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Le double-impact de la réglementation sur les effectifs de BNP Paribas

Qui des créations ou des suppressions de postes pèsera le plus lourd dans la balance ?

Qui des créations ou des suppressions de postes pèsera le plus lourd dans la balance ?

BNP Paribas vient de publier ses résultats du troisième trimestre 2015, faisant ressortir une hausse de son résultat net de 14,5% sur un an, à 1,82 milliard d’euros. La banque de financement et d’investissement a elle aussi connu un trimestre de croissance (+4,2%), et ce malgré un contexte de marché peu favorable. A ce sujet, la banque n’a pas dévoilé les détails de son programme de réduction de coûts de sa banque d’entreprise et institutionnelle (CIB) et il faudra vraisemblablement patienter jusqu’à la publication des résultats annuels début 2016 pour en savoir un peu plus sur le sujet.

A contrario, BNP Paribas s’est attardée plus longtemps sur les modalités de son plan de remédiation et de renforcement des procédures en matière de conformité et de contrôle. Et pour cause : ce chantier est devenu majeur depuis qu’elle a écopé d’une amende record de près de 9 milliards de dollars en avril dernier, montant auquel est venu s’ajouter ce mois-ci une autre amende de 140.000 dollars pour manquements liés à des investissements dans des produits financiers adossés aux matières premières.

Voici donc les deux faces de l’augmentation de la réglementation et leur impact positif (ou négatif) sur les emplois dans la banque de la rue d’Antin :

Côté pile : des recrutements dans le contrôle et la conformité

Dans sa présentation de ce matin, la banque précise mettre en œuvre activement le plan de remédiation décidé dans le cadre de l’accord global avec les autorités des Etats-Unis. Désormais, la totalité des flux en dollars du groupe sont traités et contrôlés via sa filiale new-yorkaise. Quant au nouveau département “Sécurité financière groupe aux Etats-Unis” (Group Financial Security) basé à New York et qui compte une cinquantaine de personnes réparties dans deux équipes localisées à Paris et à New York, il a déjà effectué ses premières missions de contrôle sur site, sachant que neuf missions sont prévues sur l’ensemble de l’année 2015.

Si la mission première de GFS US est de s’assurer que le Groupe respecte les sanctions et embargos américains et internationaux, GFS Paris est principalement en charge de la lutte contre le blanchiment, la corruption et le financement du terrorisme. Avis donc aux spécialistes qui traitent ces sujets…

BNP Paribas a par ailleurs indiqué vouloir poursuivre le renforcement de son système de contrôle interne et de (mise en) conformité, grâce à une hausse des moyens alloués. Concrètement, cela s’est traduit par 622 recrutements effectués depuis le début de l’année, la formation de 120 experts au sein de la fonction Conformité et bientôt la formation obligatoire des collaborateurs du groupe sur ce sujet.

Bref, si vous avez un bagage en compliance c’est peut-être le bon moment de postuler, d’autant plus que le service carrières de la banque ne ménage pas ses efforts pour communiquer sur ces métiers, en témoigne cette vidéo postée sur le site de la banque et qui constitue une sorte de vitrine internationale des fonctions contrôle et conformité au sein du groupe.

Côté face : des suppressions de postes en vue dans la BFI

La volonté de la banque d’être en pointe en matière de réglementation a un coût, qui se répercute dans les résultats. Ainsi, du fait notamment des investissements dans la mise en œuvre des nouvelles réglementations et le renforcement de la conformité, les frais de gestion des pôles opérationnels sont en hausse de 7,3%. Ils progressent de 12,4% pour les services financiers internationaux et de 8,3% pour la banque d’investissement.

Dans un contexte de durcissement de la réglementation en Europe et aux Etats-Unis, BNP Paribas mène comme ses concurrentes en Europe une réorganisation qui pourrait déboucher sur des réductions d’effectifs. La banque n’a pas fait de commentaires à ce sujet mais de source syndicale, la coupe serait estimée à près de 20% d’ici à 2019, soit près de 6.000 emplois sur les plus de 29.000 que compte la division de banque d’entreprise et institutionnelle (CIB).

Pour mettre en œuvre son plan, BNP Paribas serait d’ailleurs en train d’étudier l’utilisation du “big data”, déjà très en vogue chez les assureurs et les gestionnaires d’actifs, pour identifier plus précisément les demandes de ses clients et faire ainsi des économies, d’après une source proche du dossier citée par Reuters. « Cela entraînera des réductions de postes importantes dans le ‘middle’ et le ‘back office’. Il n’y aura plus non plus besoin d’autant de vendeurs », a précisé la source en question.

« BNP n’a pas vraiment rationalisé ses opérations de CIB au cours des dernières années. Elle a maintenu ses plateformes de trading à Paris, Bruxelles et Londres, si bien qu’il est devenu trop coûteux de les faire fonctionner toutes en même temps », a déclaré pour sa part Gildas Surry, associé et analyste senior chez Axiom Alternative Investments, spécialiste du secteur bancaire. Et s’il devait n’en rester qu’une, il n’est pas trop difficile d’imaginer laquelle resterait, avec en toile de fond le phénomène de délocalisation des desks de trading des banques d’investissement françaises vers Londres…

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