards d’euros sur les neuf premiers mois de 2015, soit une baisse de 8% par rapport à 2014.

Par contre, les volumes ECM traités par des banques françaises ont enregistré une hausse de 21% sur un an, à 10,9 milliards d’euros. L’activité a augmenté de 16% pour 44 deals, soit la meilleure activité depuis 2013 en montant et la meilleure année depuis 2007 ! Les spécialistes des marchés de capitaux semblent donc encore avoir, à la différence des traders, un avenir en France.

French ECM

 

Source : Dealogic

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