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Cap sur les banques suisses, en quête de spécialistes étrangers

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Employeurs Banques, l’association patronale des banques en Suisse vient de publier sa dernière étude intitulée Moniteur Employeurs Banques 2015 (en allemand) et qui fournit des informations importantes sur le développement de l’emploi dans le secteur bancaire et présente les défis et les préoccupations du point de vue des responsables du personnel des banques suisses.

Le sondage en ligne réalisé en ligne entre mi-juillet et mi-août auprès de 60 établissements (sur 124 que compte la Suisse) révèle ainsi que 83% d’entre eux se disent concernés par un manque de main d’œuvre qualifiée. « Pour remédier au manque de personnel spécialisé, les banques s’emploient à renforcer le potentiel de la main d’œuvre suisse », explique Barend Fruithof, président d’Employeurs Banques. «En Suisse, un apprenti sur dix est formé dans une banque. Et une majorité des banques mise sur des modèles de travail flexibles, lesquels sont surtout exploités activement par les femmes».

Malgré ces efforts en matière de formation interne, le besoin de spécialistes reste important. Plus d’un tiers des sondés disent avoir recours à de la main d’œuvre étrangère pour remédier au manque de spécialistes. A ce sujet, les employeurs du secteur bancaire plaident pour une mise en œuvre de l’initiative contre l’immigration de masse la plus favorable possible à l’économie et une clarification des relations rapide avec l’Union Européenne (UE). « Nous devons préserver les accords bilatéraux et la libre circulation des personnes», poursuit Barend Fruithof.

La fin du secret bancaire, source d’opportunités

Les recruteurs en finance confirment cette tendance des banques suisses à recruter des spécialistes à l’international. « C’est particulièrement vrai pour tout ce qui concerne la banque privée et la gestion d’actifs », relève Jérôme Jouanneau-Courville, CEO et associé du cabinet de chasse Norman Alex à Genève, qui travaille également sur le marché parisien.

Du fait de la disparition du secret bancaire programmée en 2017, les banques suisses ont besoin de compétences nouvelles pour éviter que les fortunes rapatrient leur argent vers d’autres pays. « Les banques recrutent ainsi des ingénieurs patrimoniaux capables de réaliser de l’optimisation fiscale de façon transparente ainsi que des gérants sous mandats de qualité qui génèrent de bonnes performances de gestion », poursuit Jérôme Jouanneau-Courville.

Pour cela, les chasseurs de têtes mandatés par les banques n’hésitent pas à puiser dans le vivier de spécialistes présents à Londres, Paris ou Luxembourg, voire dans des destinations plus lointaines (Amérique Latine, Moyen-Orient, Russie…) dès lors qu’il s’agit pour les banques suisses de renforcer leurs desks dédiés aux marchés émergents. Pour attirer les talents du monde entier, elles n’hésitent pas à mettre en avant l’intérêt du poste et l’aspect rémunération (certes quelque peu contrebalancé par le coût de la vie sur place).

« Il est sûr que la compétition internationale sur le marché de la banque privée a incité les banques locales à développer de nouveaux produits nécessitant des spécialistes venant du monde entier », explique pour sa part Guy de Brabois, associé au sein du cabinet de chasse Odgers Berndtson basé à Zurich, rappelant au passage que cela fait déjà plusieurs années que les CEO du Credit Suisse sont des étrangers…

La banque privée mais pas seulement

Surtout, il n’y a pas que la banque privée et la gestion d’actifs qui font les yeux doux aux talents étrangers. Des besoins sont également manifestes dans d’autres métiers bancaires comme la compliance, la fiscalité ou encore le middle-back office (notamment du fait de la loi FATCA sur le développement de l’échange automatique d’informations). Et il n’y a pas que les grands banques comme UBS et Credit Suisse qui courtisent ces profils. Mirabaud Asset Management vient ainsi de recruter Ken Nicholson (ex-Standard Life Investments) pour gérer des portefeuilles petites et moyennes capitalisations européennes.

« Depuis l’entrée de la Suisse dans l’espace Schengen, il est plus facile pour les banques et les entreprises locales de recruter des européens, ce qui a renforcé cette tendance qui ne se limite pas au marché de la banque. C’est le cas pour tous les secteurs de l’économie suisse et même pour les universités », relève Guy de Brabois. « En se fixant le monde comme vivier de candidats possible, la Suisse attire les meilleurs professionnels, spécialistes, chercheurs et professeurs de la planète. Comme le pays est attractif, ouvert, sûr et accueillant, l’économie suisse est devenue une des plus compétitives au monde ».

Une tendance pérenne ?

Mais si l’évolution réglementaire crée des parfois des opportunités, elle peut aussi à terme représenter une menace. « Tout changement fiscal a un impact sur le recrutement », prévient Jérôme Jouanneau-Courville. Et d’ajouter : « Les recrutements vont là où les clients vont ». Il n’est pas dit en effet que la disparition du secret bancaire, la suppression des avantages fiscaux des succursales et les augmentations probables des impôts sur les successions ne finissent par décider les grosses fortunes à se tourner vers des cieux plus cléments.

A cela vient s’ajouter un contexte de lourdeurs administratives qui pèsent sur les coûts. Pour preuve, 44% des 60 banques suisses sondées par l’organisme patronal envisagent des suppressions de postes au cours des cinq prochaines années, principalement dans le back-office. A l’inverse, 22% tablent sur de nouvelles embauches, notamment de conseillers à la clientèle qui devraient être à l’avenir plus nombreux. C’est donc le bon moment pour postuler…

commentaires (2)

Comments
  1. Je souhaite vous faire part de mon expérience en matière de recrutement en Suisse:
    Français avec 15 ans d’expérience, Bien qu’ayant une très grande expertise dans le secteur bancaire Back office, et trade finance, il m’est pour l’instant impossible de décrocher un entretien, même en Suisse romande,
    Quand à la suisse alémanique, il y a une forme de racisme évident et une sorte de plaisir sadique à vous répondre en allemand même aux annonces rédigées en français ou en anglais et ne nécessitant pas la pratique de l’allemand.

    Donc je continue de travailler pour les anglais….

  2. C’est unen misère. Si les banques suisses s’imaginent qu’elles vont s’en sortir après la perte du secret bancaire en engageant des mercenaires étrangers très chers, elles se trompent.
    Il y a bien assez de capacités parmi les nombreux employés de banque Suisse expérimentés qui cherchent du travail. Le probleme n’est pas là. Les clients étrangers n’auront pas vie de rester en Suisse s’il n’y a plus de secret bancaire. Il y aura toujours des affaires mais les nouvelles exigences de “compliance” font que les affaires de banque privée ne sont plus intéressantes. On doit dépenser plus pour satisfaire les exigences de la FINMA qu’on ne peut gagner de commission de gestion et de droits de garde.
    Quand au monsieur qui se plaint qu’on lui réponde en allemand, je trouve qu les banques de Zurich qui le font ont tout à fait raison. Elles veulent filtrer et ne garder que les éléments qui peuvent s’intégrer dans leur établissement. Ce monsieur français fait l’effet d’être prétentieux et de ne pas se prendre pour la queue de la poire. Les chefs du personnel le remettent à sa place et ils ont raison.

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