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Dix métiers bancaires menacés à terme par la concurrence des fintechs

fintechs

Elles sont des centaines de start-up financières à vouloir bousculer le secteur bancaire traditionnel. Si certaines se positionnent comme des partenaires des banques, d’autres entendent bien révolutionner le secteur grâce à leur technologie « disruptive » qui, généralement, part des usages pour construire de nouveaux produits et services dans les domaines du paiement, de l’épargne ou du prêt.

Une évolution qui ne sera pas sans conséquence en termes d’emploi : « Le défi numéro un de toutes les banques, c’est l’adaptation au numérique », a rappelé Frédéric Oudéa, directeur général de la Société Générale, lors des dernières Rencontres Financières Internationales organisées par Paris Europlace le 7 juillet dernier.

Car l’emploi dans le secteur bancaire souffre de la numérisation. Les banques l’ont bien compris et, plutôt que de voir leurs marges rognées par la concurrence du numérique, tentent de prendre les devants via des investissements, partenariats ou incubateurs auprès des fintechs.

Autre point d’importance : aucun secteur n’est à l’abri de la disruption. « Les fintechs sont les précurseurs d’une mutation en cours dans les domaines de la banque, l’assurance, la gestion d’actifs, l’économie sociale et solidaire, l’immobilier, les métiers du chiffre et du conseil », précise Jean Hervé Lorenzi, président du pôle de compétitivité Finance Innovation.

En attendant l’arrivée « d’ici trois à cinq ans de banques fintechs à part entière », comme l’anticipe Philippe Gélis – fondateur de Kantox, une plateforme de change pour les PME, voici la liste des métiers bancaires susceptibles, à plus ou moins long terme, d’être impactés par la montée en puissance des fintechs.

  1. Conseiller bancaire en agence

La baisse continue de la fréquentation des agences contribue à une réduction de 0,9% des effectifs cette année dans les banques françaises. «Il y a une modification des usages des clients», explique Marie-Anne Barbat-Layani, directrice générale de la Fédération bancaire française (FBF). A la concurrence des banques en ligne vient désormais s’ajouter celle des GAFA (Google, Amazon, Facebook, Apple), qui tous développent leurs propres moyens de paiement, ainsi que de nombreuses fintechs concentrées sur les applications liées au paiement mobile.

Citons par exemple Payplug – qui propose aux e-commerçants d’installer sa solution de paiement sur leur site en quelques clics, grâce à un module simple qui ne nécessite pas d’avoir un contrat bancaire et n’impose pas au payeur d’ouvrir un compte pour pouvoir payer. Autre fintech emblématique : Lydia, avec sa solution de paiement sur smartphone, qui compte 75.000 utilisateurs actifs et dont l’objectif affiché est de remplacer les cartes de crédit dans les portefeuilles, ni plus ni moins. L’application proposée par la Bankin permet quant à elle de consulter le solde et les opérations de tous ses comptes bancaires, sans solliciter les banques, et propose des services allant de la renégociation de crédit à l’aide à la gestion de budget. Enfin, mentionnons le Compte Nickel, une banque dont les guichets sont…. des bureaux de tabac !

  1. Analyste crédit (crowdlending)

Le secteur bancaire traditionnel étant souvent pointé du doigt quant au financement des jeunes entreprises, des fintechs se sont lancées sur le segment du peer-to-peer lending, qui connecte les consommateurs et les petites entreprises directement avec des investisseurs potentiels. Pas question cependant de prêter à n’importe qui. Des comités de sélection, composés d’analystes crédit et de professionnels du scoring, sélectionnent les dossiers les plus solides. Certaines fintechs parviennent à débloquer des fonds en à peine quelques semaines quand il faut souvent attendre plusieurs mois en agence bancaire.

Le Lending Club du Français Renaud Laplanche aux Etats-Unis, qui pèse près de 7 milliards de dollars en Bourse (6,36 milliards d’euros) a fait des émules. Les fintechs françaises qui interviennent sur ce créneau sont pléthore (Credit.fr, Prexem, Unilend,…) et lèvent des fonds de plusieurs millions d’euros, comme par exemple Lendix qui, après une première levée de 7 millions d’euros, a levé au cours du premier trimestre 28 millions d’euros. Objectif : « drainer plusieurs centaines de millions d’euros d’épargne chaque année vers les PME », explique son président Olivier Goy.

A noter également que l’on commence à voir apparaître des plateformes de prêts spécialisées, qui offrent des prêts aux étudiants pour les aider à financer leurs études, ou encore des plateformes de peer-to-peer lending pour les prêts hypothécaires, par exemple.

  1. Chargé d’investissement (crowdfunding)

Les fintechs ont également investit le domaine de la levée de fonds via le crowdequity. Là aussi, des chargés d’investissement interviennent en amont de la sélection des dossiers. Le développement rapide de ce nouveau moyen de financement et son efficacité – beaucoup d’entrepreneurs reconnaissent aussi que cela leur permet de se faire connaître, d’atteindre une certaine notoriété et de tisser des liens particuliers avec leurs actionnaires – conduira probablement certaines entreprises à passer directement par ces plateformes plutôt que par les banques traditionnelles, qui ne manqueront alors pas de réagir. « On peut tout à fait imaginer qu’elles proposent à leur tour ce service à leurs clients », explique Benoît Legrand, qui dirige en France la banque ING.

En attendant, les banques doivent désormais composer avec les nombreuses plateformes existantes comme Particeep, EOSVenture ou encore Anaxago, dont la viabilité des projets – qui repose sur une étude et une sélection rigoureuse des dossiers (5% seulement des candidats à un financement sont retenus), explique en partie la réussite du modèle.

  1. Asset manager

L’arrivée de sociétés fintechs spécialisées dans les « robo-advisors » – qui assurent la gestion de petits portefeuilles avec d’une part des coûts nettement inférieurs à ceux pratiqués par les gestionnaires et d’autre part une grande transparence, risque là aussi de changer la donne. Ce type d’offre va permettre à des acteurs d’acquérir une nouvelle clientèle en gestion et de servir une clientèle déjà desservie auprès des acteurs traditionnels.

C’est par exemple le cas d’Advize. « Nous avons développé une plateforme propriétaire capable de gérer des comptes et contrats, d’envoyer des reporting personnalisés, d’émettre des conseils et recommandations, puis d’exécuter les transactions correspondantes », explique son créateur Nicolas Marchandise. Pour sa part, la société MarieQuantier propose une solution de gestion indiquant aux épargnants le portefeuille idéal à composer en fonction de leur appétence au risque, via un algorithme qui compile en temps réel les données financières de 3.000 sociétés cotées et de 300 indicateurs économiques. La société QuantCube, spécialisée dans l’analyse de données Big Data en temps réel, a quant à elle carrément lancé son propre indice financier !

  1. Banquier d’affaires

L’un des secteurs les plus impactés par l’émergence des fintechs est sans conteste la banque d’investissement. Le Boston Consulting Group a ainsi identifié au niveau mondial 128 start-ups financières dédiées à la BFI. Souvent lancées par d’anciens banquiers, elles vont de la distribution de produits à la conformité en passant par les services de recherche.

  1. Bancassureur

Les bancassureurs doivent désormais composer avec un nouveau venu : les AssurTechs (ou InsurTechs). AXA a alloué près de 200 millions d’euros à un fond capital risque de rupture, Allianz a décidé de créer son incubateur et la Maif a monté une structure dédiée à l’innovation pour investir dans les start-up numériques.

Parmi les fintechs actives sur ce segment, on peut citer pêle-mêle Inspeer, qui propose aux assurés de mutualiser avec leurs proches leurs franchises d’assurance dommage et de partager les coûts en cas de sinistre déclaré ; BPSIs, une assurance emprunteur 100% en ligne qui vise à accélérer et simplifier le processus de souscription ; ou bien encore Fluo, un moteur d’analyse des garanties d’assurances de cartes bancaires.

  1. Analyste ISR

Les fintechs ont également pris pied dans l’investissement socialement responsable, à l’instar de la plateforme de crowdfunding solidaire Babyloan – qui vise 3,5 millions de crédits distribués en 2015, de ComparEthic – dont l’objectif est de créer une nouvelle source de financement pour les structures de l’Economie sociale et solidaire à travers un comparateur éthique et solidaire, de la plateforme de crowdfunding 1001Pact ou bien de la solution de paiement solidaire Heoh.

« Le reporting intégré est apprécié car il encourage l’adoption de supports de communication innovants, se distinguant à la fois des rapports financiers et des rapports RSE actuels, utilisant toutes les opportunités offertes par le Digital. Certaines fintechs se positionnent déjà sur ce créneau en France », explique Laurent Maheo, président de la DFCG Ile de France.

  1. Risk Manager

Plusieurs sociétés fintechs développent des solutions sur mesure à l’image de Skaled Risk, un éditeur de progiciels financiers à destination des salles de marché, ou bien de Raise Partner, un éditeur de logiciels de gestion des risques financiers.

  1. Credit Manager

Dans le domaine des crédits, on assiste à l’apparition de plateformes qui font de l’avance sur factures. C’est le cas de Finexkap, qui a déjà racheté pour plus de 4 millions d’euros de factures en attente de paiement auprès des sociétés créancières. Sa plateforme technologique est ainsi capable d’évaluer le risque de crédit des sociétés à partir du code SIREN et de leurs factures, et donc de leur éligibilité au service. Là aussi, des analystes crédit étudient les demandes de financement tandis que des spécialistes de la titrisation sont chargés de refinancer les créances commerciales à travers un fonds dédié.

De son côté, Kyriba permet aux entreprises de financer leurs fournisseurs à travers des techniques d’affacturage inversé (reverse factoring), à un taux d’intérêt souvent plus avantageux que celui des banques. Enfin, Aston iTrade est une plateforme de services qui permet d’optimiser le poste client et fournisseur en réduisant les délais de paiement, et de se couvrir contre les risques d’impayés. Autre exemple : Creancio, qui repose sur un dispositif innovant de titrisation de créances commerciales, et règle comptant les factures en attente de paiement de l’entreprise.

  1. Agent de change

Des fintechs sont également actives dans le domaine du transfert des devises. Ainsi, la plateforme Kantox permet aux entreprises de faire des échanges de devises entre elles sans passer par la banque. Citons aussi PayTop, qui concurrence frontalement les banques avecla première carte multidevises qui permet à son détenteur en voyage à l’étranger de retirer de l’argent et régler ses achats en trois devises (pour l’instant) dans plus de 200 pays.

 

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