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La France n’est pas si repoussante pour les hedge funds après tout

Il y a dix jours, on prenait connaissance d’une étude sur la Gestion Alternative en France, du cabinet Reinhold&Partners. Les auteurs y dressaient le portrait d’un pays merveilleux et désespérant à la fois. Côté avantages, les auteurs vantaient la qualité des infrastructures, les facilités sociales, la qualité du personnel (éduqué, motivé, expérimenté,… et rémunéré raisonnablement) .

Un pays pas très charmeur auprès des hedge funds

Mais, dans un environnement où les hedge funds dérangent, ces atouts ne suffisent pas à compenser les obstacles et difficultés rencontrés par les gérants:tout est compliqué, les embauches sont difficiles, les licenciements encore plus, les dispositifs sociaux et fiscaux sont complexes, sans véritable guichet d’accueil pour aider le candidat entrepreneur à s’installer. Pire, ces dispositifs sont instables, voire rétroactifs, ce qui affaiblit les fondations de tout projet.

Cette perception engendre un découragement réel : pourquoi le gérant qui doit investir une large partie de son patrimoine dans son propre fonds, comme exigé par les investisseurs internationaux, choisirait-il la France où il paiera un ISF, quand il en est exempté dans la plupart des autres pays ? Quels charmes la France offre-t-elle qui vaille cette charge ? Pour le gérant alternatif, malheureusement, pratiquement aucun. Bref, une charge sans appel.

Aussi grande fut notre surprise en lisant dans Les Echos hier que deux gérants alternatifs avaient choisi Paris. Il en existe donc. Alain Demarolle, qui a réalisé des allers-retours entre cabinets ministériels et banques d’affaires à Londres et à New York, travaillant ces trois dernières années pour le hedge fund Eton Park, a choisi Paris en septembre pour créer sa société de gestion Alura Capital Partners, spécialisée dans l’alternatif décorrélé.

L’AIFM offre-t-elle une nouvelle chance pour la France ?

Plus étonnant, l’exemple des cofondateurs de Bernheim, Dreyfus & Co, Amit Shabi et Lionel Melka, qui ont rapatrié fin 2009 leur hedge fund focalisé sur les opérations de fusions et acquisitions à Paris, après trois ans d’histoire suisse. Les gérants évoquant comme principale raison l’arrivée de nouvelles réglementations au sein de l’UE, auxquelles les investisseurs institutionnels sont très sensibles.

Depuis la directive européenne sur les gestionnaires de fonds d’investissement alternatifs (directive AIFM) a été votée. Et certains s’en réjouissent. Avec l’AIFM, nous allons pouvoir encourager l’installation de sociétés de gestion innovantes en France. Cette directive permet également de maintenir la liberté d’investir pour les professionnels hors d’Europe, ce qui est un soulagement pour la multigestion alternative française, se réjouit de son côté Paul-Henri de La Porte du Theil, président de l’Association française de la gestion financière.

La place de Paris a engagé un important travail de séduction ces derniers mois auprès des gérants de hedge funds, notamment ceux partis à l’étranger. Mais il faudra surement plus pour convaincre les gérants des atouts de la place parisienne. Et vite. Car pour l’instant les nouveaux acteurs préfèrent, de loin, tenter leur chance à Londres, qui représente 80% du marché européen.

La FSA a déjà enregistré 65 nouvelles sociétés de hedge funds cette année, dont 28 au troisième trimestre-un chiffre record, selon Les Echos. Les banques sont incitées à réduire leurs activités de négociation pour compte propre. Elles sont alors enclines à aider leurs meilleurs gestionnaires à s’installer, explique au quotidien Cyril Julliard, président et cofondateur d’Eraam, une société de multigestion.

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